Un homme lit un livre dans le centre d’accueil d’Azarieh, soutenu par MSF, un bâtiment abandonné où des familles déplacées ont trouvé refuge au centre de Beyrouth. Liban, 2026. © Emin Ozmen/Magnum Photos
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Liban : les personnes sont privées de soins alors que les attaques israéliennes s’intensifient

L’intensification des attaques a provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes et prive les communautés de soins de santé.

Quatre semaines après le début de la dernière escalade au Liban, les bombardements incessants d’Israël et les déplacements forcés qui en résultent ont de graves répercussions sur la vie des communautés et leur accès aux services essentiels.

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à la protection des personnes civiles et des soins de santé, ainsi qu’à la fin des mesures qui forcent les gens à quitter leur foyer.

Depuis le 2 mars, les gens sont confrontés à des conditions de plus en plus désastreuses. Les attaques incessantes que mènent les forces israéliennes ont contraint plus d’un million de personnes à fuir leur foyer et perturbé l’accès aux soins de santé. Selon le ministère de la Santé, 1 039 personnes ont été tuées entre le 2 et le 23 mars, dont 12 % d’enfants.

« Nous appelons à la protection des personnes civiles et des structures médicales en toutes circonstances pour assurer la poursuite des soins de santé et d’autres services essentiels aux communautés. »

– Tejshri Shah, directrice générale de MSF

Ces opérations sont combinées à des attaques terrestres et à des frappes aériennes répétées sur des infrastructures civiles, comme des ponts dans le sud du Liban. Elles isolent les grandes villes et de nombreux villages situés au sud du fleuve Litani, ainsi que les gens qui y sont restés.

« Nous sommes inquiets pour la sécurité des personnes qui n’ont pas quitté ces zones, que ce soit par choix ou par manque de moyens », déclare Tejshri Shah, directrice générale de MSF Belgique, en visite au Liban.

« Nous appelons à la protection des personnes et des structures médicales en toutes circonstances pour assurer la poursuite des soins de santé et d’autres services essentiels aux communautés. »

Un choix impossible : demeurer chez soi ou chercher refuge

Les ordres d’évacuation émis par Israël concernent 14 % du territoire du Liban, ce qui a entraîné le déplacement d’une personne sur cinq dans le pays. Même dans les endroits éloignés des « zones d’évacuation » désignées, notamment certaines parties de Beyrouth et le sud du pays, les communautés vivent sous la menace constante de frappes aériennes et d’attaques de drones répétées.

« Je me suis enfui sans rien et je n’ai nulle part où aller. J’espérais presque vaincre le cancer. Maintenant, je passe mes nuits sous une tente dans un parc, sans savoir d’où viendra ma prochaine dose de médicaments ni comment je pourrai continuer mon traitement. »

Mohammad*, une personne déplacée au Liban

Malgré les ordres de déplacement forcé, de nombreuses personnes ont choisi de rester plutôt que d’abandonner leurs maisons et leurs villages. D’autres n’ont pas eu d’autre choix en raison de leur situation socio-économique et médicale. Cela a limité l’accès aux soins pour ces personnes, maintenant plus difficiles à atteindre par le personnel médical et humanitaire.

« Le personnel hospitalier de Nabatiyeh, qui a décidé de continuer à travailler sur place, est contraint de se réfugier à l’intérieur de l’hôpital, d’éviter les déplacements en voiture et de se mettre en sécurité », explique Luna Hammad, coordonnatrice médicale de MSF. Luna s’est récemment rendue à l’hôpital public de Nabatiyeh, l’un des établissements qui accueillent le plus de personnes blessées au Liban.

« Les membres du personnel endurent cette situation depuis des semaines, avec très peu de repos, sous le poids d’une pression et d’une peur constantes, alors que les hôpitaux continuent d’accueillir un grand nombre de personnes blessées. »

Plusieurs hôpitaux du sud du Liban restent ouverts et assurent les soins d’urgence ainsi que le transfert vers d’autres établissements. MSF les soutient en leur distribuant des fournitures médicales, du carburant pour l’électricité et des articles de première nécessité, comme des couvertures et des trousses d’hygiène.

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Un médecin de MSF utilise la lumière de son téléphone portable lors d’une consultation avec un patient dans une clinique mobile installée dans un centre pour personnes déplacées. Liban, 2026. © Emin Ozmen/Magnum Photos

Attaques contre les installations de santé et le personnel médical

En date du 23 mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait état de plus de 63 attaques contre des installations de santé, lors desquelles 40 membres du personnel de la santé ont été tués et 91 autres blessés. En outre, plus de cinq hôpitaux ont dû être évacués et plus de 54 centres de santé à travers le Liban ont dû fermer leurs portes, ce qui limite encore davantage l’accès aux services de santé essentiels.

Un homme déplacé, atteint de leucémie, s’est rendu dans l’une des cliniques mobiles de MSF. Il a décrit l’impact de l’interruption des soins médicaux après l’évacuation des hôpitaux : « Je me suis enfui sans rien et je n’ai nulle part où aller. J’espérais presque vaincre le cancer. Maintenant, je passe mes nuits sous une tente dans un parc, sans savoir d’où viendra ma prochaine dose de médicaments ni comment je pourrai continuer mon traitement. »

Dans certaines zones de Beyrouth, du Mont-Liban, du Liban du Sud et du Nord et de l’Akkar, les équipes de MSF offrent des soins de santé primaires, orientent vers des spécialistes et apportent du soutien pour que les personnes puissent poursuivre leur traitement. Malheureusement, l’accès continu aux soins spécialisés et aux thérapies de longue durée reste perturbé.

Alors que les bombardements et les déplacements se poursuivent, l’espace permettant aux personnes de survivre et aux services de santé de fonctionner se réduit de jour en jour. MSF demande instamment la protection des personnes civiles et des services de santé, ainsi que la fin des mesures qui forcent les gens à quitter indéfiniment leur foyer et les privent d’accès aux soins.