Ebola désigne plusieurs souches du même virus, identifié pour la première fois chez l’humain en 1976 au Soudan et en République démocratique du Congo (RDC) le long de la rivière Ebola. Ces souches provoquent des fièvres hémorragiques (causant un saignement interne ou externe), tout comme la fièvre de Marburg, causée par un virus apparenté. La maladie à virus Ebola est l’une des plus mortelles au monde.

Le septembre 2018 : L’épidémie d’Ebola en la province du Nord-Kivu, RDC

La dixième épidémie d’Ebola s’est déclarée le 1er août en République démocratique du Congo, plus précisément dans la province du Nord-Kivu qui se trouve dans le nord-est du pays.

L’épidémie d’Ebola en la province de l’Équateur, RDC: MSF fait la passation de ses activités de riposte — juillet 2018

Après deux mois d’activités dans la province de l’Équateur, en République démocratique du Congo (RDC), l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a commencé la passation des activités de riposte à Ebola au ministère de la Santé congolais et à une ONG internationale à Mbandaka, Bikoro, Itipo et Iboko.

Pendant cette dernière épidémie d’Ebola (déclarée officiellement le 8 mai 2018), les équipes de MSF ont travaillé en collaboration avec le ministère de la Santé congolais à Bikoro, Itipo, Mbandaka et Iboko. Elles ont traité 38 patients confirmés; 24 patients ont pu rentrer chez eux, mais 14 patients sont malheureusement décédés.

« Cette épidémie de fièvre Ebola n’est pas encore finie, mais nous sommes heureux de constater que beaucoup de progrès ont été faits », a déclaré Henry Gray, coordonnateur d’urgence pour MSF dans la province de l'Équateur. 

MSF IMPULSION: Ebola en République démocratique du Congo

En ce moment même, nos équipes médicales sont sur le terrain en République démocratique du Congo pour lutter contre une épidémie d'Ebola. Dans cet épisode de MSF Impulsion, nous expliquons ce qu'est le virus Ebola, comment il se propage et ce que nous faisons pour répondre à l'épidémie actuelle.

Rencontrez Wangui, un survivant d'Ebola en République démocratique du Congo

Le 13 mai 2018, Wangui Nondi, 29 ans, a été admis au centre de traitement Ebola de MSF à Bikoro, en République démocratique du Congo. On a confirmé qu'il avait contracté le virus Ebola. Neuf jours plus tard, Wangui est sorti de la clinique en bonne santé.

République Démocratique du Congo : MSF vaccine les communautés dans les zones les plus enclavées

Kinshasa, le 29 mai 2018 – À Bikoro, dans la province de l’Équateur en République démocratique du Congo (RDC), où Médecins Sans Frontières (MSF) travaille depuis quelques semaines avec le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les équipes ont commencé hier à vacciner le personnel médical de première ligne, qui sont parmi les plus exposés au virus Ebola.

Ebola en bref

La maladie à virus Ebola est l’une des plus mortelles au monde. Il s’agit d’un virus très contagieux qui peut tuer jusqu’à 90 pour cent des personnes qui le contractent, causant la terreur parmi les communautés infectées.

Le virus Ebola a été tout d’abord associé à une épidémie de 318 cas de fièvre hémorragique au Zaïre (aujourd’hui la République démocratique du Congo) en 1976. Sur ces 318 cas, 280 sont rapidement décédés. La même année, 284 personnes au Soudan ont également été infectées par le virus, entraînant 156 décès.

Il existe cinq souches du virus Ebola : Bundibugyo, Côte d’Ivoire, Reston, Soudan et  Zaïre, ainsi nommées d’après leur lieu d’origine. Sur ces cinq souches, quatre ont causé la maladie chez des humains. Bien que le virus Reston puisse infecter des êtres humains, aucune maladie et aucun décès n’ont été signalés.

MSF a soigné des centaines de personnes infectées par le virus Ebola en Ouganda, en République du Congo, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan, au Gabon et en Guinée. En 2007, MSF a complètement maîtrisé l’épidémie d’Ebola en Ouganda.



COMMENT CONTRACTE-t-on le virus ebola?

Tant les êtres humains que les animaux peuvent attraper la maladie. Elle se transmet par contact direct avec le sang, les sécrétions ou autres liquides biologiques.

Les travailleurs de la santé ont été fréquemment infectés en traitant des malades. Cela s’est produit par contact direct en l’absence du port de gants, de masque ou de lunettes de protection.

Dans des régions africaines, on a observé des cas d’infection suite au contact avec des chimpanzés, des gorilles, des roussettes, des singes, des antilopes de forêt, des porcs-épics trouvés morts ou malades dans la forêt tropicale.

Lors des rituels funéraires, le défunt peut également transmettre le virus aux endeuillés en cas de contact direct avec lui. Par ailleurs, la transmission par contact avec du sperme infecté peut se produire jusqu’à sept semaines après un rétablissement clinique.

SYMPTÔMES DE LA MALADIE À VIRUS EBOLA

Au début, il n’y a pas de symptômes précis, ce qui rend le diagnostic difficile.

