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29 mai 18 21 juin 18

République démocratique du Congo : MSF vaccine les communautés dans les zones les plus enclavées

Kinshasa, le 29 mai 2018 – À Bikoro, dans la province de l’Équateur en République démocratique du Congo (RDC), où Médecins Sans Frontières (MSF) travaille depuis quelques semaines avec le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les équipes ont commencé hier à vacciner les travailleurs de la santé de première ligne, qui sont parmi les plus exposés au virus Ebola.

Le vaccin Ebola (rVSVDG-ZEBOV-GP) est l’une des composantes de la stratégie globale pour contenir  l’épidémie d’Ebola. Ce vaccin à l’essai n’a pas encore été homologué, il est donc utilisé dans le cadre d’un protocole d’étude qui a été approuvé par les autorités nationales, le Comité éthique de Kinshasa et le Comité éthique de MSF. Le protocole définit à qui, quand et comment le vaccin doit être administré.

Les participants reçoivent toutes les informations sur le vaccin avant de donner leur consentement, et ils feront l’objet d’un suivi attentif pendant un certain temps. La participation est volontaire et la vaccination gratuite.

Une vaccination « en anneau »

La vaccination sera effectuée sur la base d'une stratégie « en anneau ». Celle-ci consiste à identifier les nouveaux patients atteints d’Ebola dont le diagnostic est confirmé par des tests en laboratoire, et à remonter aux personnes avec lesquelles ils ont été en contact. Le réseau de personnes ainsi identifiées - souvent des membres de la famille, des voisins, des collègues et des amis du patient - constitue « l'anneau ». Dans les zones touchées, les travailleurs de la santé de première ligne se verront également proposer la possibilité de se faire vacciner, en raison de leur forte exposition au virus et du haut risque de développer la maladie dans ces conditions.

La stratégie permet ainsi de vacciner les personnes de « l’anneau » qui constitue une zone tampon, un « anneau » protecteur, afin d’éviter la propagation du virus.

En collaboration avec le ministère de la Santé, l’OMS et d’autres organisations, MSF et Epicentre étaient engagés dans l’essai clinique à Conakry, en Guinée, au terme de l’épidémie d’Ebola en 2015.

« Sur la base des résultats de ces essais, nous sommes confiants quant à l'utilisation du vaccin dans le cadre de l’épidémie actuelle. Il faut effectuer une surveillance étroite, car il n'a pas encore reçu d’autorisation. Les résultats de l'essai suggèrent que le vaccin présentera un bénéfice réel pour les personnes fortement exposées à Ebola, les protégeant de l'infection. Cependant, la vaccination n'est qu'un outil parmi d'autres dans la lutte contre Ebola. Identifier les patients et les contacts est la première étape », a déclaré Micaela Serafini, directrice médicale MSF à Genève.

Les personnes vaccinées continueront d’observer le même protocole de suivi de l’infection qu’auparavant, et les travailleurs de la santé en première ligne continueront de porter la tenue de protection. La mise en place des piliers fondamentaux des interventions de lutte contre Ebola doivent se poursuivre afin d’endiguer la propagation :

  • isoler les personnes malades et leur apporter des soins médicaux et psychologiques
  • mener des activités de sensibilisation pour identifier les patients
  • localiser et suivre les individus qui ont été en contact avec les cas confirmés
  • informer la population sur la maladie, les mesures de protection, les lieux de prise en charge
  • soutenir les structures médicales existantes
  • changer temporairement les habitudes culturelles, notamment concernant les funérailles

Les équipes MSF à pied d’œuvre

L’épidémie actuelle a été déclarée le 8 mai, dans le nord-ouest du pays. Jusqu'à présent (28 mai 2018), 35 personnes ont reçu le diagnostic de maladie à virus Ebola et 12 patients sont décédés de cette maladie, selon les données épidémiologiques du ministère de la Santé congolais. Les équipes de MSF travaillent dans quatre endroits pour soigner les patients et endiguer l'épidémie.

À l’heure actuelle, MSF s’active dans les zones de Mbandaka et de Bikoro, où deux centres de traitement Ebola (CTE) ont été mis en place, comptant respectivement 12 et 20 lits. Les équipes travaillent également à identifier les contacts directs ou indirects de cas confirmés de maladie à virus Ebola. En parallèle, des activités de sensibilisation sont menées auprès des communautés, afin – entre autres-  de limiter l’exposition à la maladie et d’encourager les pratiques d’enterrements sécuritaires.

Une équipe intervient également dans des zones reculées d’Itipo et Iboko. Un centre de transit de 10 lits a été installé à Itipo pour que les cas suspects puissent être isolés et soignés en attendant la confirmation du diagnostic par le laboratoire. En cas de résultat positif, ils sont transférés dans le centre de traitement Ebola à Bikoro. À Iboko, une zone d’isolement a été mise en place dans l’hôpital et les équipes construisent actuellement un nouveau centre de traitement Ebola.

Des travailleurs MSF parmi les plus expérimentés en matière de lutte contre Ebola ont été déployés dans la province de l’Équateur, dont du personnel médical, des experts de la lutte contre les infections et des logisticiens.

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