Des réponses à vos questions sur notre travail à Gaza


Questions fréquemment posées à propos de notre travail à Gaza, et de notre engagement d’impartialité et de neutralité

Des membres de l’équipe de MSF spécialisée dans la gestion de l’eau et de l’assainissement inspectent les conduites d’eau à Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza. Palestine, 2025. © Nour Alsaqqa/MSF

Médecins Sans Frontières (MSF) travaillait en Palestine avant la guerre actuelle, et continue de le faire. Elle y fournit des soins médicaux et une assistance dont le besoin se fait cruellement sentir dans un contexte politique qui évolue sans cesse, et parfois rapidement. Voici quelques-unes des questions qui nous sont fréquemment posées sur notre travail dans le cadre de la crise qui sévit actuellement. 

Les informations suivantes étaient à jour au 20 janvier 2026

Quel est le statut d’enregistrement actuel de MSF pour opérer à Gaza et en Cisjordanie dans le cadre du processus d’enregistrement israélien? 

À compter du 1er janvier 2026, l’enregistrement de MSF ne sera plus valide et l’organisation devra cesser ses activités avant le 1er mars 2026. 

Notre demande est toujours en attente et signalée comme incomplète. Même si notre demande est conforme aux exigences d’Israël, nous souhaitons obtenir des garanties et des éclaircissements concernant sa demande préoccupante de communication de la liste de notre personnel. Ceci pourrait constituer une violation des obligations d’Israël au regard du droit international humanitaire et de nos principes humanitaires. Nous explorerons toutes les voies possibles pour modifier les conclusions de cette décision. 

MSF s’engage à rester en Palestine et à délivrer des soins de santé vitaux à Gaza et en Cisjordanie. Pour 2026, nous avons alloué environ 100 à 120 millions d’euros (160 à 195 millions de dollars canadiens) à notre intervention humanitaire à Gaza. En raison de la destruction du système de santé, bon nombre des services fournis par MSF ne sont pas disponibles ailleurs à Gaza. 

Nous appelons les autorités israéliennes à veiller à ce que MSF et d’autres organisations non gouvernementales internationales (ONGI) obtiennent leur enregistrement afin de pouvoir continuer à travailler en Cisjordanie et à Gaza en 2026. 

Que se passera-t-il si l’enregistrement de MSF n’est pas renouvelé? 

D’après les autorités israéliennes, si l’enregistrement de MSF en Israël n’est pas renouvelé, MSF serait contrainte de mettre fin à ses opérations. L’organisation devrait se retirer de Gaza et de Cisjordanie dans un délai de 60 jours. La manière dont cette mesure serait appliquée n’est pas claire, mais il est probable que nous ne serions plus en mesure de faire venir du personnel international et du matériel de secours. MSF ne pourrait plus gérer ses déplacements et sa présence de manière sécurisée avec les forces israéliennes ni coordonner l’aide humanitaire avec les autorités israéliennes. Cela nous empêcherait de facto d’offrir une aide humanitaire essentielle. 

Si MSF et d’autres ONG internationales perdent accès à celles et ceux qui nécessitent de toute urgence une aide humanitaire, ce sera une catastrophe pour des millions de personnes vivant en Palestine. MSF soutient un lit d’hôpital sur cinq et contribue à la prise en charge d’un accouchement sur trois à Gaza. Rien qu’en 2025, nous avons effectué près de 800 000 consultations ambulatoires et traité plus de 100 000 cas de traumatismes. Si notre enregistrement est renouvelé, nous prévoyons de continuer à renforcer nos activités en 2026. En raison de la destruction du système de santé, bon nombre des services fournis par MSF ne sont pas disponibles ailleurs à Gaza. 

Quelle est la situation actuelle à Gaza? MSF y intervient-elle en ce moment? 

Les équipes de MSF continuent d’offrir des soins dans 20 établissements de santé et centres médicaux à Gaza. MSF joue un rôle essentiel à Gaza. L’organisation soutient un lit d’hôpital sur cinq et contribue à la prise en charge d’un accouchement sur trois. Elle gère des cliniques dédiées aux personnes souffrant de traumatismes et de maladies chroniques. Elle traite les enfants souffrant de malnutrition et soigne d’autres pathologies. L’an dernier, nous avons également distribué 700 millions de litres d’eau. L’aide que nous apportons est loin d’être suffisante pour répondre aux besoins considérables à Gaza. Ces derniers jours, l’ensemble du matériel et du personnel de MSF acheminés vers Gaza a été refusé. MSF continue de dialoguer avec les autorités israéliennes afin de poursuivre ses opérations vitales et de soutenir le système de santé qui a été en grande partie détruit. 

