Des membres de l’équipe médicale de MSF travaillent dans une clinique spécialisée pour enfants atteints de diabète de type 1 au Caire, en soutien à la Fondation caritative Ibrahim A. Badran, afin d’intégrer la sécurité des patients et patientes à toutes les étapes des soins. Égypte, 2026. © MSF
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Journée mondiale de la sécurité des patients et patientes : des soins sûrs pour les personnes vivant avec des maladies chroniques

MSF soutient les personnes atteintes de maladies chroniques pour qu’elles puissent prendre soin d’elles de manière sûre, malgré les conflits, les déplacements et les obstacles à l’accès aux soins.

Les personnes atteintes de maladies non transmissibles ont souvent besoin de soins continus et de longue durée. Cependant, dans les contextes humanitaires, les conflits, les déplacements et d’autres obstacles peuvent entraver l’accès aux soins de santé. Cela complique le traitement des maladies chroniques et compromet la sécurité des patients et patientes.

En 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) a assuré 264 711 consultations médicales pour des personnes souffrant d’hypertension et 219 982 consultations pour des personnes atteintes de diabète à travers le monde.

« La sécurité des patients et patientes est particulièrement importante pour les personnes atteintes de maladies non transmissibles, car ces pathologies nécessitent des soins à long terme, réguliers et adaptés. »

– Belal Hussein Mohamed, superviseur de l’équipe infirmière de MSF au Soudan

Sécurité des patients et patientes : en quoi ça consiste et pourquoi c’est important

La sécurité des patients et patientes repose sur la prestation de soins médicaux visant à minimiser les erreurs médicales et à réduire les préjudices évitables. Pour les personnes atteintes de maladies non transmissibles, la sécurité implique également un accès continu aux soins afin de limiter les interruptions de traitement ou de médication susceptibles d’entraîner de graves complications.

Dans les pays où les communautés sont confrontées à des crises humanitaires, comme la guerre, les déplacements et les épidémies, les gens sont souvent confrontés à des enjeux financiers, sécuritaires et de transport. D’autres facteurs peuvent encore réduire leur capacité à poursuivre leur traitement : faiblesse des infrastructures (dont les coupures de courant fréquentes), manque de connaissances en santé et accès limité aux soins.

« La sécurité des patients et patientes est particulièrement importante pour les personnes atteintes de maladies non transmissibles, car ces pathologies nécessitent des soins à long terme, réguliers et adaptés », explique Belal Hussein Mohamed, superviseur de l’équipe infirmière de MSF au Soudan. « Même des interruptions mineures du traitement peuvent entraîner de graves complications. »

Les équipes de MSF travaillent dans des contextes complexes et aux ressources limitées. Cela implique donc d’adapter les soins aux circonstances, tout en plaçant la sécurité des patients et patientes au cœur de la prestation de soins.

« Nous ne disposons pas toujours des ressources que nous souhaiterions. Mais nous pouvons toujours nous efforcer de rendre les soins que nous prodiguons plus sûrs », explique Sarah Cross, responsable de la mise en œuvre de la qualité des soins chez MSF.

Les défis liés à la sécurité des personnes ne se limitent pas à un seul contexte. Les diverses zones de crises humanitaires où MSF intervient sont notamment touchées par des conflits, des épidémies, des catastrophes et un accès limité aux soins de santé. Nos équipes s’efforcent d’adapter la prise en charge des maladies non transmissibles aux réalités auxquelles les personnes sont confrontées. En Égypte et au Liban, par exemple, cet engagement se traduit par des actions concrètes et des solutions adaptées aux besoins des personnes et à leur environnement.

Une membre du personnel médical de MSF mène une consultation avec un enfant et une de ses proches dans une clinique spécialisée pour les enfants atteints de diabète de type 1 au Caire. Égypte, 2026. © MSF

La sécurité des patients et patientes dans la pratique : le cas de l’Égypte

Au Caire, la capitale égyptienne, MSF soutient une clinique spécialisée pour les enfants atteints de diabète de type 1, en collaboration avec la Fondation caritative Ibrahim A. Badran. Nos équipes travaillent à intégrer la sécurité des patients et patientes à toutes les étapes des soins.

