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Crise au Moyen-Orient : que fait MSF et comment vous pouvez aider?

Médecins Sans Frontières (MSF) s’inquiète de l’escalade dramatique du conflit dans la région du Moyen-Orient. Celle-ci intervient à la suite des frappes menées par les forces américaines et israéliennes en Iran et des représailles iraniennes qui ont suivi dans plusieurs pays.

L’escalade de la violence a semé la peur et le désarroi dans la vie de millions de personnes, notamment au Liban, en Iran et dans les pays du Golfe. Les bombardements se poursuivent dans plusieurs villes et villages, touchant souvent des zones densément peuplées. Le nombre de personnes blessées ou tuées ne cesse d’augmenter, tandis que des centaines de milliers d’autres ont été contraintes de fuir, souvent à plusieurs reprises.

Nous adaptons nos programmes pour répondre à cette situation et suivons de près l’évolution rapide des besoins humanitaires. MSF appelle à la protection des personnes civiles, des hôpitaux, des établissements de santé et des autres infrastructures essentielles.

Comment puis-je aider MSF?

Dans la région du Moyen-Orient, des communautés entières sont privées de soins de santé essentiels. Votre soutien permet à MSF d’intervenir rapidement au Liban et dans toute la région.

FAITES UN DON

Comment MSF intervient-elle au Moyen-Orient?

Nos équipes au Liban et en Iran sont actuellement en sécurité. Nous suivons de près l’évolution de la situation et évaluons comment apporter notre soutien aux personnes touchées.

Nous disposons de fournitures médicales dans les deux pays, prêtes à être distribuées.

Liban

Au Liban, les équipes de MSF interviennent dans les neuf gouvernorats du pays, s’adaptant aux besoins urgents et y répondant. Nous gérons des unités mobiles, apportons notre soutien aux centres d’accueil pour personnes déplacées et distribuons des articles de première nécessité ainsi que de l’eau. Nous évaluons également les besoins médicaux pour les cas traumatiques.

Nos équipes interviennent à travers 15 cliniques mobiles dans sept gouvernorats différents, dont Beyrouth. Nous y offrons des soins de santé de base, des médicaments pour les maladies non transmissibles, des consultations en santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’un soutien en santé mentale. Nous fournissons également des soins dans des cliniques fixes situées dans le gouvernorat de Baalbek-Hermel, ainsi qu’à Beyrouth. Au 22 mars, nous avions assuré plus de consultations médicales.

Nous distribuons également des articles de première nécessité, comme des trousses d’hygiène, des couvertures et de l’eau potable. Dans les gouvernorats du Sud et de Nabatieh, qui sont les plus touchés, nous avons fait don de carburant et de fournitures médicales, ainsi que de colis alimentaires destinés au personnel hospitalier dans les zones touchées par le conflit.

Nous avons également mis en place des lignes d’assistance téléphonique dédiées à la santé mentale afin d’apporter du soutien aux personnes en situation de détresse dans les zones isolées ou difficiles d’accès.

MSF reste en contact avec les autorités libanaises et d’autres organisations et est prête à intensifier son intervention si nécessaire.


INTERVENTION D’URGENCE DE MSF À L’ÉCHELLE DU PAYS . Au 15 mars 2026

Note : La distribution de biens fait référence à des biens de première nécessité, comme des couvertures et des trousses d’hygiène.

Iran

Dès le début du conflit, nos équipes ont effectué des dons de matériel médical et d’articles de première nécessité en Iran. Il s’agissait notamment de trousses de fournitures médicales et de soins des plaies destinés à 500 patients et patientes. Nous avons également fait don d’articles de première nécessité pour les personnes déplacées, notamment 5 000 couvertures, 4 000 oreillers, 15 000 serviettes hygiéniques, 10 000 tubes de dentifrice, 5 000 brosses à dents, 10 000 bouteilles de shampoing et 10 000 paquets de lessive en poudre.

Avant le 28 février, MSF menait trois projets en Iran. Dans le sud de Téhéran, nous gérions un centre de santé offrant des soins de santé essentiels aux personnes exerçant le commerce du sexe ou consommant des drogues, ainsi qu’aux personnes migrantes et réfugiées. Ce centre est temporairement fermé, et rouvrira bientôt sous la forme d’un centre plus spécialisé. Cela renforcera le soutien apporté aux systèmes de santé locaux qui répondent aux besoins liés au conflit, conformément à l’autorisation accordée à la mi-mars.

À Mashhad, près de la frontière afghane, nos équipes fournissent des consultations médicales et psychologiques ainsi que des dépistages de maladies infectieuses aux personnes réfugiées afghanes. Dans la province de Kerman, MSF est la seule organisation médicale à leur offrir des services de santé directs. Ces deux cliniques sont toujours ouvertes, mais fonctionnent avec un personnel réduit.

