Neifa, 57, receives care from MSF’s medical team at the Ministry of Social Affairs centre in Ghobeiry, Beirut, Lebanon, on 21 May 2026. A mother of four, she fled to her daughter's home in the Bekaa valley at the beginning of the escalation and returned to Beirut as soon as the ceasefire was announced. She says she is grateful for MSF’s support and trusts the care she receives.
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Crise au Moyen-Orient : que fait MSF et comment vous pouvez aider?

Médecins Sans Frontières (MSF) s’inquiète de l’escalade dramatique du conflit dans la région du Moyen-Orient. Celle-ci intervient à la suite des frappes menées par les forces américaines et israéliennes en Iran et des représailles iraniennes qui ont suivi dans plusieurs pays. 

Le Liban et l’Iran comptent parmi les pays les plus touchés. Les personnes civiles étant les premières à subir les conséquences dévastatrices de la guerre. Les bombardements se poursuivent dans plusieurs villes et villages, touchant souvent des zones densément peuplées. Des millions de personnes ont été contraintes de fuir, souvent à plusieurs reprises. 

MSF appelle à la protection des personnes civiles, des hôpitaux, des établissements de santé et des autres infrastructures essentielles. 

COMMENT PUIS-JE AIDER MSF?

Partout au Moyen-Orient, des millions de personnes font face à des obstacles pour accéder aux soins de santé.
Votre soutien aide MSF à offrir des soins de santé aux personnes qui en ont le plus besoin.

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Quelle est la situation au Moyen-Orient et comment MSF intervient-elle? 

La guerre a eu des conséquences dévastatrices sur les personnes civiles à travers le Moyen-Orient, et en particulier au Liban et en Iran. Des milliers ont été tuées ou blessées dans toute la région, alors que des millions d’autres ont été contraintes de fuir leur foyer, souvent à plusieurs reprises. Rien qu’au Liban, plus d’un million de personnes ont été déplacées, tandis que de nombreux foyers en Iran ont également été touchés par les déplacements, les destructions et la perturbation des services essentiels. Bien que les cessez-le-feu aient apporté un certain soulagement et permis à MSF d’intensifier ses activités, la situation reste extrêmement fragile. 

Les services essentiels et les systèmes de santé sont soumis à une pression considérable. Les attaques et l’insécurité ont contraint les hôpitaux et les structures de santé à fermer ou à fonctionner avec une capacité réduite, privant ainsi les gens d’un accès aux soins et augmentant le risque de décès évitables. 

Le bilan psychologique est immense. Les déplacements répétés, l’exposition constante à la violence et la perte de membres de la famille, de logements et de moyens de subsistance sont à l’origine de traumatismes généralisés. Les besoins à long terme en matière de santé mentale seront considérables. 

MSF gère un vaste réseau d’activités médicales et humanitaires à travers le Moyen-Orient. Nos équipes offrent des soins de santé essentiels aux communautés touchées par les conflits, les déplacements et un accès limité aux services. Dans toute la région, nos équipes prodiguent toute une gamme de services, dont des soins de santé primaires et secondaires, des soins chirurgicaux, des services de santé maternelle et pédiatrique et un soutien en santé mentale. Nous offrons également certains traitements pour les maladies chroniques et menons des interventions en matière d’eau et d’assainissement. Nous intervenons à travers un réseau combinant des hôpitaux, des centres de soins de santé primaires et des cliniques mobiles. Nous travaillons en partenariats avec les autorités sanitaires locales afin d’atteindre les communautés dans le besoin.  

La sécurité de nos équipes en Iran et au Liban est actuellement confirmée, et nous suivons l’évolution de la situation tout en évaluant comment apporter notre soutien aux personnes touchées. Nous avons par ailleurs prépositionné des fournitures médicales dans ces deux pays, prêtes à être distribuées. 

Liban

Au Liban, les gens qui continuent de se déplacer entre les centres d’accueil et leurs maisons endommagées vivent souvent dans des conditions désastreuses. Les équipes de MSF adaptent leur intervention et évaluent l’évolution des besoins à travers le pays. 

Dans le sud du Liban, les attaques israéliennes, les incursions terrestres et l’occupation du territoire libanais se poursuivent malgré le cessez-le-feu annoncé. MSF a renforcé sa présence dans tout le sud, où les besoins humanitaires restent immenses et où de nombreuses personnes ne peuvent toujours pas rentrer chez elles. 

