Médecins Sans Frontières : le budget fédéral canadien de 2026 ne fait aucune mention de l’action humanitaire
Alors que les besoins humanitaires ne cessent de croître à travers le monde, les engagements du Canada en matière d’aide internationale brillent par leur absence dans le budget de 2026.
Aucune mention de l’aide humanitaire internationale
Médecins Sans Frontières (MSF) est profondément déçue du silence du budget fédéral à l’égard de l’action humanitaire. Le budget fédéral 2026 du gouvernement canadien ne fait aucune mention de l’aide humanitaire internationale ni de la santé mondiale. Cela est profondément préoccupant dans le contexte où les compressions budgétaires internationales ont déjà décimé le soutien dont les personnes touchées par des crises ont cruellement besoin pour assurer leur survie.
Ces omissions interviennent malgré les recommandations du Comité permanent des finances du gouvernement pour le budget de 2026. Celles-ci préconisaient une aide humanitaire prévisible, souple et adaptée aux besoins, notamment pour Gaza et la République démocratique du Congo. Elles font également suite à des réductions de l’assistance de plus de 2 milliards de dollars déjà annoncées dans le budget de l’année dernière. Cela laisse entendre que le Canada s’éloigne de son rôle de chef de file de longue date en matière de réponse aux besoins sanitaires et humanitaires internationaux. Pour un gouvernement qui s’est fait un devoir d’appeler les autres pays à se joindre à lui pour défendre les normes mondiales et les valeurs communes, il s’agirait là d’un recul frappant.
Un peu partout à travers le monde, les conflits se multiplient, de nouvelles crises surgissent et ce sont les personnes civiles qui continuent d’en payer le prix. MSF est un témoin direct de l’impact de ces événements. C’est pourquoi nous appelons le Canada à rétablir son budget d’aide humanitaire internationale à un niveau au minimum égal à celui de 1,3 milliard de dollars atteint en 2022-2023.
Dans les jours à venir, le Canada devrait indiquer clairement quelles sont ses intentions en matière de santé mondiale et de besoins humanitaires. Le Canada doit également réaffirmer son soutien aux communautés confrontées à des situations de crise en prenant un engagement financier précis en faveur de l’aide internationale.
Autres recommandations de MSF
L’augmentation du financement humanitaire n’était pas la seule recommandation formulée par MSF dans le mémoire prébudgétaire adressé au gouvernement fédéral. Nous avons également appelé le Canada à assurer le financement nécessaire pour faire respecter le droit humanitaire et protéger la prestation des soins médicaux dans les zones de conflit à travers le monde, en honorant tous ses engagements pris en vertu de la résolution 2286 du Conseil de sécurité de l’ONU. Bien que le Canada continue d’exprimer publiquement son soutien à un ordre mondial fondé sur des règles, cet aspect n’apparaît nulle part dans le budget.
En ce qui concerne l’accès aux médicaments, ce budget ne mentionne pas non plus que le Canada consacre des fonds à la fabrication de vaccins ou de médicaments présentant une grande valeur pour la santé publique, mais peu d’attrait commercial, comme MSF l’a toujours recommandé. Cela pourrait se faire en utilisant les installations de fabrication publiques du Canada, notamment le Centre de fabrication de produits biologiques de Montréal, construit en 2021 avec la promesse de produire 24 millions de doses de vaccin par année. Pourtant, à ce jour, cette installation publique n’a rien produit du tout.
MSF a également demandé que les investissements publics du Canada dans la recherche et le développement médicaux accordent la priorité à la santé publique plutôt qu’aux profits privés. Bien que ce budget contienne des mesures visant à accroître l’innovation et la commercialisation en matière de recherche et développement, il ne fait aucune mention de l’inclusion d’obligations contraignantes relatives au financement public de la recherche en santé. Celles-ci garantiraient pourtant que les produits commerciaux qui en découlent soient abordables et accessibles pour les personnes qui en ont réellement le plus besoin, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde.