Médecins Sans Frontières (MSF) appelle les dirigeants du monde à agir comme chef de file pour contrer la tuberculose et à prendre des mesures pour faire face à une urgence sanitaire mondiale qui tue des millions de personnes chaque année.

Les traitements antituberculeux actuellement disponibles sont longs, douloureux et souvent inefficaces. Les formes de TB pharmacorésistantes nécessitent au moins cinq antibiotiques différents, tous toxiques et causant des effets secondaires tels que surdité permanente, nausées, vomissements et douleurs.

Médecins Sans Frontières (MSF) est un chef de file international dans le traitement de la TB et gère des programmes pour des milliers de patients atteints de TB dans plus de 20 pays. Nous voyons de près l'impact humain de la maladie, tant la souffrance des patients qui endurent des traitements longs et débilitants que le désespoir de ceux qui savent qu'ils vont probablement succomber à la maladie. Nous savons à quel point le monde a besoin d’améliorer le diagnostic, le traitement et la prévention de la TB.

Le 26 septembre 2018, les Nations Unies tiendront une réunion de haut niveau sur la TB. Il s'agit là d'une occasion sans précédent pour les dirigeants mondiaux de prendre les commandes et de passer à l'action contre l’une des pires maladies mortelles au monde.

MSF profite de l'occasion pour demander au Canada de faire preuve de leadership dans cette lutte. Nous demandons au premier ministre Justin Trudeau d'assister personnellement à la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la TB en septembre et de faire en sorte que le Canada prenne des engagements audacieux et dirige la riposte internationale pour mettre fin à la TB ici au pays et ailleurs dans le monde — et nous avons besoin de votre aide pour y arriver.

Nous vous demandons de suivre ce lien pour dire au gouvernement du Canada qu’il est urgent d’agir pour mettre fin à la TB dans le monde.

En dépit de ce constat, les outils diagnostiques et les traitements sont obsolètes et la recherche médicale insuffisante pour développer des outils à la hauteur des besoins. L'arrivée de deux nouveaux médicaments contre la tuberculose - les premiers développés contre la maladie depuis 50 ans - représente l'espoir d'aboutir à de nouveaux traitements plus efficaces. Mais ces médicaments demeurent pour l'heure difficilement accessibles, et la recherche sur leur inclusion dans de nouveaux traitements n'avance que très lentement.

Dans certaines régions, comme en Afrique centrale et australe, la pandémie de sida a largement contribué au développement de la tuberculose. La co-infection VIH/sida et tuberculose est un duo mortel et difficile à traiter, et la tuberculose est la principale cause de décès des personnes vivant avec le VIH.

Plaider pour les patients du monde entier : comment le Canada peut intensifier sa lutte contre la tuberculose

Dans le numéro de l'été 2018 de Dépêches, le magazine de MSF Canada, le conseiller canadien aux affaires humanitaires Jason Nickerson écrit que notre pays peut et doit jouer un rôle de premier plan pour stopper l'épidémie mondiale de tuberculose.

« En mars, le gouvernement canadien ainsi que l’organisation inuite Tapiriit Kanatami se sont engagés à éliminer la TB d’ici 2030 dans les quatre coins de l’Inuit Nunangat et de réduire l’incidence de la maladie active d’au moins 50 pour cent d’ici 2025. Les autres pays devraient adopter de telles cibles, assorties de calendriers précis, afin d’éliminer la TB, et le Canada peut montrer la voie en poussant ses alliés à suivre son exemple. Cependant, ces objectifs ne pourront être atteints sans les outils médicaux nécessaires. Nous avons besoin que les pays dotés de capacités de recherche biomédicale et d’innovation productives tels que le Canada, d’une part, agissent pour contrer la TB et, d’autre part, s’activent pour mettre au point les médicaments, tests diagnostiques et vaccins dont nous avons besoin pour enrayer rapidement cette pandémie. »

    La tuberculose en vidéo 

    Pour la première fois de l'Histoire, les dirigeants mondiaux tiendront plus tard cette année une réunion spéciale de haut niveau aux Nations Unies afin de discuter de la tuberculose et des mesures à prendre devant cette urgence de santé mondiale.

    Il faut que des pays comme le Canada veillent à ce que les résultats de cette réunion soient solides et fixent des cibles mesurables pour combler les lacunes dans le dépistage, le traitement et la prévention qui existent dans le monde (y compris au Canada).

    En cette Journée mondiale de la lutte contre la tuberculose, demandez à votre chef de gouvernement d'agir pour contrer la tuberculose #StepUpforTB. Cliquez ici pour savoir par où commencer.

     

    Le Canada a beaucoup de raisons d'agir comme chef de file pour contrer la tuberculose.

    Chaque année, on compte environ 1 600 cas de tuberculose au Canada seulement. Un soutien envers les nouveaux schémas thérapeutiques de la tuberculose profiterait aux patients canadiens et à des millions d'autres dans le monde, y compris dans les programmes de MSF. Pour y arriver, il faut adopter une nouvelle approche pour développer de nouveaux traitements antituberculeux. Il est clair que le modèle actuel de recherche et développement ne répond pas aux besoins de santé publique de la tuberculose — seuls deux nouveaux composés capables de traiter la tuberculose pharmacorésistante ont été mis au point au cours des 50 dernières années, et seulement sept sont actuellement en phase de développement clinique.

    Voilà pourquoi en octobre 2017, MSF a dit au Comité permanent de la santé comment le Canada pourrait intensifier et soutenir le développement de nouveaux schémas antituberculeux courts et abordables pour les patients qui en ont besoin grâce à un nouveau mécanisme que nous soutenons appelé The Life Prize. MSF utilise également de nouvelles combinaisons sur six mois de médicaments antituberculeux dans le cadre de notre essai clinique TB-PRACTECAL; son objectif est d’élaborer un nouveau schéma thérapeutique pour la tuberculose pharmacorésistante qui soit meilleur que ce qui est actuellement disponible. Nous avons lancé TB-PRACTECAL parce que nous traitons plus de 20 000 personnes atteintes de tuberculose chaque année, et nous nous voyons contraints de chercher nous-mêmes de meilleurs traitements, car trop peu d'entreprises pharmaceutiques et autres organisations prennent les devants.

    Mais nous ne pouvons pas y arriver seuls – nous avons besoin que les gouvernements comme celui du Canada répondent présents et aident à soutenir un pipeline de nouveaux médicaments pour trouver de nouveaux traitements antituberculeux qui soient meilleurs, plus courts, plus efficaces et plus abordables.