Cette récente escalade au Liban s’inscrit dans une série d’attaques qui se poursuit, malgré l’« accord de cessez-le-feu » conclu en novembre 2024 entre Israël et le Liban. Cet accord n’a pas encore apporté de véritable sécurité aux communautés du Liban. Les frappes quotidiennes des forces israéliennes ont fait 370 morts entre le début du « cessez-le-feu » en novembre 2024 et le 2 mars 2026. 

Au cours de la dernière escalade, plus d’un million de personnes ont été déplacées. Les frappes récentes et les ordres d’évacuation généralisés contraignent de plus en plus de personnes à fuir, alors qu’elles n’ont nulle part où aller pour se mettre en sécurité.  

De nombreuses personnes ont été déplacées à plusieurs reprises, ce qui a entraîné une surpopulation dans les centres d’accueil. Certaines personnes ont été contraintes de dormir dans leur voiture ou dans la rue. D’autres sont restés chez eux malgré les ordres d’évacuation ou sont rentrés chez eux faute de place dans les centres d’accueil ou de moyens pour louer un autre logement. 

Les ordres d’évacuation généralisés visant des centaines de villes et de villages au sud du Litani, ainsi que le sud de Beyrouth et certaines parties de la vallée de la Bekaa, couvrent au total 14 % de la superficie du Liban.  

Les besoins humanitaires augmentent rapidement, notamment en eau et en articles de première nécessité, en particulier dans les centres d’accueil. 

Les équipes de MSF interviennent dans les neuf gouvernorats du Liban. Nous gérons des unités mobiles, apportons notre soutien aux centres d’accueil pour personnes déplacées, distribuons des articles de première nécessité et de l’eau, et évaluons les besoins médicaux des cas de traumatismes.  

Nos équipes gèrent 15 cliniques mobiles. Elles proposent des soins de santé primaires, des médicaments pour les maladies non transmissibles, des consultations en santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’un soutien en santé mentale dans sept gouvernorats, dont Beyrouth. Nous prodiguons également des soins via des cliniques fixes à Beyrouth et dans le gouvernorat de Baalbek-Hermel. Au 22 mars, nous avions offert plus de 6 800 consultations médicales. 

Nous distribuons également des articles de première nécessité, dont des trousses d’hygiène, des couvertures et de l’eau potable. Dans les gouvernorats les plus touchés du Sud et de Nabatieh, nous avons fait don de carburant et de fournitures médicales, ainsi que de colis alimentaires destinés au personnel hospitalier dans les zones touchées par le conflit. 

Les déplacements répétés, l’exposition constante à la violence et la perte de proches, de logements et de moyens de subsistance sont à l’origine d’un traumatisme généralisé et de besoins importants en matière de santé mentale. En réponse à cette situation, nous avons mis en place des lignes de soutien téléphoniques dédiées à la santé mentale pour prêter une assistance psychologique aux personnes en détresse qui vivent dans des zones isolées ou difficiles d’accès.  

MSF reste en contact avec les autorités libanaises et d’autres organisations, et se tient prête à intensifier son intervention si nécessaire. 


INTERVENTION D’URGENCE DE MSF À L’ÉCHELLE DU PAYS . Au 15 mars 2026

 Carte détaillée de la réponse d’urgence de MSF au Liban, en date du 22 mars 2026. 

Note : les articles de première nécessité comprennent des couvertures et des trousses d’hygiène. 

Iran

En Iran, les conséquences de la guerre continuent de peser sur le système de santé, les chaînes d’approvisionnement et l’accès aux services de base. De nombreuses personnes peinent à accéder aux soins de santé primaires. MSF a récemment ouvert une nouvelle clinique à Téhéran afin de répondre à ces besoins. Nous avons également rouvert notre clinique dans le sud de Téhéran, après avoir temporairement suspendu nos activités au plus fort des bombardements. Depuis le cessez-le-feu, le nombre de consultations y a doublé. Les équipes de MSF restent prêtes à intensifier leurs interventions en cas de nouvelle escalade, en collaboration avec les autorités, tout en continuant à fournir des soins de santé primaires à Kerman et à Mashhad. 

Avant le 28 février, MSF menait trois projets en Iran. Dans le sud de Téhéran, nous gérions un centre de santé offrant des soins de santé essentiels aux personnes exerçant le commerce du sexe ou consommant des drogues, ainsi qu’aux personnes migrantes et réfugiées. Ce centre est temporairement fermé, et rouvrira bientôt sous la forme d’un centre plus spécialisé. Cela renforcera le soutien apporté aux systèmes de santé locaux qui répondent aux besoins liés au conflit, conformément à l’autorisation accordée à la mi-mars. 

À Mashhad, près de la frontière afghane, nos équipes offrent aux personnes réfugiées afghanes des consultations médicales et psychologiques ainsi que des dépistages de maladies infectieuses. Dans la province de Kerman, MSF est la seule organisation médicale à leur offrir des services de santé directs. Ces deux cliniques sont toujours ouvertes, mais fonctionnent avec un personnel réduit. 

Dès le début du conflit, nos équipes ont effectué des dons de matériel médical et d’articles de première nécessité en Iran. Il s’agissait notamment de trousses de fournitures médicales et de soins des plaies destinés à 500 patients et patientes. Nous avons également fait don d’articles de première nécessité pour les personnes déplacées, notamment 5 000 couvertures, 4 000 oreillers, 15 000 serviettes hygiéniques, 10 000 tubes de dentifrice, 5 000 brosses à dents, 10 000 bouteilles de shampoing et 10 000 paquets de lessive en poudre. 

Il est extrêmement difficile d’obtenir des informations de la part des membres de notre personnel en Iran en raison des coupures de communication. Les hostilités et les frappes aériennes qui se poursuivent provoquent le déplacement des gens et aggravent les besoins humanitaires et médicaux dans le pays. 

Comment MSF intervient-elle ailleurs? 

Les équipes de MSF sont pleinement mobilisées dans toute la région. Les mesures de préparation aux interventions comprennent l’élaboration de plans d’urgence, une surveillance étroite, le prépositionnement de fournitures médicales, l’augmentation de la capacité des entrepôts. Elles prévoient également des formations de préparation du personnel et le déploiement de services mobiles. Depuis le 28 février, MSF a par ailleurs expédié 281 tonnes de fournitures médicales vers différents pays du Moyen-Orient, notamment vers l’Irak, l’Iran, le Liban, la Palestine, Israël, la Jordanie, la Syrie et le Yémen. Afin d’assurer la continuité des soins, certaines voies d’approvisionnement ont été réorientées vers des circuits alternatifs, malgré l’augmentation des coûts que cela peut représenter. 

Quel est l’impact du conflit sur les opérations humanitaires? 

Les chaînes d’approvisionnement restent sous pression en raison de la hausse des coûts du carburant, du transport et de l’approvisionnement, et de l’allongement des délais de livraison et du réacheminement des marchandises. La hausse des prix et d’éventuelles pénuries de carburant pourraient affecter davantage l’accès aux services essentiels. Cela, notamment en ce qui a trait aux soins de santé, en particulier pour les personnes déjà confrontées à des déplacements, à des contraintes financières et à un accès limité au soutien de base. Dans tout le Moyen-Orient et au-delà, les cessez-le-feu ont apporté certaines améliorations en matière de sécurité, de liberté de circulation et d’accès à l’espace aérien. Toutefois, la situation reste fragile et imprévisible, avec une instabilité persistante dans certaines zones et des perturbations régionales plus générales qui continuent d’affecter les opérations de MSF.

Le détroit d’Ormuz étant fermé, MSF s’efforce de renforcer ses capacités en matière de logistique médicale et de stocks de carburant dans tous ses programmes. Le prix des articles essentiels, notamment les moustiquaires et les gants médicaux, est déjà en hausse. Les centres d’approvisionnement internationaux de MSF en Europe s’efforcent de garantir les stocks et de stabiliser les prix, tandis que la pression sur le système continue de s’intensifier. MSF expédie également davantage d’articles depuis l’Asie, où les délais de livraison sont plus courts. 

Cette escalade a des répercussions sur les opérations humanitaires. Même si l’ampleur et la nature de ces répercussions varient d’un pays à l’autre, les tensions régionales créent un contexte de plus en plus instable et contraignant pour les opérations de MSF au Liban, au Yémen, en Irak, en Iran, en Jordanie, en Palestine et en Syrie.  

MSF, conflits et guerres

MSF ne prend pas parti dans les zones de conflit et de guerre. Nous offrons des soins médicaux uniquement en fonction des besoins et nous essayons d’atteindre les personnes qui en ont le plus besoin. 

Dans le cas où les parties belligérantes soupçonneraient les organisations humanitaires de rendre partie dans un conflit, nous aurions moins de chances d’accéder aux communautés touchées et plus de risques d’être attaqués. L’un des moyens dont nous disposons pour démontrer notre indépendance aux parties belligérantes consiste à veiller à ce que le financement de nos activités dans les zones de conflit provienne de dons individuels, plutôt que de gouvernements ou de grandes institutions. 

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