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Le personnel de MSF construit une salle d'isolement de 20 lits pour les patients atteints de COVID-19 à l'hôpital régional de Buea, au Cameroun
16 avr 20 30 avr 21

COVID-19 : MSF soutient la réponse au Cameroun

  • Depuis la confirmation du premier cas de COVID-19 début mars, le virus s'est rapidement propagé et cinq régions du Cameroun sont aujourd'hui touchées par la pandémie, plaçant le pays parmi les plus affectés en Afrique.
  • Cette épidémie est un défi supplémentaire pour le pays, déjà marqué par des violences dans les régions de l’extrême-nord, du nord-ouest et du sud-ouest.
  • Tout en poursuivant ses interventions médicales dans ces régions en proie aux affrontements, MSF a lancé des activités de soutien à la lutte contre le COVID-19 au Cameroun.

Au cœur de la pandémie mondiale de COVID-19, le Cameroun a émergé comme l'un des pays comptabilisant le plus grand nombre de cas en Afrique subsaharienne. Depuis l'annonce du premier patient confirmé le 5 mars, le nombre d'infections a rapidement augmenté, pour dépasser les 850 cas confirmés mi-avril.

Cette pandémie se propage alors que le pays est confronté à des défis humanitaires majeurs. Depuis plusieurs années, le conflit en cours dans le nord-est du Nigéria et les violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun ont entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes, provoqué une flambée des besoins humanitaires et drastiquement réduit l'accès aux soins dans ces régions, devenues particulièrement vulnérables.

Poursuivre et adapter notre appui médical

« Maintenir nos activités médicales dans ces zones marquées par des besoins sanitaires massifs est une priorité absolue pour MSF », explique Albert Viñas, Coordinateur d’urgence de Médecins Sans Frontières (MSF) au Cameroun.

« La pandémie de COVID-19 ne doit pas occulter la situation désastreuse dans les régions de l’extrême-nord, du nord-ouest et du sud-ouest. Mais, la propagation du nouveau coronavirus nous a bien sûr poussé à adapter nos projets, à maintenir nos activités vitales essentielles tout en mettant en place de nouvelles interventions. »

Comme dans un certain nombre de pays dans le monde, MSF soutient la réponse nationale à la pandémie de COVID-19 au Cameroun. Nos équipes aident notamment plusieurs hôpitaux à faire face à l’épidémie, en renforçant par exemple les mesures de prévention et de contrôle des infections et par la mise en place d’espaces d’isolement spécifiques.

« Au Cameroun, comme dans beaucoup pays africains, ce soutien est crucial car en cas d’afflux de patients souffrant de complications graves – comme on le voit en Europe ou en Amérique du Nord – les capacités de prise en charge seront ici très limitées », poursuit Viñas.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 43 pays africains comptabilisent ensemble moins de 5.000 lits en soins intensifs pour faire face au COVID-19 – soit environ cinq lits pour un million d'habitants, contre 4.000 lits pour un million d'habitants en Europe. Et moins de 2.000 ventilateurs fonctionnels seraient disponibles dans les services de santé publique de 41 pays sur le continent.

« Le personnel médical et les travailleurs de première ligne risquent également d’être fortement touchés par la pandémie », s’inquiète Viñas. « Il est donc essentiel de les protéger et d'assurer un circuit sûr pour les patients, de renforcer le triage et les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les structures sanitaires. »

Une expérience face aux épidémies au Cameroun

Depuis son arrivée dans le pays il y a plus de 30 ans, MSF a mené d’importantes interventions destinées à combattre des maladies infectieuses telles que le VIH/Sida, l'ulcère de Buruli, la rougeole ou le choléra. Tout récemment encore, nous sommes intervenus pour répondre à l’épidémie de choléra survenue dans la péninsule de Bakassi, dans le sud-ouest du pays, vaccinant près de 40.000 personnes.  

MSF a donc été rapidement sollicitée par les autorités sanitaires pour soutenir la réponse à la pandémie de COVID-19, et des activités spécifiques ont été mises sur pied dans nos zones d'intervention régulières ainsi qu'à Yaoundé, la capitale du Cameroun.

À Yaoundé

  • MSF soutient l'Hôpital Général en matière de triage, du circuit sûr des patients et de renforcement des mesures de contrôle des infections.
  • Nous avons commencé la construction de 4 chambres de 20 lits chacune dans le centre de santé de Djongolo, afin de faire passer sa capacité d’accueil de 54 à 134 lits

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest

  • MSF soutient les hôpitaux régionaux de Bamenda et de Buea. Nous avons installé des postes de pré-triage à l'entrée de ces installations et augmenté les capacités d’accueil des salles d'isolement et de traitement COVID-19 (respectivement 16 et 20 lits) pour les patients suspects et confirmés, tout en formant du personnel médical et non médical en charge de ces unités.
  • MSF a renforcé les mesures de prévention de la propagation du coronavirus dans les structures de santé qu'elle soutient à Bamenda, Kumba, Muyuka, Mamfe et Widikum.
  • Les procédures de nos services d'ambulances ont été adaptées. Les opérateurs des centres d'appels ont été formés pour reconnaître les cas suspects, assurent la liaison avec les autorités et agissent en conséquence. Les infirmières et les chauffeurs d'ambulance ont reçu une formation et du matériel spéciaux, et des véhicules dédiés ont été sélectionnés pour le transport des patients suspects de COVID-19.
  • Pour améliorer la prévention – en particulier parmi les populations affectées et déplacées par la violence – les infirmiers et agents de santé communautaire ont été formés à délivrer des messages spécifiques sur le COVID-19 et à identifier les cas suspects qui peuvent être référés. Des spots radio ont été produits par MSF pour soutenir les efforts de prévention au niveau communautaire.

Dans l’Extrême-Nord

  • Le circuit des patients et les mesures de prévention et de contrôle des infections ont été adaptés à l'hôpital régional de Maroua et à l'hôpital de Mora, où MSF est présente depuis 2015.

« En plus de toutes ces activités, un soutien technique est également en cours d’évaluation pour des hôpitaux de Douala, la capitale économique du pays et deuxième ville la plus touchée », explique Viñas.

« Toutes ces activités nécessitent des moyens, des équipes et du matériel supplémentaires dans un contexte où les mouvements de personnes et de marchandises sont très, très difficiles à l’échelle mondiale. Nos équipes travaillent donc sans relâche pour maintenir nos activités régulières vitales et répondre à cette nouvelle épidémie. »

 

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