Urgence Ebola
En République démocratique du Congo (RDC), les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) interviennent pour aider à endiguer la flambée soudaine de cas de maladie à virus Ebola.
À ce jour, plus de 900 cas suspects et 223 décès ont été signalés en RDC, ainsi que neuf cas de l’autre côté de la frontière, en Ouganda. L’épicentre de l’épidémie se situe dans la province d’Ituri, à l’est de la RDC.
Contrairement à la plupart des épidémies de maladie Ebola précédentes, celle-ci est causée par le virus Bundibugyo. Il entraîne la mort de près de 40 % des personnes infectées, ce qui le rend moins mortel que le virus Ebola plus courant.
Il n’existe cependant ni vaccin ni traitement homologués contre ce virus, ce qui rend le rend particulièrement difficile à combattre.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que la situation constituait désormais une « urgence de santé publique de portée internationale ».
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DONNEZ DÈS MAINTENANTDernières nouvelles : comment MSF répond-elle à l’épidémie de maladie à virus Ebola?
Les équipes de MSF comptent souvent parmi les premières à intervenir lors d’une épidémie. Pourquoi? Parce que nous sommes déjà sur place. MSF est présente en RDC depuis 1977, où elle offre des soins de santé essentiels malgré les conflits, les catastrophes et les épidémies.
À l’heure actuelle, des centaines de nos collègues répondent à l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit dans l’est de la RDC.

- Le 9 mai, MSF a reçu des signalements de décès liés à une « fièvre hémorragique virale présumée » qui se propage depuis début avril. Nous avons dépêché une équipe sur place pour enquêter avec le ministère de la Santé. Depuis, nous avons confirmé des cas suspects dans plusieurs villes et mis en place des unités d’isolement temporaires pour les personnes touchées.
- Nos équipes médicales et logistiques travaillent déjà sans relâche pour préparer une intervention d’urgence à grande échelle en RDC, en collaboration avec les autorités sanitaires congolaises.
- Des fournitures médicales et équipements essentiels sont en route vers les zones touchées depuis la capitale Kinshasa, l’Ouganda et l’Europe. Le 19 mai, 3 000 trousses d’équipements de protection individuelle (EPI) sont arrivées à Bunia. Elles comprennent entre autres des gants, des masques, des lunettes, des blouses et des bottes de protection. Quelques 60 000 trousses d’EPI supplémentaires devraient arriver sous peu.
- Des membres du personnel de MSF expérimentés dans la lutte contre les épidémies de maladie Ebola sont envoyés en RDC pour mettre en place une intervention d’urgence. Ils apporteront leur soutien aux projets médicaux existants et répondront aux nouvelles alertes dans les zones environnantes. À Goma, MSF mettra en place et gérera un centre de traitement d’Ebola si nécessaire.
- Nous veillerons à ce que des mesures strictes de prévention des infections soient mises en place dans nos projets et dans les structures médicales en RDC. Nous devons protéger les patients et patientes ainsi que le personnel, et assurer la continuité des soins médicaux.
- La réponse de MSF à la maladie à virus Ebola repose sur six piliers :
- l’isolement et le traitement des personnes infectées,
- la recherche et le suivi des personnes avec lesquelles elles ont été en contact,
- la sensibilisation des communautés à la maladie (mesures préventives, où se faire soigner, etc.),
- l’organisation d’enterrements dignes et sécurisés,
- la détection proactive de nouveaux cas et le soutien aux structures de santé existantes.

Qu’est-ce que la maladie à virus Ebola?
La maladie à virus Ebola est une maladie rare, mais mortelle. Jusqu’à 90 % des personnes infectées peuvent en mourir.
Les virus les plus connus du genre Ebola sont le virus Ebola, le virus Soudan et le virus Bundibugyo. Il existe un traitement approuvé et un vaccin préventif contre le virus Ebola. Toutefois, l’épidémie déclarée actuellement en RDC est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement homologué.
Le diagnostic peut s’avérer difficile à établir, car les premiers symptômes, comme la fièvre et les maux de gorge, sont courants. Pour confirmer un diagnostic de maladie à virus Ebola, il est nécessaire de réaliser des tests spécifiques. Ceux-ci nécessitent des tests adaptés non pas à la maladie en soi, mais à chaque virus en particulier afin de le détecter. Or, il y a actuellement une pénurie de trousses de dépistage pour le virus Bundibugyo. Cela ralentit considérablement la confirmation des cas et, par conséquent, la recherche des contacts et l’isolement des personnes infectées.
La maladie à virus Ebola est hautement contagieuse et peut se transmettre aussi bien par les animaux que par les humains. La transmission interhumaine se fait par contact étroit avec le sang, les sécrétions ou d’autres liquides organiques de personnes infectées. C’est pourquoi il est indispensable de porter un équipement de protection individuelle complet pour éviter de contracter ou de propager le virus.
Les équipes médicales peuvent offrir aux patients et patientes les meilleures chances de survie en les aidant à gérer les symptômes du virus et en traitant les autres maladies dont ils pourraient souffrir.
Une fois qu’une personne s’est remise de la maladie, elle est immunisée contre la souche du virus qu’elle a contractée.

Réponse de MSF à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest
Entre fin 2013 et 2016, en Afrique de l’Ouest, une épidémie de maladie à virus Ebola s’est transformée en une urgence internationale majeure. En raison de la gravité de l’épidémie, MSF a lancé l’une des plus grandes interventions d’urgence de son histoire.
MSF est intervenue dans les trois pays les plus touchés – la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria – ainsi qu’au Nigéria, au Sénégal et au Mali afin de freiner la propagation de la maladie.
Au plus fort de l’épidémie, près de 4 000 membres du personnel de la santé local et plus de 325 membres du personnel international de MSF travaillaient dans des centres de traitement d’Ebola. Ils assuraient également la surveillance, la recherche des contacts, la promotion de la santé et en apportaient un soutien psychologique.
MSF a admis 10 310 personnes dans ses centres de traitement d’Ebola, dont 5 201 cas confirmés, ce qui représente un tiers de l’ensemble des cas confirmés par l’OMS.