Israël affirme que MSF n’a pas respecté les règles d’enregistrement et n’a pas fourni la liste de son personnel aux autorités. Est-ce vrai? 

Les informations selon lesquelles MSF n’aurait pas respecté les règles d’enregistrement sont fausses. MSF a déposé une demande d’enregistrement en mars 2025 et s’est depuis activement engagée dans le processus . Notre organisation a déjà fourni la plupart des informations requises. Pendant des mois, ni MSF ni l’AIDA (une coalition regroupant plus de 100 ONG travaillant à Gaza et en Cisjordanie) n’ont reçu de réponse à leurs demandes de clarification. À l’instar de nombreuses autres ONG, MSF s’ inquiète de la protection de certaines informations demandées. Ces préoccupations sont directement liées à nos responsabilités légales en tant qu’employeur. 

MSF a exprimé à plusieurs reprises sa vive inquiétude. Elle a demandé des éclaircissements sur l’exigence des autorités de communiquer la liste de son personnel. Ses préoccupations sont liées en particulier à l’absence de garanties concernant l’utilisation, la sécurité et la protection de ces données individuelles. En effet, le personnel humanitaire et médical fait régulièrement face à des actes de harcèlement, à la détention des attaques directes. MSF a proposé des compromis, mais n’a reçu aucune réponse du ministère. 

MSF s’est engagée à trouver une solution lui permettant de continuer à offrir l’assistance humanitaire tant requise à Gaza. 

Que peut faire MSF pour renouveler son enregistrement? 

À ce stade, MSF s’efforce de rester en contact avec les autorités afin de renouveler son enregistrement et de continuer à apporter une assistance humanitaire essentielle à Gaza et en Cisjordanie. Cependant, nous regrettons que ce processus, qui dure depuis de longs mois, n’ait fait l’objet que de réponses très limitées et tardives. Toutes nos tentatives pour obtenir une entrevue auprès du ministère des Affaires de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme ont été vaines. L’assistance humanitaire, déjà restreinte, ne devrait pas faire l’objet d’un démantèlement supplémentaire. 

Quel est l’impact de MSF en Palestine? 

En Palestine, MSF fournit des soins spécialisés et essentiels qui, pour la plupart, ne sont pas disponibles ailleurs. Il s’agit notamment des services de chirurgie traumatologique, des soins maternels et néonatals, du traitement des brûlures et des services de santé mentale. 

Rien qu’en 2025, MSF a traité plus de 100 000 cas de traumatismes, réalisé 22 700 interventions chirurgicales, géré plus de 400 lits, assisté plus de 10 000 accouchements et assuré près de 800 000 consultations en ambulatoire. Ces services sont assurés par le personnel palestinien de MSF, dont le travail est essentiel et ne peut être ignoré. Les limites imposées à l’acheminement des biens de première nécessité et au personnel humanitaire sont le reflet de graves restrictions d’accès, et non d’un manque de capacités. Toute restriction de l’accès de MSF aurait des conséquences immédiates et dévastatrices pour les centaines de personnes qui ont désespérément besoin de ces soins. 

À l’heure actuelle, MSF soutient six hôpitaux (Nasser, Al-Aqsa, Al-Helou, Al-Ahli, Al-Shifa et Al-Ranteesi) et gère deux hôpitaux de campagne à Deir al-Balah. L’organisation soutient également quatre centres de soins primaires à Al-Mawasi, Al-Attar, Khan Younès et dans la ville de Gaza, et à deux autres centres. 

À la demande du gouvernement israélien, nous avions pris des dispositions pour mettre en place un troisième hôpital de campagne. Toutefois, l’autorisation nécessaire à son installation a été annulée moins d’une semaine avant la date prévue. MSF gère également un centre de nutrition en milieu hospitalier de 16 lits. Elle a aussi récemment ouvert six nouveaux dispensaires pour le traitement des blessures et la prestation d’autres services de santé primaires. En parallèle, MSF soutient une clinique pour les personnes blessées à Deir al-Balah et en gère une autre à Gaza. 

Pourquoi MSF s’exprime-t-elle sur le conflit à Gaza? 

Le témoignage est l’un des piliers de notre identité. Notre objectif est d’attirer l’attention sur les problèmes qui sont à l’origine des besoins et des urgences qui touchent les gens dans les endroits où nous fournissons une assistance médicale et humanitaire.  

Nous avons d’ailleurs une longue tradition de prise de parole et de plaidoyer. C’est le cas notamment lorsque des gouvernements ou d’autres acteurs mettent en œuvre des politiques qui menacent la santé et la sécurité des communautés ou de notre personnel, comme ce fut le cas dans les conflits en Syrie, au Yémen et en Afghanistan, par exemple.  