Comment MSF intervient-elle ailleurs?

Les équipes de MSF mènent des activités de préparation et de réponse aux urgences dans d’autres pays de la région. Des équipes d’urgence ont été mises en place au Liban, en Arménie et en Irak. Les mesures de préparation comprennent l’élaboration de plans d’urgence, un suivi attentif de la situation, le prépositionnement de fournitures médicales et l’envoi de services mobiles pour répondre aux besoins croissants.

Afin d’atténuer l’impact des perturbations, les voies d’approvisionnement ont été réorientées vers d’autres circuits, et des efforts sont actuellement déployés pour étudier d’autres options de transport, malgré la hausse des coûts, afin d’assurer la continuité des activités médicales. Du 28 février au 24 mars, MSF a expédié 42 tonnes de matériel médical à destination du Moyen-Orient, notamment en Irak, en Iran, au Liban, en Palestine, en Syrie et au Yémen.

Quelle est la situation en Iran et au Liban?

Liban

Cette récente escalade s’inscrit dans une série d’attaques qui se poursuit, malgré l’«accord de cessez-le-feu ». conclu en novembre 2024 entre Israël et le Liban, à la suite des frappes et de l’incursion terrestre israéliennes au Liban en septembre de la même année. Cependant, depuis lors, cet accord n’a jamais apporté une réelle sécurité aux communautés libanaises. Les frappes quotidiennes des forces israéliennes ont tué 370 personnes entre le début du « cessez-le-feu » en novembre 2024 et le 2 mars 2026.

Lors de cette récente escalade, plus d’un million de personnes ont été déplacées. Les dernières frappes et les ordres d’évacuation généralisés obligent encore davantage de personnes à fuir sans avoir d’endroit sûr où aller.

Les ordres d’évacuation généralisés donnés par l’armée israélienne touchent plusieurs centaines de villes et de villages situés au sud du fleuve Litani, ainsi que le sud de Beyrouth et certaines parties de la vallée de la Békaa. Au total, 14 % du territoire libanais est visé.

Beaucoup de personnes ont déjà été déplacées à plusieurs reprises lors des précédentes escalades. Les abris sont désormais surpeuplés, et des gens sont contraints de dormir dans leur voiture ou dans la rue. Certaines personnes sont restées chez elles malgré les ordres d’évacuation, tandis que d’autres sont revenues en raison du manque de place dans les abris ou de l’impossibilité de louer un logement.

Les hôpitaux accueillent des personnes blessées et les besoins humanitaires augmentent rapidement, notamment en matière d’eau et de produits de première nécessité, en particulier dans les abris.

Iran

Il est extrêmement difficile d’obtenir des informations de la part des membres de notre personnel en Iran en raison des coupures de communication. Les hostilités et les frappes aériennes qui se poursuivent provoquent le déplacement des gens et aggravent les besoins humanitaires et médicaux dans le pays.

Quel est l’impact du conflit sur les opérations humanitaires?

Cette escalade a des répercussions sur les opérations humanitaires. Les tensions régionales créent un contexte de plus en plus instable et contraignant pour les opérations de MSF au Liban, au Yémen, en Irak, en Iran, en Jordanie, en Palestine et en Syrie, même si l’ampleur et la nature de ces répercussions varient d’un pays à l’autre.

Dans l’ensemble, les fermetures d’espace aérien et l’aggravation des risques sécuritaires limitent les déplacements du personnel, retardent les évacuations médicales et perturbent les activités. Parallèlement, l’instabilité qui règne autour du détroit d’Ormuz exerce une pression supplémentaire sur la logistique et les voies d’approvisionnement. Ces événements affectent déjà les chaînes d’approvisionnement, augmentent le risque de pénurie de matériel médical essentiel, font grimper les prix du carburant et compliquent les transports tant aériens que maritimes.

MSF, conflits et guerres

Dans les zones de conflit et de guerre, MSF ne prend pas parti. Nous offrons des soins médicaux uniquement en fonction des besoins et nous essayons d’atteindre les personnes qui en ont le plus besoin.

Notre capacité à atteindre les personnes dans le besoin et la sécurité de nos équipes peuvent toutefois être compromises si les parties belligérantes considèrent que les organisations humanitaires prennent parti dans un conflit. L’un des moyens dont nous disposons pour démontrer notre indépendance aux parties belligérantes consiste à veiller à ce que le financement de nos activités dans les zones de conflit provienne de particuliers, plutôt que de gouvernements ou de grandes institutions.

Apprenez-en plus sur nos principes