Des membres du personnel de MSF se préparent à pénétrer dans la zone à haut risque du centre de traitement d’Ebola de l’hôpital général de Mongbwalu. République démocratique du Congo, 2026. © Alexis Huguet/MSF
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République démocratique du Congo : deux mois après le début de l’épidémie de maladie Ebola, le virus se propage à un rythme alarmant

MSF appelle à une intensification de la réponse médicale internationale dans la province d’Ituri, épicentre de l’épidémie.

Deux mois après la déclaration officielle de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), Médecins Sans Frontières (MSF) appelle de toute urgence à une intensification de la réponse médicale internationale. L’épidémie continue de se propager à un rythme sans précédent et dans de nouvelles zones, tandis que les efforts pour la maîtriser restent insuffisants. À ce jour, près de 2 000 cas ont été confirmés et plus de 700 personnes sont décédées des suites de la maladie.

« Nous continuons de rattraper l’épidémie au lieu de garder une longueur d’avance sur elle », explique Trish Newport, responsable du programme d’urgence de MSF. « De plus en plus de personnes sont infectées, de plus en plus de familles perdent des proches, et la situation devient de plus en plus difficile à maîtriser. Nous avons besoin d’une action internationale plus forte et mieux coordonnée pour agir plus rapidement et améliorer l’accès aux soins liés à Ebola ainsi qu’aux autres services de santé essentiels. Chaque retard coûte des vies. »

En l’espace de deux mois seulement, l’épidémie actuelle de maladie Ebola, causée par le virus Bundibugyo, est devenue la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée. C’est également celle qui connaît la progression la plus rapide. En moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, passant de 650 à près de 2 000 au 12 juillet. Le nombre de décès a plus que quintuplé, passant de 130 à plus de 700. Le nombre de cas a déjà dépassé de moitié le nombre enregistré lors de la précédente épidémie de maladie Ebola en RDC, qui a duré près de deux ans, de 2018 à 2020.

« Depuis le début de l’intervention de MSF, nous avons soigné 57 personnes qui ont survécu à la maladie [Ebola], mais plus de 110 personnes en sont décédées. Un accroissement des ressources nationales et internationales contribuerait à prévenir la propagation du virus et de nouvelles pertes en vies humaines. » 

– Ayokunnu Raji, médecin et responsable des programmes médicaux de MSF

C’est dans la province d’Ituri, épicentre de l’épidémie, que se concentrent environ 90 % de tous les cas confirmés. La situation est cependant alarmante, car l’épidémie continue de s’étendre géographiquement. Des communautés situées en dehors des grandes zones urbaines restent privées d’un soutien adéquat, car l’accès aux soins médicaux est limité. Le système de surveillance est débordé et les centres de traitement opèrent sous une pression croissante.

MSF appelle donc de toute urgence les autorités sanitaires et les organisations humanitaires à accroître les ressources allouées à tous les volets de la réponse à l’épidémie : mobilisation communautaire, surveillance, dépistage et diagnostic, traitement des personnes infectées et accompagnement des personnes survivantes. Il est également essentiel d’assurer la gestion des dépouilles et des enterrements dans le respect de la sécurité et de la dignité, et d’assurer la continuité des soins essentiels autres que liés à la maladie à virus Ebola.

Un membre du personnel infirmier de MSF communique depuis la zone à haut risque avec deux collègues au sujet d’une personne récemment admise au centre de traitement d’Ebola de l’hôpital général de Mongbwalu. République démocratique du Congo, 2026. © Alexis Huguet/MSF

« À Mongbwalu, nous constatons chaque jour les conséquences mortelles de ces lacunes sur les communautés », explique Ayokunnu Raji, médecin et responsable des programmes médicaux de MSF. « Au centre de traitement d’Ebola, nous continuons à voir arriver des personnes dans un état critique, avec peu de chances de survie. Depuis le début de l’intervention de MSF, nous avons soigné 57 personnes qui ont survécu à la maladie, mais plus de 110 personnes en sont décédées. Un accroissement des ressources nationales et internationales contribuerait à prévenir la propagation du virus et de nouvelles pertes en vies humaines. »

« À Bunia, le centre de traitement d’Ebola d’Elikiya, doté de 90 lits, fonctionne presque toujours à plein rendement », explique Sylvie Kaczmarczyk, coordonnatrice des urgences de MSF dans cette localité. « Les gens nous disent régulièrement qu’ils préfèrent attendre chez eux et ne venir que lorsqu’un lit se libère. Par conséquent, nous continuons à accueillir des personnes qui arrivent trop tard et qui sont déjà dans un état critique. Il est déchirant de savoir que bon nombre de ces décès auraient pu être évités grâce à un diagnostic plus précoce et à un accès rapide aux soins et aux traitements. »

Dieudonné Tutu, responsable logistique de MSF, s’entretient avec des ouvriers lors des travaux d’agrandissement du centre de traitement d’Ebola à Bunia. Les équipes construisent de nouvelles structures en bois destinées à accueillir des systèmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène supplémentaires. République démocratique du Congo, 2026. © Anna Schönhofer/MSF

Rapprocher la réponse des communautés

Bien que d’autres organisations médicales travaillent aux côtés du ministère de la Santé dans l’est de la RDC, d’importantes lacunes subsistent.