Le droit international humanitaire (DIH) et les règles de la guerre exigent des militaires qu’ils fassent la distinction entre les personnes civiles et les combattants. Le DIH exige aussi que les militaires interdisent les attaques qui causent des dommages disproportionnés aux personnes civiles et aux biens de caractère civil. La manière dont Israël mène cette guerre provoque des morts et des souffrances massives parmi la communauté civile palestinienne et à ce titre, le conflit ne respecte pas ces normes et ces lois.  

Les installations médicales et leurs environs ont été attaqués à plusieurs reprises ou ont fait l’objet d’ordres d’évacuation par les forces israéliennes. Cela a rendu l’accès aux soins de santé extrêmement dangereux pour les gens et a mis en danger la vie du personnel médical. C’est pourquoi nous avons le devoir de nous exprimer et d’exiger un cessez-le-feu immédiat. 

Pourquoi vos propos sont-ils si critiques à l’égard d’Israël? Pourquoi ne parlez-vous pas du Hamas? 

En tant qu’organisation humanitaire, nous pleurons toutes les vies civiles perdues, et la grande majorité des victimes de ce conflit sont des personnes civiles, dont de nombreuses personnes âgées, des femmes et des enfants. Cette violence contre les gens n’est jamais justifiée et toutes les personnes civiles méritent d’être protégées. 

Les propos de MSF s’appuient sur ce que les patients, les patientes et notre personnel nous disent voir sur le terrain à Gaza, où la campagne militaire et le siège israéliens ont eu des conséquences dévastatrices. Le système de santé s’est effondré et les hôpitaux sont à court de médicaments, de fournitures médicales et de carburant pour les générateurs. Les gens ont un accès limité à la nourriture, à l’eau, aux abris et à l’électricité. Et le nombre de morts ne cesse d’augmenter.

Pourquoi MSF appelle-t-elle à un cessez-le-feu? N’êtes-vous pas une organisation non partisane? 

Nous appelons à un cessez-le-feu durable parce que les attaques généralisées et indiscriminées contre les personnes civiles – et notamment les attaques contre les soins de santé – ont rendu impossible l’acheminement de l’aide humanitaire nécessaire à Gaza. 

MSF offre une assistance médicale humanitaire aux personnes en fonction de leurs besoins, sans distinction de race, de religion, de sexe ou d’appartenance politique. En tant qu’organisation médicale, nous nous efforçons de combler les lacunes les plus importantes en matière de soins de santé. 

Nous n’avons pas d’autre objectif que d’aller là où les besoins sont les plus grands, et de soigner les gens. C’est précisément ce que nous nous efforçons de faire actuellement à Gaza, de surcroît dans un contexte où il manque de médicaments, de matériel médical et de carburant pour les générateurs.

Comment MSF répond-elle aux critiques selon lesquelles elle serait anti-israélienne ou antisémite? 

MSF prend très au sérieux toute allégation d’antisémitisme. À tout moment, MSF emploie environ 68 000 personnes dans ses projets et ses bureaux. Toute forme de sectarisme ou de discrimination de la part du personnel de MSF est inacceptable. 

Nous ne pensons pas que la critique à l’endroit des politiques du gouvernement israélien relève ou soit équivalente à de l’antisémitisme. 

MSF s’exprime lorsque des gouvernements ou des acteurs mettent en œuvre des politiques qui nuisent à la santé et à la sécurité des gens ou de notre personnel. La manière dont Israël mène cette guerre provoque des morts et des souffrances massives parmi la communauté civile palestinienne. Elle met aussi notre personnel en danger. Cela ne respecte pas les normes et les lois de la guerre. 

Aucun État n’est à l’abri des critiques. 

En tant qu’organisation humanitaire, nous pleurons toutes les vies civiles perdues, et la grande majorité des victimes de ce conflit sont des personnes civiles, dont de nombreuses personnes âgées, des femmes et des enfants. Cette violence contre les gens n’est jamais justifiée et toutes les personnes civiles méritent d’être protégées. 

Quelles sont les relations de MSF avec le Hamas à Gaza? 

MSF travaille avec le ministère de la Santé à Gaza. C’est par son intermédiaire que nous coordonnons notre travail. Lorsqu’il s’agit d’assurer la sécurité de nos équipes à Gaza, nous restons en contact avec le ministère de l’Intérieur de Gaza, tout comme nous restons en contact avec les autorités israéliennes. MSF travaille dans plus de 70 pays à travers le monde. Partout où il y a des conflits armés, nous restons en contact avec tous les différents acteurs pour assurer la sécurité de nos équipes et de nos activités. 

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