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Two Doctors Without Borders social psychologists take a walk with two patients.
14 fév 18 25 juin 20

Un environnement de travail basé sur la bienveillance, la dignité et le respect

Médecins Sans Frontières (MSF) promeut un milieu de travail exempt de harcèlement et d’abus. 

La direction de MSF s'est engagée de façon univoque à renforcer les mécanismes et procédures de prévention et de lutte contre les abus et le harcèlement. Nous attendons de tous nos employés qu'ils agissent dans le respect des engagements pour un comportement responsable du mouvement MSF et des principes directeurs énoncés dans notre Charte.

L'intégrité de notre organisation est soutenue par la bonne conduite de chaque membre du personnel, dans n'importe quel endroit, dans le plein respect des communautés que nous servons. Pour nous, cela signifie de n'accepter aucun comportement où nos employés exploiteraient la vulnérabilité des autres ou tireraient avantage de leur position pour un profit personnel.

Mécanismes pour porter plainte et dénoncer

Des procédures, incluant des mécanismes de plainte, sont en place pour encourager la prévention, la détection, le signalement et la gestion de tout type d'inconduite, de harcèlement et d'abus. À travers ces mécanismes, tous les employés sont encouragés à signaler les comportements inappropriés et les abus, soit par l'intermédiaire de leur ligne hiérarchique, soit par le biais de canaux de signalement spécifiques en dehors de toute ligne hiérarchique, en utilisant des adresses courriel dédiées. Les victimes ou les témoins au sein des communautés où MSF travaille sont encouragés de la même manière à nous signaler des comportements inappropriés afin que toute allégation puisse être adéquatement traitée.

De vastes activités de sensibilisation sont menées à MSF dans le but d’informer tous les employés des mécanismes à leur disposition pour signaler des abus. Cette information est partagée par le biais de communications spécifiques, y compris des guides destinés aux employés, et incluse dans les séances d'orientation, les visites sur le terrain et les formations. De plus, des orientations en ligne et des modules de formation portant sur le comportement et la gestion des abus sont régulièrement mis à jour et améliorés.

Ces dernières années, un travail appréciable a été réalisé sur ces éléments à travers le mouvement MSF. Voici quelques exemples :

  • Création de nouveaux postes et/ou soutien accru du personnel pour fournir de la formation, des visites sur le terrain et des enquêtes en cas d'abus.
  • Tenue d'ateliers et d'autres formes de consultation avec le personnel pour évaluer le problème et les étapes nécessaires pour le résoudre.
  • Révision, promotion et renforcement des conseils fournis au personnel sur la manière de signaler le harcèlement, les abus ou l'exploitation.
  • Renforcement de la sensibilisation au niveau du patient et de la communauté où nous avons des opérations
  • Amélioration de la collecte et du partage de données à travers le mouvement MSF.

Gérer les cas de comportements inappropriés de manière confidentielle

L'objectif de MSF est de veiller à ce que ces situations soient traitées avec la plus grande confidentialité et de créer un environnement dans lequel les gens peuvent déposer une plainte de façon sécurisée, sans craindre pour leur sécurité, leur emploi ou leur confidentialité.

Lorsque des comportements inappropriés sont signalés, la priorité première de MSF est la sécurité et la santé des victimes potentielles. Une attention immédiate est accordée afin d'offrir du soutien, pouvant inclure des soins psychologiques et médicaux, ainsi qu'une assistance juridique.

MSF respecte toujours la décision de la victime de porter l’affaire – ou non – devant la justice. Dans le cas d’abus sexuel sur des mineurs, la politique de MSF est de signaler le cas aux autorités judiciaires compétentes en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant et des procédures légales en vigueur.

Le défi principal : Réduire les obstacles aux signalements

Mis à jour de 2018 :

Bien que les chiffres de 2018 indiquent une augmentation du nombre de signalements de comportements inacceptables par rapport à 2017, nous continuons de penser que ce portrait est une sous-estimation importante, probablement attribuable à une combinaison de défis entourant le sous-signalement et la collecte de données.

En 2018, MSF comptait près de 65 000 travailleurs sur le terrain. Nous avons constaté une augmentation significative du nombre d'alertes et de plaintes enregistrées en 2018, avec un total de 356 plaintes déposées, contre 182 en 2017. Ce chiffre concerne les alertes et les plaintes émises sur le terrain, mais ne couvre pas les bureaux nationaux. Nous espérons que ces chiffres confirment que l’attention accrue portée à la question a encouragé davantage de personnes à se faire entendre.

À l'issue de l'enquête, 134 de ces plaintes ont été confirmées comme étant des cas d'abus ou de comportement inapproprié (83 en 2017). Cela comprend 78 cas qualifiés d'abus, comparativement à 61 cas d'abus en 2017. (Les abus prennent de nombreuses formes : abus, harcèlement et exploitation sexuels; abus de pouvoir; harcèlement psychologique; discrimination; violence physique). Au total, 52 membres du personnel ont été licenciés pour une forme d'abus en 2018 (58 licenciements en 2017).

Sur les 78 cas d'abus, 59 étaient des cas d'abus, de harcèlement ou d'exploitation sexuels, contre 32 en 2017. Trente-six membres du personnel ont été licenciés pour abus en 2018, contre 20 en 2017.

En outre, 56 cas de comportements inappropriés ont été confirmés, contre 22 en 2017 (par comportements inappropriés, on entend : gestion inadéquate des personnes; relations inappropriées; comportement inapproprié ne correspondant pas aux normes sociales ou affectant la cohésion de l'équipe; utilisation de substances).

