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18 Mar 19 24 avr 19

Cyclone Idai : MSF intervient au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi

Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé des interventions d'urgence au Mozambique et dans d'autres régions d'Afrique australe après le passage du cyclone tropical Idai.

Plus d'un million de personnes luttent pour reconstruire leur vie dans les régions touchées par les inondations au Mozambique, au Malawi et au Zimbabwe. Beaucoup d'entre elles ont besoin d'une assistance d'urgence, et du strict minimum pour survivre. L'ampleur de la crise humanitaire provoquée par les graves inondations et le cyclone Idai est tout simplement catastrophique. Et maintenant, avec les premiers cas confirmés de choléra dans la région, il est clair que les activités médicales d’urgence devront être élargies.

Pour répondre aux besoins les plus critiques, Médecins Sans Frontières (MSF) a déjà lancé une intervention d'urgence. Nos équipes sur le terrain ont amorcé des activités médicales critiques, et nous continuons à intensifier rapidement nos opérations.

Vidéo : épidémie de choléra suite au cyclone Idai

Mozambique : des milliers de maisons en ruines et une communauté vulnérable

« Le cyclone a semé la dévastation, laissant des milliers de maisons en ruines et une communauté vulnérable et exposée aux éléments », a déclaré Gert Verdonck, coordonnateur de l'équipe d'urgence pour MSF à Beira. « La chaîne d'approvisionnement a été brisée, créant des pénuries de nourriture, d'eau potable et de soins de santé. Ces dommages extrêmes vont probablement entraîner, au cours des prochains jours et des prochaines semaines, une augmentation vertigineuse des maladies d'origine hydrique, des infections de la peau, des infections des voies respiratoires et du paludisme. En outre, le système de santé local, avec tous ses services habituels tels que le traitement du VIH et les soins maternels, a également été perturbé. »

Aujourd'hui, à Beira, les équipes de MSF travaillent d'arrache-pied dans trois centres de santé pour soigner des personnes que l'on soupçonne souffrir de choléra et d’autres maladies d’origine hydrique, ainsi que pour réparer les dégâts causés par la tempête.

« Le cyclone a considérablement endommagé le système d'approvisionnement en eau de la ville, privant une grande partie de la population d'accès à de l'eau potable. Cela signifie que les gens n'ont d'autre choix que de boire l'eau des puits contaminés ou même l'eau stagnante aux abords de la route. Bien entendu, cela entraîne une augmentation du nombre de patients atteints de maladies d'origine hydrique. Les centres de santé soutenus par MSF ont vu des centaines de patients souffrant de diarrhée aqueuse aiguë ces derniers jours », a confirmé Gert Verdonck.

En plus de soutenir les centres de santé, MSF gère des cliniques mobiles pour fournir des soins de santé primaires aux communautés les plus touchées. Ces équipes — composées de médecins, cliniciens, infirmiers, agents de promotion de la santé et conseillers — se rendent dans les zones les plus pauvres de Beira, ainsi que dans certains des 37 centres de transit qui abritent les personnes dont les maisons ont été détruites.

Vidéo : Une clinique mobile à Beira

La réponse de MSF

Le 14 mars, tard dans la nuit, le cyclone Idai a fait des ravages dans la ville portuaire de Beira, qui compte environ 500 000 habitants, ainsi que dans les districts environnants. Il a détruit la vie et les moyens de subsistance de centaines de milliers de personnes. Selon les autorités gouvernementales, les vents violents et les inondations ont coûté la vie à au moins 447 personnes, et endommagé ou détruit des milliers de bâtiments — maisons, écoles, centres de santé et hôpitaux — dans toute la région. De nombreuses familles sont maintenant sans abri et la plupart des communautés n'ont plus un accès fiable à l'eau potable ni à l'électricité.

À ce jour, MSF a envoyé quatre avions-cargos chargés de matériel pour mener son intervention d'urgence. Au moins trois autres vols cargo sont prévus pour cette semaine en partance de la Belgique, de Dubaï et de la France, et la mobilisation massive de la chaîne d'approvisionnement aérienne se poursuivra au cours des prochaines semaines.

