copyright msf caption © Maria Carla Giugliano/MSF
20 juin 18 20 juin 18

Les visages du déplacement: Exposition photos pour la Journée mondiale des réfugiés 2018

À l'échelle mondiale, plus de 65 millions de personnes sont actuellement déplacées. Des hommes, des femmes et des enfants fuient la persécution, la violence, la pauvreté ou la guerre dans leur pays d'origine.

Certains sont déplacées à l'intérieur de zones de conflit, trouvent refuge dans des camps aux conditions de vie difficiles ou sont piégées dans des centres de détention en situation de grande précarité. Beaucoup de ceux qui fuient n'ont pas de papiers d'identité et souvent ils ne sont pas les bienvenus en raison des lois du pays. Les politiques de dissuasion et même les barrières physiques comme les murs et les clôtures peuvent les empêcher de traverses les frontières.

En tant qu'organisation internationale d'aide médicale et humanitaire, Médecins Sans Frontières (MSF) fournit des soins médicaux et psychologiques aux populations déplacées vulnérables partout dans le monde. Nous sommes témoin des situations qui forcent les gens à fuir leur foyer et du fort prix qu'ils doivent payer pour tenter d'atteindre la sécurité et de se bâtir une vie meilleure. L'exposition photos Les visages du déplacement partage quelques-unes de leurs histoires.

Dans le cadre de cette exposition, vous rencontrerez Ottonio et Rosa, qui ont tenté de traverser le Mexique en empruntant l'un des couloirs migratoires les plus fréquentés du monde. Alors qu'ils parcourent des milliers de kilomètres en bateau, à pied et le long de dangereuses voies ferrées, les réfugiés d'Amérique centrale sont exposés à l'extorsion, au viol et à la mort. Ils fuient la violence brutale des gangs dans leur pays et espèrent trouver la paix et la sécurité en Amérique du Nord.

À l'autre bout du monde, Faith et Ali ont risqué leur vie en traversant la Méditerranée pour atteindre l'Europe. Les personnes qui veulent entreprendre ce voyage sont obligées de se tourner vers des passeurs clandestins, dont beaucoup sont basés en Libye. Les migrants sont entassés à bord de canots pneumatiques ou de bateaux de pêche en piteux état, qui sont bondés à un point tel qu'ils coulent souvent à cause de leur poids.  Des milliers de personnes se sont ainsi noyées en tentant la dangereuse traversée.

Du Bangladesh, vous rencontrerez Kishatara, âgée de sept ans, et Subi Katum, âgé de 70 ans, qui sont des réfugiés rohingyas. Ils ont échappé à la violence ethnique ciblée contre les Rohingyas au Myanmar. Les camps de déplacés où ils ont trouvé refuge au Bangladesh sont grandement surpeuplés, et la maladie et la faim y sont monnaie courante. Les Rohingyas sont apatrides : ils ne sont citoyens ni du Bangladesh ni du Myanmar et sont vulnérables aux persécutions des deux côtés de la frontière.

De la République démocratique du Congo, vous rencontrerez Asinati et Bonifasi. Tous deux ont été déplacés après que des combats ont éclaté entre des milices armées dans la province du Tanganyika, ce qui a forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leur maison. Comme beaucoup d'autres, ils doivent maintenant trouver un moyen de joindre les deux bouts dans les conditions de vie déplorables des camps surpeuplés qui abritent les personnes déplacées.

En partageant ces histoires, notre intention est de montrer certains des visages humains derrière la crise mondiale des déplacements. Leurs histoires sont nombreuses et leurs luttes peuvent sembler accablantes, mais elles mettent en évidence l'humanité partagée des personnes qui luttent pour l'espoir, la dignité, la sécurité et la paix dans leur vie.

République démocratique du Congo - Ville de Kaémie

« Ce n'est pas ce que j'appelle vivre. Je dois dormir dehors, et je n'ai que de petites couvertures que j'utilise la nuit pour couvrir mes enfants, car il fait très froid et nous souffrons. Je ne dors pas et le matin je m'inquiète de la nourriture. Comment vais-je nourrir mes enfants? » 

- Asinati, 36

République démocratique du Congo - Camp de déplacés de Mweso

« Depuis avril 2017, je vis ici à l'école. J'ai perdu deux de mes fils, ils avaient 17 et 20 ans. La guerre les a emportés. À cause des combats, nous avons dû fuir, sans rien pouvoir emporter avec nous. Je souhaite vraiment que la guerre se termine pour pouvoir retourner dans mon village. Ma maison est là-bas. Je me sens en sécurité ici, mais nous ne pouvons pas cultiver la terre et nous n'avons aucun endroit où dormir. Le reste de ma famille est ici, nous sommes six ».

- Bonifasi, 75

Mexique - Tenosique, Tabasco

Rosa, 54 ans, a fui le Salvador avec deux de ses petits-enfants âgés de 14 et 16 ans. Les gangs locaux connus sous le nom de Mara avaient menacé d'emmener les garçons et de les recruter. Deux de ses autres petits-enfants ont été assassinés, tandis qu'un autre a été recruté par ces bandes criminelles.