Le programme adopte une approche intégrée axée sur quatre domaines : chaîne du froid et transport, autonomisation et éducation, soins intégrés, et sécurité opérationnelle. Ce programme comprend des mesures pour transporter et conserver l’insuline en toute sécurité, ainsi que la sensibilisation des patients et patientes et de leurs proches à la prise en charge du diabète de type 1. Le suivi médical s’accompagne d’un soutien psychosocial et de mesures de sécurité opérationnelle : vérification des dossiers médicaux et des ordonnances, réalisation d’audits réguliers et mise en place de circuits de prise en charge.

Ensemble, ces mesures garantissent la sécurité des patients et patientes à chaque étape des soins, de l’éducation à la santé et l’évaluation médicale à l’approvisionnement en insuline et au suivi. Dans le cadre de ce programme, nos équipes accompagnent plus de 200 enfants.

La sécurité des patients et patientes dans la pratique : le cas du Liban

À Baalbek-Hermel, dans l’est du Liban, MSF assure depuis des années le traitement des maladies chroniques. Ces services s’adressent à l’ensemble de la communauté, qu’il s’agisse de personnes libanaises ou réfugiées syriennes.

Le cas d’un enfant atteint de diabète de type 1 nous a montré à quel point les conditions de vie peuvent avoir un impact direct sur le traitement. Lors de son suivi, notre équipe a constaté que 70 % des mesures de glycémie de l’enfant sur une période de deux semaines étaient supérieures au seuil cible.

Dans cette région du pays, les températures estivales peuvent dépasser les 40 °C. Les coupures d’électricité et le manque de ressources rendent difficile le maintien des médicaments à une température stable.

« La sécurité des patients et patientes n’est pas une responsabilité supplémentaire. C’est le fondement même de soins de qualité. »

– Haruna Yohanna, superviseur de l’équipe infirmière de MSF spécialisée dans le noma

Après une enquête plus approfondie, il est apparu que la famille ne disposait pas de réfrigérateur pour conserver l’insuline. Le médicament était donc exposé à des températures élevées, et son aspect avait également changé, ce qui soulevait des inquiétudes quant à son efficacité.

Ce cas met en lumière un aspect fondamental de la sécurité des patients et patientes : la prise en charge sûre des personnes atteintes de maladies chroniques ne se limite pas aux soins qu’elles reçoivent dans une structure de santé ou à l’accès aux médicaments. Elle s’étend également à la manière dont elles peuvent suivre leur traitement à domicile de manière sûre.

En réponse, MSF a mis en place l’utilisation de pots en argile comme solution de conservation alternative pour les personnes n’ayant pas accès à un réfrigérateur. Ces pots fonctionnent selon le principe du refroidissement par évaporation : l’eau s’évapore lentement à travers l’argile poreuse, ce qui contribue à abaisser la température interne sans nécessiter d’électricité ni d’équipement spécialisé. Cette méthode s’appuie sur une pratique domestique familière et ancestrale de la région. Les patients et patientes ainsi que leurs proches comprennent et font donc confiance à ce procédé, ce qui favorise son utilisation régulière et correcte à domicile.

Les directives de MSF concernant le stockage de l’insuline en situation d’urgence recommandent de la conserver dans un endroit frais, à l’abri de la lumière directe du soleil. Lorsqu’un pot en terre cuite est disponible, l’insuline peut y être placée pour la maintenir au frais. Elle peut également être enveloppée dans un tissu pour l’isoler des températures extrêmes. L’insuline ne doit jamais être placée directement dans l’eau ni être exposée au gel.

Notre intervention comprenait également des séances de sensibilisation pour le personnel de la santé et les patients et patientes. À ces derniers, il était recommandé de contacter la clinique si leur insuline avait été exposée à une chaleur excessive ou présentait des altérations anormales. Le suivi effectué par nos équipes consistait à surveiller la glycémie et à s’assurer que les conditions de stockage s’étaient améliorées.

Des soins sûrs, peu importe les circonstances

Qu’il s’agisse d’intégrer la sécurité à toutes les étapes de la prise en charge du diabète en Égypte ou de trouver une solution pratique pour le stockage de l’insuline au Liban, ces interventions s’avèrent concluantes. Elles montrent comment les mesures de sécurité des patients et patientes peuvent être adaptées à différents contextes.

Comme le souligne Haruna Yohanna, superviseur de l’équipe infirmière de MSF spécialisée dans le noma : « La sécurité des patients et patientes n’est pas une responsabilité supplémentaire. C’est le fondement même de soins de qualité. »

Chez MSF, nous croyons en des soins sûrs, en toutes circonstances.