« Grâce à la collaboration de longue date de MSF avec le ministère de la Santé pour traiter le VIH au Mozambique, nous entretenons des liens solides avec le pays et avons pu réagir rapidement », a expliqué Gert Verdonck. « Compte tenu du nombre de nos patients et de leur famille qui ont tout perdu, nos cliniques mobiles sont là pour dispenser des soins de santé primaires et soutenir cette communauté durement éprouvée. »

Alors que nos équipes travaillent pour répondre aux besoins les plus critiques au Mozambique et dans les régions environnantes, votre don aujourd'hui nous permet de fournir des soins aux personnes rendues vulnérables par ce cyclone et de nombreuses autres crises dans le monde. Grâce à votre soutien, MSF traite déjà des patients dans les zones les plus touchées par le cyclone Idai. Et nous serons prêts à intervenir où et quand d’autres urgences humanitaires surviendront.

Zimbabwe

  • Après avoir traversé le Mozambique, le cyclone Idai a frappé le district de Chimanimani, dans la province de Manicaland, au Zimbabwe – les dernières tempêtes violentes du cyclone après qu'il ne se dissipe.
  • Au total, on compte 154 morts, 162 blessés et près de 5000 personnes déplacées (chiffres officiels au 22 mars)
  • Les dommages dans le district de Chimanimani sont considérables - de nombreuses routes ont été complètement détruites sur plusieurs kilomètres, et certaines communautés sont désormais uniquement accessibles à pied. L'accès à l'eau potable est un problème, car de nombreuses canalisations ont été emportées.

INTERVENTION DE MSF AU ZIMBABWE

  • MSF continue de dispenser des consultations et de fournir du matériel médical dans le centre de transit installé en périphérie de la ville de Chimanimani.
  • Cependant, la priorité s’est déplacée à l’intérieur de Chimanimani, après qu'une équipe de MSF ait finalement réussi à atteindre le district jeudi. La zone était inaccessible jusqu’à la semaine dernière en raison d’éboulements bloquant les routes et de ponts détruits. À certains endroits, les inondations ont emporté des maisons entières, des magasins ou encore des usines. Beaucoup ont perdu leur travail ou leurs ressources, ainsi que l’accès aux médicaments pour soigner leurs maladies chroniques.
  • Une équipe permanente travaille désormais avec le personnel du ministère de la Santé à l’hôpital de Chimanimani. Jusqu'à présent, peu de patients ont été vus et trois cas de diarrhée aqueuse ont été signalés.
  • Deux équipes de sensibilisation de MSF se déplacent également autour de Chimanimani, en dehors des routes principales. Elles tentent d’accéder au plus grand nombre possible de cliniques de Chimanimani et des camps environnants, soient une vingtaine au total, pour évaluer les besoins en matière de santé, distribuer des médicaments aux cliniques et aux agents de santé des villages.
  • C’est la première fois qu’autant de zones sont accessibles depuis le passage du cyclone. Avec de nombreuses routes détruites ou inondées, les équipes marchent entre 3 km et 12 km pour atteindre les communautés isolées, qui n’ont pas accès à l’eau potable.
  • Jusqu'à présent, l'équipe de MSF a atteint la clinique de Nyahode, et a traité 20 blessures liées au cyclone et 3 cas de diarrhée. L’équipe a aussi fait don de fournitures médicales. Hier, l'équipe est parvenue à Charleswood, une communauté minière, où elle a pu faire de la promotion de la santé, et donner des articles médicaux et des pastilles de purification de l’eau.
  • Bjorn Nissen, représentant national de MSF au Zimbabwe, a déclaré : « Il fallait se rendre dans ces communautés isolées pour voir quels étaient leurs besoins. C’est ce que MSF fait avec un infirmier du ministère de la Santé : parcourir les derniers kilomètres, transporter des médicaments essentiels, des fournitures de base et des pastilles pour rendre l’eau potable. »
  • Jusqu'à présent, les besoins en matière de santé comprennent la prise en charge des traumatismes, le renouvellement du traitement antirétroviral des patients atteints du VIH/sida et l'approvisionnement en médicaments pour traiter les maladies chroniques. Cependant, les conséquences à long terme d'un manque d’accès doivent être prises en compte : l’absence d’électricité qui a perturbé les services de vaccination de routine, les ruptures de stock de matériel médical et de médicaments, les interruptions dans le traitement du VIH/sida, de la tuberculose et des maladies chroniques, ainsi que le manque de détergents et de chlore.
  • Une équipe MSF de Chipinge a également atteint Copper, une vallée au sud, très touchée par le cyclone, pour procéder à une évaluation des besoins.