Nous continuons d'exhorter le personnel, les patients ou toute autre personne qui entre en contact avec MSF à signaler toute instance de comportement inacceptable à laquelle ils pourraient être exposés.

NOTE SUR LES MODIFICATIONS APPORTÉES AUX CHIFFRES : MSF a mis à jour ses chiffres pour 2017 en raison d'une amélioration des méthodes de collecte et de compilation des données. En conséquence, le nombre total de plaintes pour 2017 est supérieur au nombre de plaintes précédemment enregistrées : 182 contre 146; le nombre de cas confirmés en 2017 a aussi légèrement augmenté. Veuillez noter que certains cas de 2018 font toujours l'objet d'une enquête, de sorte que les chiffres globaux pourraient légèrement changer.

Mise à jour de 2019 :

MSF continue de faire face à un problème de sous-signalement en matière de comportement responsable. Depuis 2017, nous avons constaté une augmentation du nombre de plaintes déposées, ce qui est un signe encourageant que les mécanismes de signalement de MSF sont plus largement utilisés. Bien que le nombre total de signalements ait légèrement diminué (de 10 %) entre 2018 et 2019, nous pensons que cela est principalement dû à un grand nombre de cas historiques ayant été signalés en 2018 – probablement en raison de la communication accrue sur cette question, à la fois en interne et en externe.

Nous devons continuer à travailler pour améliorer le nombre de signalements, en particulier parmi les groupes qui ont tendance à être sous-représentés lorsqu'il s'agit de déposer des plaintes – y compris le personnel MSF embauché localement, les patients des projets MSF et leurs soignants. Les chiffres de 2019 ont montré une augmentation du nombre de signalements reçus de ces groupes, ce qui est encourageant, même si nous reconnaissons qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

En 2019, nous comptions environ 65 000 employés dans l'ensemble du mouvement, dont plus de 90 % travaillaient sur le terrain. Nous avons vu un total de 322 plaintes déposées, contre 356 en 2018. Ce chiffre concerne les alertes et les plaintes émises sur le terrain, mais ne couvre pas les bureaux nationaux. À l'issue de l'enquête, 154 de ces plaintes ont été confirmées comme étant des cas d'abus ou de comportement inapproprié (134 en 2018).

Cela comprend 104 cas qualifiés d'abus, comparativement à 78 cas confirmés d'abus en 2018 (les abus prennent de nombreuses formes : abus, harcèlement et exploitation sexuels; abus de pouvoir; harcèlement psychologique; discrimination; violence physique). Au total, 57 membres du personnel ont été licenciés pour quelque forme d'abus en 2019 (52 licenciements en 2018). Sur les 104 cas d'abus, 63 étaient des cas de harcèlement, d'abus ou d'exploitation sexuels, comparativement à 59 en 2018. Trente-sept membres du personnel ont été licenciés pour abus en 2019, contre 36 en 2018. En outre, 50 cas de comportements inappropriés ont été confirmés, contre 56 en 2018 (par comportements inappropriés, on entend : gestion inadéquate des personnes; relations inappropriées; comportement inapproprié ne correspondant pas aux normes sociales ou affectant la cohésion de l'équipe; utilisation de substances).

Alors que le nombre global de plaintes est en baisse de 10 % par rapport à 2018, il est encourageant de constater une augmentation du nombre de plaintes déposées par des groupes particulièrement sous-représentés dans le passé : le nombre de plaintes déposées par le personnel national est passé de 128 en 2018 à 144 en 2019. Il s'agit là d'un pas dans la bonne direction, bien que le personnel national continue d'être sous-représenté, ne constituant que 45 % de toutes les plaintes, même s'il représente plus de 90 % des effectifs MSF sur le terrain.

Le nombre de plaintes déposées par les patients de MSF et leurs soignants a également augmenté, même s'il convient de noter qu'il s'agissait d'une base très faible : de 13 en 2018 à 19 en 2019 (soit une augmentation de 46 %). Le sous-signalement des patients et de leurs soignants reste clairement un aspect sur lequel nous devons continuer de nous concentrer, pour garantir que les mécanismes sont accessibles et compris. En 2019, un certain nombre de mesures ont été prises pour remédier à la situation, notamment le développement de modules de formation du personnel et d'ateliers pour recueillir les commentaires des patients et des soignants.

Les raisons de ce sous-signalement sont similaires à celles que l’on retrouve globalement dans la société, qu’il s’agisse de la peur de ne pas être cru, du stigmate associé à l’abus et de la crainte de représailles. Cela est encore plus accentué dans les contextes de crise où MSF intervient, comme les zones de conflit, où il y a souvent une absence de mécanisme de protection pour les victimes, un niveau élevé de violence généralisée et d’impunité, et où les populations peuvent être hautement dépendantes de l’aide extérieure. La taille, le roulement et la diversité de notre personnel requièrent un effort continu pour informer et sensibiliser à la politique de MSF en matière de harcèlement et d’abus, ainsi qu'aux procédures disponibles pour les signaler.

Nous voulons continuer à construire un environnement de travail le plus exempt possible d’abus et de harcèlement, et cela engage la responsabilité de chacun. Cet engagement va de pair avec la volonté de ne pas nuire aux populations les plus vulnérables que nous aidons sur le terrain.

Nous continuons d'exhorter le personnel, les patients ou toute autre personne qui entre en contact avec MSF à signaler toute instance de comportement inacceptable à laquelle ils pourraient être exposés.

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