Vue de la porte d’entrée du centre d’urgence de Turgeau, géré par MSF, situé dans le centre de Port-au-Prince. Haïti, 2023. © Alexandre Marcou/MSF
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Haïti : escalade de violence dans le quartier de Bel Air, à Port-au-Prince

MSF appelle à la protection des personnes civiles et des installations médicales.

Médecins Sans Frontières (MSF) est extrêmement préoccupée par l’intensification récente des affrontements entre la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les groupes armés dans le quartier de Bel Air, à Port-au-Prince.

Dans cette zone de la capitale, où aucun autre service médical n’est disponible, les équipes de MSF assurent habituellement une clinique un jour par semaine. De plus, des membres du personnel de santé communautaire volontaires y sont présents chaque jour pour offrir des soins de base et transférer les personnes qui ont besoin de soins spécialisés.

Le mardi 6 janvier, le bâtiment scolaire dans lequel MSF poursuit ses activités médicales s’est transformé en champ de bataille lors d’affrontements particulièrement violents entre les membres d’un groupe armé et la PNH. Sept volontaires communautaires y ont été piégés pendant plusieurs heures avant de réussir à s’échapper.

« Les interventions médicales que nous réalisons à Bel Air et Bas Delmas permettent d’offrir des soins essentiels à plusieurs milliers de personnes chaque mois, qui, sans ces cliniques, seraient totalement privées d’accès aux services de santé. »

– Nicholas Tessier, responsable des programmes de MSF en Haïti

Ces événements ont également coûté la vie à un ancien volontaire communautaire qui avait collaboré avec MSF en 2025. Grièvement blessé, il s’est présenté à la clinique quelques minutes après l’évacuation du personnel volontaire. Faute de pouvoir y recevoir les premiers soins, il a succombé à ses blessures devant le portail du bâtiment. Ce n’est malheureusement pas un cas isolé.

La violence croissante met en danger les milliers de personnes vivant dans ce quartier et compromet grandement leur accès aux soins de santé. MSF appelle toutes les parties à respecter les structures médicales et leur personnel, les patients et patientes ainsi que les personnes civiles.

« Les interventions médicales que nous réalisons à Bel Air et Bas Delmas permettent d’offrir des soins essentiels à plusieurs milliers de personnes chaque mois, qui, sans ces cliniques, seraient totalement privées d’accès aux services de santé », explique Nicholas Tessier, responsable des programmes de MSF en Haïti. « Aujourd’hui, en raison de ce nouvel épisode de violence, nous sommes contraints de suspendre toutes nos activités dans Bel Air jusqu’à nouvel ordre. »