La maladie se caractérise souvent par l’apparition soudaine de fièvre, de faiblesse, de douleurs musculaires, de maux de tête et de maux de gorge. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d’hémorragies internes et externes.

La durée d’incubation après l’exposition varie entre deux et 21 jours. Certains patients peuvent présenter les symptômes suivants : éruptions cutanées, yeux rouges, hoquet, douleurs thoraciques, difficultés à respirer ou à avaler. 

DIAGNOSTIC de la maladie À VIRUS EBOLA

Il est difficile de diagnostiquer cette maladie car les premiers symptômes tels que les yeux rouges et les éruptions cutanées sont généraux.

Les infections ne peuvent être confirmées qu’en laboratoire en effectuant cinq tests différents. Ces tests présentent un risque biologique extrême et ne doivent être pratiqués que dans les conditions de confinement les plus rigoureuses.  Faute de vêtements de protection, on a enregistré un certain nombre de contaminations de personne à personne.

« Les travailleurs de la santé sont particulièrement exposés en traitant les patients. Donc, l’une de nos priorités principales est de former le personnel afin de réduire les risques qu’il n’attrape la maladie en s’occupant des patients, » a expliqué Henry Gray, coordonnateur d’urgence pour MSF, pendant une flambée épidémique d’Ebola en Ouganda en 2012.

« Nous devons mettre en place des règles de sécurité très strictes pour garantir qu’aucun de nos travailleurs de santé ne soit exposé au virus – par le biais de matières contaminées venant des patients ou de déchets médicaux infectés par le virus » .

Traitement de la maladie à virus ebola

Il n’existe aucun traitement spécifique pour cette maladie. Le traitement se limite à une thérapie de soutien qui consiste à hydrater le patient, à maintenir son niveau d’oxygénation ainsi que sa pression sanguine et à traiter toute autre complication infectieuse.

Malgré la difficulté de diagnostiquer la maladie à ces débuts, les personnes qui présentent des symptômes devraient être isolées et les professionnels de la santé publique avisés. À condition de porter des vêtements de protection adéquats, la thérapie de soutien peut continuer jusqu’à ce que les échantillons provenant du patient soient testés en vue de confirmer l’infection.   

En instaurant une zone de contrôle autour du centre de traitement, MSF a réussi à maîtriser une épidémie d’Ebola qui s’était déclarée en Ouganda en 2012.

Une épidémie d’Ebola est officiellement considérée terminée quand il n’y a aucun nouveau cas confirmé sur une période de 42 jours.

Plan interactif de la zone de traitement à haut risque d'Ebola

Comment fonctionnent les centres de traitement d'Ebola de MSF? Cliquez sur l'image ci-dessous pour voir un guide interactif. (Agrandir)

Ebola : Questions-réponses sur un vaccin canadien prometteur et le rôle de MSF dans les essais cliniques

Un article intermédiare publié dans le journal medical The Lancet révèle des résultats très prometteurs pour l'un des possible vaccins contre le virus Ebola mis au point par des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, au Canada.  

Le docteur Bertrand Draguez, à la tête de la plateforme de MSF sur les outils expérimentaux ciblant le virus Ebola, nous explique ce que signifient ces résultats dans le cadre du combat contre la maladie.

L'Épidémie en Afrique de l’Ouest de 2014-2015

Le 14 janvier de 2016, le Libéria a célèbré 42 jours sans nouvelle contamination au virus Ebola, ce qui marque la fin de l’épidémie en Afrique de l’Ouest.

L’organisation humanitaire médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) appelle la communauté médicale internationale à tirer les leçons de cette épidémie afin d’être mieux préparée à d’autres épidémies du même type. MSF poursuit ses activités liées à Ebola au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée en offrant des soins aux survivants d’Ebola.

« Nous devons tous apprendre de cette expérience pour améliorer notre réponse aux épidémies futures et aux maladies négligées », a déclaré Joanne Liu, présidente de MSF international. « La réponse à Ebola n’a pas seulement été limitée par le manque de moyens internationaux, elle l’a également été par le manque de volonté politique de déployer rapidement une aide pour les populations concernées. Les besoins des patients et des communautés affectées doivent rester au cœur de toute réponse et primer sur les intérêts politiques ». 

 

« Même aujourd’hui, il n’y a toujours pas de traitement efficace »

« Nous devons féliciter toutes les personnes qui sans relâche ont contribué à mettre un terme à cette épidémie dévastatrice sans précédent, et nous devons également nous souvenir des nombreux professionnels de santé qui ont perdu la vie en combattant Ebola » ajoute Brice de le Vingne, directeur des opérations. « Cette épidémie dévastatrice a frappé près de 40 ans après la première découverte d’Ebola en 1976, mais le manque de recherche et développement sur Ebola demeure, et même aujourd’hui, après les essais cliniques et à la fin de l’épidémie, il n’y a toujours pas de traitement efficace. Il faut également obtenir une licence pour un nouveau vaccin qui a été développé ».