Mexique - Refuge pour migrants à Guadalajara

« La frontière [entre le Mexique et les États-Unis] devient périlleuse. Je pense qu'il sera bientôt encore plus difficile de traverser la frontière, c'est pourquoi j'essaye à nouveau maintenant. Les contrebandiers avaient l'habitude de demander entre 35 000 et 40 000 pesos (2 000 dollars US). Maintenant, le prix a doublé ».

- Ottoniel

Ottoniel a essayé de traverser la frontière américaine quatre fois en neuf ans. La première fois, il a été capturé par des agents de l'immigration au Texas et a été déporté au Guatemala.

Mer Méditerranée - MV Aquarius, navire de recherche et sauvetage de MSF

« J'étais très stressée sur le bateau pneumatique; j'étais assise au fond du bateau avec les autres femmes et enfants. J'avais peur d'accoucher. Je pouvais sentir mon bébé bouger, il descendait et remontait à nouveau. J'avais des contractions depuis trois jours ».

- Faith

Newman Otas est né de parents nigérians, Victor et Faith, à bord du MV Aquarius dans les eaux internationales. Seulement 24 heures plus tôt, avant d'être rescapés par l'Aquarius, ils voyageaient depuis la Libye sur un bateau gonflable bondé et impropre à la navigation.

Mer Méditerranée - MV Aquarius, navire de recherche et sauvetage de MSF

« Grandir dans ma patrie sans mes parents a été la chose la plus difficile pour moi, jusqu'à ce que j'atteigne la Libye... La Libye n'est pas un endroit où une personne peut vivre. Ils vous prennent tout ce que vous avez, y compris votre âme... Beaucoup de gens sont victimes de viols et de meurtres. Je suis heureux de m'en être tiré sain et sauf. Nous étions 135 sur le bateau ... aucun d'entre nous ne portait de gilet de sauvetage. Pour en acheter un, il fallait payer très cher, mais personne n'en avait les moyens... Avant que nous soyons secourus, notre bateau était presque à moitié rempli d'eau, moi et les autres avions tellement peur ».

- Ali, 18 ans

Ali est originaire du Nigéria. Il a perdu ses deux parents quand il avait 11 ans et a été élevé par ses grands-parents. Un ami de la famille a payé pour qu'il tente de se rendre en Europe en passant par la Libye, afin d'échapper à la violence au Nigéria. Il souhaite devenir médecin. « Je veux que ma nation et le monde soient fiers de moi ».

Bangladesh - Point d'entrée de Sabrang

« Mon mari a été tué et le mari de ma fille a disparu. Beaucoup de gens ont été tués ou sont perdus. J'espère que tout ceci finira un jour, mais je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve. Comme beaucoup d'autres, nous avons été obligés d'abandonner nos villages, nos maisons, nos terres, nos animaux. Les gens veulent désespérément partir, mais beaucoup d'entre eux n'en ont pas la possibilité. Je me sens épuisée et je suis incapable de marcher. Je n'ai pas mangé depuis trois jours. C’est très difficile ».

- Subi Katum, 70

Bangladesh - Cox's Bazar

Plus de 693 000 réfugiés rohingyas sont arrivés dans le district de Cox's Bazar, dans le sud-est du Bangladesh, depuis la fin d'août 2017, après avoir fui la violence ciblée dans l'État de Rakhine, au Myanmar. L'afflux de réfugiés continue encore aujourd'hui. Les conditions de vie sont inacceptables et le risque de contracter une maladie est élevé. Les gens vivent dans des abris de fortune; les camps sont surpeuplés et manquent d'eau potable et d'installations sanitaires, et les conditions d'hygiène sont déficientes. MSF a intensifié ses opérations dans la région pour répondre à ce qui reste une urgence aiguë avec d'énormes besoins humanitaires.

Bangladesh - Cox's Bazar

« J'ai été guéri de la diphtérie, mais nous savons que si nous nous sentons malades, nous devons nous rendre au centre de santé ou chercher la bonne organisation. Nous sommes encore inquiets. Nous pourrions contracter d'autres maladies, comme la diarrhée ou des maladies de peau. Et quand la pluie arrivera, notre maison sera remplie d'eau, et nous dormons par terre. Nous ne nous sentons vraiment pas en sécurité ».

- Kishatara, 7 ans

Kishatara (à gauche) est une jeune Rohingya. Elle a été hospitalisée dans un centre de traitement de la diphtérie de MSF, accompagnée de son père Sobo Alam, 50 ans (à droite).

Soudan du Sud - Camp de protection des civils de Bentiu

MSF gère des centres de santé dans le camp de protection des civils des Nations Unies à Bentiu, au Soudan du Sud. L'hôpital MSF est le seul hôpital à desservir la population du camp. Il offre des soins d'urgence 24 heures sur 24, des soins intensifs pour les enfants souffrant de malnutrition, des traitements médicaux dans les unités de pédiatrie et de prise en charge des adultes, ainsi que des services de chirurgie et de maternité. Plus de 100 000 personnes vivent dans des conditions déplorables dans le camp de protection des civils de Bentiu, après avoir fui la violence.

{{{ labels.morehistories }}}