Le système de surveillance de la RDC est conçu pour détecter les cas à un stade précoce grâce à de solides réseaux communautaires et au système de santé local. Cependant, l’épidémie actuelle de maladie Ebola, combinée à de multiples autres urgences sanitaires, a poussé le système à ses limites.

« Seule une réponse médicale solide, dotée de ressources suffisantes à la hauteur des besoins, peut empêcher cette épidémie de se transformer en une crise que nous ne serons plus en mesure de contenir. Pour y parvenir, un soutien international accru est nécessaire de toute urgence. »

– Trish Newport, responsable du programme d’urgence de MSF

Il est essentiel de rapprocher la réponse des communautés tout en renforçant l’intervention médicale et le système de surveillance, afin que les cas puissent être détectés et isolés le plus tôt possible. Les efforts doivent également se poursuivre pour étendre le dépistage, la recherche des contacts et l’implication des communautés.

Un membre de l’équipe d’hygiénistes de MSF enfile son équipement de protection individuelle avec l’aide de collègues avant d’entrer dans le centre de santé de Sayo, à Mongbwalu, pour décontaminer plusieurs salles. République démocratique du Congo, 2026. © Alexis Huguet/MSF
Deux membres du personnel de MSF transportent sur une civière une personne infectée, après son transfert en ambulance au centre de traitement d’Ebola de l’hôpital général de Mongbwalu. République démocratique du Congo, 2026. © Alexis Huguet/MSF

Une crise au cœur de multiples urgences

Cette épidémie de maladie à virus Ebola sévit dans un contexte de conflit armé, de déplacements et de multiples urgences sanitaires simultanées. L’insécurité continue de restreindre l’accès du personnel humanitaire à certaines communautés. En parallèle, les équipes de MSF répondent à d’autres besoins médicaux urgents, notamment liés au choléra et au paludisme. La saison des pluies qui approche devrait entraîner une recrudescence des cas de paludisme, ce qui mettra une pression supplémentaire sur un système de santé déjà débordé.

Il est essentiel d’intensifier les efforts pour améliorer l’accès aux soins contre liés à Ebola. Mais il est tout aussi important d’assurer le maintien d’autres formes d’assistance humanitaire de base, notamment en santé, eau et assainissement.

« Nous ne pouvons pas continuer à répondre à l’épidémie avec les mêmes ressources limitées alors qu’elle continue de nous dépasser », déclare Trish Newport. « Seule une réponse médicale solide, dotée de ressources suffisantes à la hauteur des besoins, peut empêcher cette épidémie de se transformer en une crise que nous ne serons plus en mesure de contenir. Pour y parvenir, un soutien international accru est nécessaire de toute urgence. »

Réponse de MSF à l’épidémie de maladie à virus Ebola

MSF gère actuellement 7 centres de traitement d’Ebola et plus de 15 unités d’isolement dans les provinces de l’Ituri, du Tshopo, du Nord et du Sud-Kivu. Au total, nous avons une capacité de plus de 430 lits. Des structures d’isolement et de soins supplémentaires sont actuellement mises en place dans toutes les provinces touchées.

Au 14 juillet, les équipes de MSF ont admis plus de 968 personnes, dont 357 cas confirmés. Nos équipes ont soigné 116 personnes atteintes de la maladie et les ont accompagnées tout au long de leur rétablissement.

En collaboration avec le ministère de la Santé, nous menons un large éventail d’activités essentielles : mobilisation communautaire, soutien aux activités de surveillance, et formation du personnel de santé à la prévention et au contrôle des infections. Nous assurons l’approvisionnement des structures de santé. Jusqu’ici, nous avons acheminé des centaines de tonnes de matériel médical et de fournitures depuis Kinshasa et l’étranger.

À l’heure actuelle, plus de 2 200 personnes participent actuellement à la réponse de MSF à Ebola, dont 800 membres du personnel du ministère de la Santé.

Les activités de MSF en RDC

  • Soins chirurgicaux aux personnes blessées lors d’actes de violence
  • Traitement de la malnutrition
  • Traitement du VIH et de la tuberculose
  • Soins de santé sexuelle et reproductive
  • Soins maternels et pédiatriques
  • Prévention et traitement du paludisme
  • Prévention, surveillance et réponse aux épidémies
  • Soutien en santé mentale

Les équipes de MSF répondent aussi à d’autres épidémies de maladies évitables, notamment de choléra et de rougeole.