Dès le début de l’épidémie, MSF est intervenue dans les pays les plus affectés, la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, en mettant en place des centres de traitement d’Ebola et en offrant des services de soutien psychologique, des activités de promotion de la santé de surveillance, et de recherche de contacts. Au plus fort de l’épidémie, MSF employait près de 4 000 membres du personnel national et 325 membres du personnel international pour combattre l’épidémie dans les trois pays. MSF a admis un total de 10 376 patients dans ses centres de traitement, parmi lesquels 5 226 ont été confirmés positifs à Ebola. Au total, l’organisation a dépensé plus de 96 millions d’euros dans la réponse à l’épidémie.  

Face à une épidémie tellement imprévisible, il est crucial de maintenir dans la région une capacité de vigilance et de réponse potentielle à de nouveaux cas, ainsi qu’un système de surveillance et de réponse rapide. 

 

« Dans le cas d’une prochaine épidémie, le monde doit se doter des capacités à intervenir plus vite »

Les survivants d'Ebola forment un groupe particulièrement vulnérable, qui fait face à des défis médicaux continuels tels que des douleurs articulaires, une fatigue chronique et des problèmes de vision et d’ouïe. Ils souffrent également de stigmatisation dans leur communauté et requièrent des soins spécifiques et personnalisés. MSF a investi dans l’ouverture de cliniques pour les survivants en Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, pour mettre à leur disposition une offre de soins complète, à la fois médicale et psychologique, et les protéger contre la stigmatisation.

« Tout au long de l’épidémie, j’ai vu comment les communautés ont été déchirées, raconte Hilde de Clerck, épidémiologiste de MSF qui a travaillé au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone. Au début, la réponse de la communauté médicale internationale a été paralysée par la peur. C’était une expérience terrible d’être livrés à nous-mêmes et de constamment courir derrière l’épidémie. Mais c’était aussi impressionnant de voir la mobilisation de tout notre personnel médical, et heureusement d’autres acteurs internationaux se sont finalement impliqués. Dans le cas d’une prochaine épidémie, le monde doit se doter des capacités à intervenir plus vite et de manière plus efficace. » 

MSF et Ebola

MSF a répondu à l’épidémie d’Ebola dans les trois pays les plus touchés par la maladie, la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, mais aussi au Nigéria, au Sénégal et au Mali où quelques cas se sont déclarés. De même, MSF s’est mobilisée en 2014 pour combattre une autre épidémie, non liée à la première, en République démocratique du Congo. MSF continue à offrir des soins de santé aux survivants d’Ebola et aux populations locales en développant de nouvelles activités. Deux cliniques Ebola en Sierra Leone, une au Libéria et une en Guinée offrent déjà des soins médicaux et psychologiques aux survivants. Le système de santé déjà fragile ayant été sérieusement secoué par l’épidémie, MSF a donc décidé d’investir à ce niveau. De nouveaux projets de santé materno-infantile devraient ouvrir rapidement dans différentes villes de Sierra Leone (Kabala, Mgburaka, Kenema) et un nouvel hôpital pédiatrique a déjà ouvert ses portes à Monrovia, au Libéria. MSF continue également à mener un projet de lutte contre le VIH à Conakry en Guinée, en collaboration avec les autorités sanitaires. 

Poussés au-delà de nos limites : L’intervention globale de MSF en réponse à la plus importante épidémie d’Ebola de l’Histoire

En mars 2015, Médecins Sans Frontières (MSF) a publié une analyse critique de l'épidémie d'Ebola après un an de lutte contre l’épidémie, révélant les lacunes de la réponse mondiale à la crise et avertissant que l'épidémie, malgré une baisse générale du nombre de cas, n’était pas encore terminée.

Le rapport, qui s’intitule Poussés au-delà de nos limites, est basé sur des entretiens avec des dizaines de membres du personnel de MSF prenant part à l'intervention de l'organisation contre Ebola. Il décrit les alertes précoces de MSF à propos de la propagation des cas d'Ebola en Guinée, le déni initial des gouvernements des pays touchés, et les mesures sans précédent que MSF a été contraint de prendre devant l'inaction mondiale alors que l'épidémie engloutissait les pays voisins.

Témoin : Ebola

 

Reine Lebel, une psychologue canadienne, parle de son travail auprès des patients ayant contracté le virus 'Ebola. 

L'enfant qui a vaincu Ebola

Mamadee est un garçon de 11 ans qui a survécu à Ebola. 

 

Lutter contre Ebola par la musique

Beaucoup d’initiatives ont été mises en œuvre pour tenter d’endiguer l’épidémie d’Ebola. Parmi ces initiatives, on compte celle d’un collectif de musiciens célèbres d’Afrique de l’Ouest qui, en novembre, a composé la chanson « Africa Stop Ebola ». Cette chanson visait à sensibiliser le public sur le virus Ebola en Afrique et à recueillir des fonds pour MSF. Tous les bénéfices seront reversés à l’organisation.

Au Libéria, un groupe appelé The Talented Young Brothers a enregistré la chanson intitulée « Ebola is real » (Ebola est réel) pour sensibiliser la population sur cette maladie. Le groupe a participé aux activités de promotion de la santé de MSF afin d’informer les habitants sur la manière de réduire les risques de transmission de la maladie.