Victoire, atteint de la maladie à virus Ebola, reçoit la visite quotidienne de son épouse, Kasoki, au centre de traitement de Kitatumba, à Butembo. République démocratique du Congo, 2026. © Elio Parfait/MSF
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République démocratique du Congo : accompagner les personnes atteintes de la maladie Ebola et leurs proches

Au centre de traitement d’Ebola de MSF à Butembo, les personnes atteintes de la maladie et leurs proches, comme Kasoki Zawadi et son épouse, peuvent rester en contact et recevoir un soutien psychologique.

Kasoki Zawadi est assise devant une vitre qui la sépare de son mari, Victoire, qui sourit par moments. Il est hospitalisé depuis 13 jours au centre de traitement d’Ebola (CTE) de Kitatumba, à Butembo, dans le Nord-Kivu. 

Entre mai et le 22 octobre 2026, 1 472 cas ont été confirmés et 735 décès ont été recensés dans ce CTE géré par Médecins Sans Frontières (MSF). 

L’épidémie touche des communautés déjà confrontées à l’insécurité et aux difficultés économiques. De nombreuses familles accueillent des proches qui ont fui les affrontements dans les régions voisines. Il est devenu difficile de se déplacer et les commerces ont réduit leurs activités, ce qui complique davantage leur quotidien. 

Au CTE de Butembo, les équipes de MSF accompagnent les personnes atteintes de la maladie Ebola et leurs proches. Elles les aident à surmonter la peur et l’incertitude dans l’attente des résultats des tests. 

Chaque matin, Kasoki arrive vers 6 h 30 et reste jusqu’à 18 h 30. Son beau-frère prend le relais pour la nuit. « Nous parvenons à parler malgré la vitre », raconte-t-elle. « Nous pouvons nous voir, et la communication soulage. » 

Enseignante, elle a cessé de travailler depuis l’hospitalisation de son mari. Leurs familles les aident à subvenir à leurs besoins. Elle s’inquiète aussi pour sa propre santé. Lorsqu’elle quitte le centre, la séparation lui pèse. 

« Le soir, quand je rentre et que je ne vois pas mon mari, j’ai du mal à dormir », explique-t-elle. 

Quelques jours plus tard, Kasoki raconte qu’un résultat négatif leur avait fait espérer un retour à la maison. Toutefois, un nouveau résultat positif a prolongé l’hospitalisation de son mari. 

« Quand il a de nouveau été testé positif, nous étions épuisés moralement et physiquement », dit-elle. « Heureusement, grâce au soutien des psychologues, nous avons retrouvé notre calme et continué à attendre. » 

Rester en contact pendant l’hospitalisation 

La maladie à virus Ebola et l’hospitalisation peuvent être éprouvantes, tant pour les personnes atteintes comme pour leurs proches. Patrice Muyisa Kokotz est superviseur des activités de santé mentale à Butembo. Avec son équipe, il leur offre un soutien psychologique. Il mentionne que de nombreuses personnes craignent à la fois la maladie et ce qui les attend au centre de traitement. Certaines redoutent notamment que l’isolement signifie qu’elles seront abandonnées. 

« Nous leur laissons le temps de s’exprimer, de parler de leur passé et de leurs émotions », explique Patrice Muyisa Kokotz. L’équipe de santé mentale leur explique le fonctionnement du centre, les soins offerts et le déroulement des visites. Selon lui, voir d’autres personnes hospitalisées avec leurs proches rassure les familles. 

« La maladie à virus Ebola est traumatisante et brutale », explique Rachel Kashimoto, psychologue clinicienne chez MSF à Beni, au Nord-Kivu. « La personne atteinte est stressée, elle a l’impression que la mort peut survenir à tout moment. Lorsqu’elle est bien accompagnée et soutenue sur le plan psychologique, son état physique peut également s’améliorer. En gardant espoir et en suivant les recommandations du personnel médical, elle peut parfois se rétablir plus rapidement. » 

Accompagner le retour à la maison 

Victoire, un survivant de la maladie Ebola, est de nouveau réuni avec son épouse Kasoki. République démocratique du Congo, 2026. © Elio Parfait/MSF 

Le soutien psychologique ne s’arrête pas à la sortie du CTE. « Nous organisons des consultations individuelles, mais aussi des échanges de groupe », explique Phoebe Zueya Yonkeu, responsable des activités de santé mentale du centre de traitement d’Ebola de MSF à Mongbwalu, en Ituri. « Plusieurs personnes confient avoir vécu de la stigmatisation quand elles sont rentrées chez elles, avoir perdu leur emploi ou avoir été rejetées par leur communauté, qui les croyait toujours contagieuses. D’autres éprouvent de la culpabilité vis-à-vis de leurs proches qui n’ont pas survécu à la maladie et se demandent même si elles ne sont pas celles qui les ont contaminés. » 

Malgré la  
stigmatisation et le traumatisme associé au fait d’avoir frôlé la mort, le retour à la maison n’est pas toujours simple. Il procure néanmoins un immense soulagement aux personnes survivantes comme à leurs proches. 

À Butembo, Victoire en est à son vingt-troisième jour d’hospitalisation. Après deux nouveaux tests négatifs consécutifs, le couple apprend qu’il peut enfin rentrer à la maison. 

« La présence de Kasoki fait vraiment partie de mes soins », déclare Victoire. « La voir me réconforte et mon stress diminue alors. »