Malawi

  • Les fortes pluies ont commencé le 3 mars. Ce système météorologique s’est déplacé au large des côtes et s'est transformé en cyclone, et s’est ensuite redirigé vers le Mozambique. De fortes pluies ont continué dans toute la région, y compris au Malawi.
  • Selon le rapport national sur les catastrophes, de graves inondations sont survenues dans le district de Nsanje, dans le sud du Malawi. On estime que 16 000 foyers ont été affectés. Les pluies ont maintenant cessé et l'accès aux zones inondées s'améliore petit à petit, mais certaines parties restent sous l'eau ou sont isolées avec une communication limitée.
  • L'accès aux zones les plus touchées continue de poser problème, il est donc très difficile de brosser un tableau clair de l'ensemble des besoins.
  • Un grand nombre de maisons se sont effondrées. Des milliers de personnes demeurent dans des camps de déplacés et des refuges improvisés comme des écoles et des églises. De gros efforts de reconstruction seront nécessaires au cours des prochaines semaines.
  • Les cultures et les élevages sont dévastés. On estime que 50 % des récoltes de la région pourraient avoir été perdues. À ce jour, MSF n’a constaté aucun problème avec la disponibilité de la nourriture dans les zones où elle intervient, mais une évaluation adéquate ne pourra être effectuée que lorsque le niveau de l’eau aura diminué davantage.
  • L’électricité est revenue dans le district de Makhanga, qui reste le plus touché et toujours coupé de tout accès routier. 

RÉPONSE DE MSF AU MALAWI

  • MSF travaille avec les autorités locales, le département de gestion des catastrophes naturelles ainsi qu’avec des organisations locales et internationales.
  • Une équipe MSF de 18 personnes soutient le ministère de la Santé avec des équipements médicaux et sanitaires et des articles non alimentaires, afin de couvrir les besoins d’environ 18 000 personnes à Makhanga, sur la rive est de la rivière Shire.
  • Base et entrepôt à Bangula - approvisionnés depuis Blantyre. Nos équipes se rendent en bateau à Makhanga, où se déroule la principale intervention.
  • Jusqu'à présent, nos équipes n'ont pas détecté de besoins médicaux aigus, mais nous sommes préoccupés par le grand nombre de personnes sous médication chronique, notamment pour le traitement du VIH et de la tuberculose.
  • Au centre de santé de Makhanga, où le personnel du ministère de la Santé n’a toujours pas repris le travail, MSF continue de dispenser des soins de santé primaire et de VIH/Sida, et d’assurer une surveillance épidémiologique avec environ 150 consultations par jour. 
  • À ce jour, aucune maladie d'origine hydrique n'a été signalée, mais cela reste une préoccupation. Des équipes de sensibilisation ont visité les communautés pour nettoyer et réparer les puits de forage, tester la qualité de l'eau pour garantir l'accès à de l'eau potable, construire des latrines de base, des abris pour la douche, distribuer des articles non alimentaires et des kits d'hygiène et éduquer les communautés sur les pratiques d'hygiène et de sécurité de l'eau.  
  • MSF a déjà fourni à plus de 2 000 ménages de Makhanga des kits d’hygiène comprenant des seaux, des tasses et du savon. En raison de nos préoccupations concernant le choléra, nous construirons une unité de traitement de base du choléra de 4 lits et donnerons de la formation, de manière à pouvoir nous préparer à l'éventualité d'une éclosion.