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Des dizaines de milliers de Canadiens se sont joints à Médecins Sans Frontières (MSF) pour réclamer un système de recherche et développement (R et D) médical axé sur les besoins de santé publique plutôt que sur les profits privés.

Ensemble, nous demandons à ce que les innovations en santé financées par l'État – des vaccins aux tests diagnostiques rapides en passant par les traitements – soient abordables et accessibles à ceux qui en ont le plus besoin. Le Canada peut montrer la voie; il lui suffit de chercher un meilleur rendement pour l'argent qu'il investit déjà.

Le Canada devrait prioriser la vie plutôt que les profits, en insistant pour que tout financement fédéral ou tout accord de licence pour les nouvelles technologies en santé s'accompagne de conditions qui servent la santé publique et non les intérêts commerciaux.

Avec votre soutien, nous faisons tout notre possible pour que cela se produise.

En quoi le système actuel manque-t-il de servir la santé publique?

Depuis des décennies, MSF constate à quel point même les maladies mortelles qui tuent des milliers de personnes chaque année sont largement ignorées par l'industrie pharmaceutique mondiale, simplement parce qu'elles sévissent dans des pays à faible revenu. Nous avons également vu que bon nombre des médicaments vitaux être vendus à des prix hors de la portée de ceux qui en ont besoin.

En ce moment, les innovations nécessaires pour répondre aux problèmes de santé les plus urgents dans le monde, de la COVID-19 à un large éventail de maladies négligées, sont uniquement développées en fonction de leur potentiel commercial, plutôt que des besoins de santé publique.

Les entreprises privées n'ont aucun incitatif pour répondre à ces besoins de santé; leur seul intérêt est de générer des profits, même en pleine pandémie mondiale. Ce fait a été clairement mis en évidence lors du déploiement des vaccins contre la COVID-19 dans le monde, où de nombreux pays à faible revenu se sont vus privés des doses nécessaires pour vacciner ne serait-ce que les membres les plus vulnérables de leur population. Les sociétés pharmaceutiques vendent plutôt ces vaccins à des prix gardés secrets directement aux gouvernements les plus riches – dans de nombreux cas, les mêmes gouvernements qui ont aidé à développer ces vaccins en premier lieu grâce à des milliards de dollars de financement public.

Le Canada peut changer le système et améliorer la santé publique

Chaque année, le gouvernement du Canada investit des millions de dollars dans l'innovation en santé, que ce soit par l'entremise de ses propres laboratoires ou pour soutenir le secteur canadien de la R et D médicale. En 2020, le gouvernement du Canada a consacré plus d'un milliard de dollars à la seule recherche sur la COVID-19. Avec un tel niveau d'investissement public, il est possible de créer de nouvelles technologies de la santé en se laissant guider par les besoins de santé publique plutôt que par la recherche des profits.

Le problème est que le Canada ne fait rien actuellement pour garantir que ces investissements de fonds publics aboutissent à des produits qui seront accessibles au public. En fait, les innovations médicales financées par le Canada sont le plus souvent attribuées sous licence ou simplement vendues à des entreprises privées sans aucune condition.

Autrement dit, le Canada assume le fardeau financier et tous les risques liés au développement de nouveaux médicaments ou d'autres produits médicaux, mais ceux-ci deviennent la propriété intellectuelle d'entreprises privées, qui sont libres de facturer les prix qu'elles veulent, même pour les médicaments qui peuvent faire la différence entre la vie et la mort.

Le financement public des médicaments essentiels devrait servir prioritairement à sauver des vies plutôt qu'à maximiser les profits

À l'échelle mondiale, nous avons déjà vu comment les vaccins contre la COVID-19, bien qu'ils aient été développés grâce à de larges sommes d'argent octroyées par les gouvernements, sont revendus à ces mêmes gouvernements à des prix fixés par les sociétés pharmaceutiques,  celles-ci ne s'étant pas engagées à partager leurs produits équitablement, même si un tel geste aiderait à mettre fin à la pandémie mondiale.

Au Canada, nous avons vu au moins un médicament essentiel financé par l'État — un vaccin contre le virus Ebola urgemment nécessaire — être vendu sans condition, puis laissé sur les tablettes alors même que la maladie faisait des milliers de morts.

Cette situation est inacceptable.

