© Paula Casado Aguirregabiria/MSF
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Haïti : l’explosion de violence à Port-au-Prince met les communautés en danger et limite l’accès aux soins

MSF appelle de toute urgence à garantir la sécurité des personnes civiles et l’accès aux structures de santé.

Tirs croisés, explosions de drones, balles perdues. Depuis plusieurs jours, la capitale haïtienne est le théâtre d’une intensification des affrontements armés. Cette escalade fait suite à la disparition de membres de la Force de répression des gangs, survenue le 18 octobre dans la zone de la Plaine de Cul-de-Sac, dans le Nord-Est de Port-au-Prince.

Depuis, Médecins Sans Frontières (MSF) a accueilli plusieurs dizaines de personnes blessées dans ses hôpitaux, dont des femmes et des enfants. Nous appelons de toute urgence les autorités et toutes les parties à épargner les personnes civiles et à garantir l’accès aux installations de santé pour toutes celles ont besoin de soins, sans distinction.

« Nous craignons que plus de personnes soient touchées et déplacées par ces affrontements armés dans les jours à venir. »

– Davina Hayles, responsable des programmes de MSF en Haïti

Entre le 18 et le 26 octobre, nos équipes ont admis 30 personnes blessées par balle ou par frappe de drones dans les hôpitaux de MSF de Tabarre et de Cité Soleil.

« Nous sommes très inquiets de cette flambée de violence dans plusieurs quartiers densément peuplés de la capitale. Parmi les personnes survivantes, nous avons reçu plusieurs femmes et des enfants. C’est terrible de les voir arriver dans nos hôpitaux, blessées par balles ou par des explosions », alerte Davina Hayles, responsable des programmes de MSF en Haïti.

Les affrontements en cours ont par ailleurs compliqué l’accès aux structures de santé. « Certaines personnes blessées par balle ont mis plusieurs heures pour atteindre nos hôpitaux. Des routes et des ponts sont bloqués, et tout déplacement est extrêmement risqué. Dans une capitale où le système de santé s’est effondré et où beaucoup de structures sont fermées, l’accès aux structures de soins ouvertes et fonctionnelles comme les nôtres doit être garanti », ajoute-t-elle.

Dans les différents quartiers touchés par les conflits armés, MSF a été contrainte de suspendre ses activités de cliniques mobiles et d’approvisionnement en eau potable. « C’est la double peine pour les personnes que l’on soigne et pour celles qui n’ont pas accès à une eau traitée dans ces quartiers de la capitale. À tout moment elles peuvent être victimes directes ou collatérales et, de surcroît, elles se retrouvent privées d’accès aux soins et à l’eau. Cette situation est terrible », affirme Davina Hayles.

« Nous craignons que plus de personnes soient touchées et déplacées par ces affrontements armés dans les jours à venir, notamment avec l’arrivée de contingents de forces de sécurité internationaux additionnels », conclut-elle. « Plusieurs de nos collègues ont été contraints de quitter leur domicile et de se réfugier dans un logement de MSF. Les personnes civiles doivent impérativement être protégées et épargnées. »

MSF exhorte les autorités et toutes les parties à garantir la sécurité des personnes civiles et l’accès aux structures de santé.