Un membre du personnel de MSF aide un membre du personnel infirmier à enfiler un équipement de protection individuelle complet dans une zone désignée du centre de traitement d’Ebola d’Elikya, à Bunia, dans la province d’Ituri. République démocratique du Congo, 2026. © Anna Schönhofer/MSF
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République démocratique du Congo : la propagation rapide de l’épidémie d’Ebola est « extrêmement préoccupante »

Alors que le directeur général de l’OMS se rend à Bunia, MSF appelle à une action rapide pour répondre aux besoins des communautés touchées.

Alors que le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreysus, se rend à Bunia, en République Démocratique du Congo (RDC), Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur le niveau de soutien actuellement insuffisant pour répondre à l’épidémie de maladie Ebola.

Déclaration de Alan Gonzalez, médecin et directeur adjoint des opérations de MSF

Deux semaines après que l’épidémie de maladie Ebola a été déclarée dans la province de l’Ituri, la situation sur place reste extrêmement préoccupante. Elle constitue une source légitime d’inquiétude, tant pour les communautés que pour les membres du personnel de la santé de première ligne.

Jamais autant de cas n’avaient été enregistrés dans les premiers jours de la déclaration d’une épidémie de maladie Ebola. Et comme l’ensemble des personnes vivant dans les zones affectées, les équipes de MSF constatent que la réponse n’est pas encore en phase avec la vitesse de propagation de la maladie.

Contrairement à la plupart des précédentes épidémies de maladie Ebola, celle-ci est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe encore ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Son diagnostic est par ailleurs particulièrement difficile en raison des capacités de dépistage limitées.

La réalité aujourd’hui est que personne ne connaît l’ampleur ni la gravité exacte de cette épidémie. De nouveaux cas suspects sont signalés chaque jour, mais des centaines d’échantillons restent encore à analyser.

Dans le même temps, des contraintes majeures comme des fermetures de frontières et d’aéroports continuent de retarder l’acheminement de fournitures médicales essentielles, d’aide humanitaire et de personnel spécialisé.

Nous savons d’expérience que ces mesures entravent fortement la réponse à l’épidémie et isolent des pays qui ont un besoin urgent de soutien international. L’épidémie actuelle illustre ces conséquences de manière particulièrement frappante.

Le nombre d’organisations médicales expertes déployées sur le terrain reste encore largement insuffisant, et le niveau de soutien actuellement apporté – y compris le nôtre – est très en deçà des besoins.

Les communautés ont besoin de toute urgence d’une réponse à la hauteur de la crise à laquelle elles sont confrontées.

Pour parvenir à contrôler – même partiellement – la situation, il est indispensable d’accroître immédiatement les capacités de dépistage.

Cette mesure doit s’accompagner d’un renforcement rapide, coordonné et adapté de l’ensemble de la réponse, soutenu par des organisations médicales et humanitaires expérimentées. En outre, un accès garanti et durable permettant l’entrée rapide des fournitures médicales et des membres du personnel humanitaire dans les zones affectées est également nécessaire.

Cette épidémie survient dans un contexte où les besoins médicaux étaient déjà immenses. Dans la situation actuelle, d’autres problèmes de santé risquent d’être négligés. De nombreuses structures de santé sont débordées et l’accès aux soins courants, non liés à Ebola, est perturbé. De plus, beaucoup de personnes restent chez elles, trop effrayées pour consulter.

La réponse à cette épidémie ne pourra pas réussir si elle est imposée aux communautés plutôt que construite avec elles. Chaque aspect de la réponse doit reposer sur un dialogue permanent avec les communautés : écouter leurs préoccupations, répondre aux peurs et à la désinformation, et instaurer la confiance afin que les personnes se sentent en sécurité lorsqu’elles recherchent des soins. La confiance et la participation active des communautés sont essentielles pour contrôler la propagation de la maladie et préserver des vies.

En fin de compte, l’efficacité de la réponse dépendra de la confiance que les communautés lui accorderont.