C'est non seulement terrible sur le plan de la santé publique mondiale, mais aussi un mauvais retour sur investissement. Le Canada finance des innovations médicales dont on a urgemment besoin pour sauver des vies et combler des lacunes critiques en matière de santé publique, et pourtant nous laissons au secteur privé le soin de dicter qui peut accéder à ces technologies et à quel prix – ou même de décider si elles seront un jour utilisées.

Que demande MSF?

MSF et ses sympathisants demandent au Canada d'assortir de conditions le financement qu'il accorde à la R et D médicale, exigeant des bénéficiaires qu'ils garantissent l'abordabilité, la disponibilité et l'accessibilité des médicaments et vaccins développés avec des fonds publics pour ceux qui en ont le plus besoin.

Sans action immédiate pour inclure de telles garanties, le gouvernement canadien risque de dépenser des milliards pour mettre au point de nouveaux médicaments qui seront simplement vendus à des entreprises pharmaceutiques privées, pour lesquels elles fixeront les prix hors de la portée des patients et des systèmes de santé, notamment au Canada.

« Il est inacceptable que des médicaments ou des vaccins ayant le potentiel de sauver des vies et qui sont développés avec des fonds publics canadiens, c'est-à-dire payés par les contribuables du Canada, puissent être inabordables pour ceux qui en ont besoin, au Canada ou ailleurs dans le monde », a déclaré Dr Jason Nickerson, conseiller aux affaires humanitaires de MSF. « Les fonds publics doivent produire des biens publics. Il devrait être obligatoire pour toute institution ou organisation recevant des fonds publics de veiller à ce que les médicaments, vaccins et autres technologies de la santé développés avec le soutien des Canadiens soient rendus abordables et accessibles à tous ceux qui en ont besoin.

Agir pour rétablir la situation

L'automne dernier, MSF a remis une pétition avec plus de 91 000 signatures à la ministre canadienne de la Santé, l'hon. Patty Hajdu, appelant le gouvernement canadien à prendre des mesures immédiates pour assurer un accès juste, abordable et équitable à tous les médicaments, vaccins ou autres technologies de la santé mis au point avec des fonds publics canadiens, y compris toute innovation élaborée en réponse à la pandémie de COVID-19.

Les dirigeants canadiens ont entendu le message

Depuis la remise de la pétition, MSF a été invitée à rencontrer de hauts fonctionnaires du gouvernement et des députés de tous les horizons politiques du Canada, afin d'expliquer l'urgence d'apporter ces changements et de fournir des conseils sur la manière d'y parvenir.

Nous avons également facilité un engagement de haut niveau entre les spécialistes des politiques gouvernementales et les experts de divers fabricants de médicaments à but non lucratif — y compris M4K Pharma (en anglais), le Partenariat mondial pour la recherche et le développement d'antibiotiques (en anglais) et l'initiative Drugs for Neglected Diseases (en anglais) affiliée à MSF — dans le cadre duquel ces organisations pourront partager leurs expériences en matière de recherche et de développement de médicaments essentiels en dehors du modèle pharmaceutique traditionnel.

Mais malgré la nature directe de notre appel au changement et l'accueil positif que notre message a reçu jusqu'à présent de la part des principales parties prenantes, aucun changement n’a encore été apporté.

C'est pourquoi nous sommes à explorer les prochaines étapes pour veiller à ce que cet enjeu devienne une priorité pour le gouvernement du Canada. Parmi les mesures envisagées, il y a la présentation d’une pétition officielle à la Chambre des communes (en anglais) pour faire suite à la pétition de MSF l'automne dernier; une telle pétition, une fois certifiée, doit être présentée à la Chambre des communes du Canada et doit recevoir une réponse officielle du gouvernement.

Que pouvez-vous faire ?

Plus de 91 000 Canadiens se sont déjà joints à nous pour dire au gouvernement du Canada que la santé publique doit passer avant les profits privés, ce qui a permis d'acheminer le message jusqu'aux décideurs canadiens ayant le plus besoin de l'entendre.

Maintenant, nous devons veiller à ce que cet élan se poursuive et tenir les dirigeants du Canada responsables de faire passer la vie avant les profits lorsqu'il s'agit de développer de nouveaux médicaments essentiels.

Veuillez partager ce message avec vos amis, votre famille et vos collègues, et sur les réseaux sociaux en utilisant le mot-clic #lavieavantleprofit, afin de rappeler aux Canadiens et aux gens du monde entier que les vaccins, les tests diagnostiques et les traitements vitaux devraient être des biens publics et non privés, surtout lorsqu'ils sont mis au point avec l'argent des contribuables.