Une personne dans un état critique est transférée au centre de traitement d’Ebola de MSF à l’hôpital de Mongbwalu, dans la province d’Ituri. République démocratique du Congo, 2026. © Alexis Huguet/MSF
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Urgence Ebola

Malgré l’intensification de la réponse à l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), la situation demeure une urgence sanitaire majeure. L’épidémie continue de se propager à d’autres régions et l’assistance internationale est bien en deçà des besoins.

À la date du 6 juillet, 1 708 cas et 580 décès avaient été confirmés, et 280 personnes avaient été guéries de la maladie à virus Ebola depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai 2026. En Ouganda, le pays voisin, 20 cas ont été confirmés. L’épicentre de l’épidémie se situe dans la province d’Ituri, à l’est de la RDC, mais se propage à d’autres zones.

Contrairement à la plupart des épidémies de maladie Ebola précédentes, celle-ci est causée par le virus Bundibugyo. Il entraîne la mort de près de 40 % des personnes infectées, ce qui le rend moins mortel que le virus Ebola plus courant.  

Cependant, il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement homologués contre ce virus, ce qui rend le rend particulièrement difficile à combattre. L’évolution de la situation, conjuguée aux préoccupations croissantes quant à la réticence des personnes à se faire soigner loin de chez elles, rend nécessaire la décentralisation des soins liés à Ebola en dehors des grands centres urbains.

Début juillet, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a commencé à parrainer un essai clinique visant à identifier des traitements efficaces. Cet essai est mené en collaboration avec de nombreuses organisations internationales de recherche, médicales et humanitaires, dont Médecins Sans Frontières (MSF).

COMMENT PUIS-JE AIDER MSF?

À l’heure actuelle, nos équipes répondent à l’urgence en RDC. Faites un don dès maintenant pour aider les équipes médicales de MSF à intervenir rapidement et à prêter assistance aux personnes touchées par des crises un peu partout à travers le monde.

Dernières nouvelles : comment MSF répond-elle à l’épidémie de maladie à virus Ebola? 

MSF gère des centres de traitement d’Ebola dans les zones touchées de l’Ituri, du Nord et du Sud-Kivu. Au 3 juillet, 843 personnes y avaient été admises, dont 357 avec un diagnostic confirmé de maladie Ebola. Au total, 116 d’entre elles y ont survécu.

Il est important de noter que l’épidémie de maladie Ebola n’est pas la seule urgence sanitaire à laquelle sont confrontées les communautés en RDC. Les services essentiels doivent également se poursuivre, notamment dans les domaines suivants : vaccination, santé maternelle, sexuelle et reproductive, nutrition, prise en charge des violences sexuelles, traitement des maladies infectieuses et autres besoins médicaux urgents. 

Les équipes de MSF comptent souvent parmi les premières à intervenir lors d’une épidémie. Pourquoi? Parce que nous sommes déjà sur place. MSF est présente en RDC depuis 1977, où elle offre des soins de santé essentiels malgré les conflits, les catastrophes et les épidémies.

À l’heure actuelle, des centaines de nos collègues répondent à l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit dans l’est de la RDC. Toutefois, en dehors des zones urbaines, le soutien d’autres organisations humanitaires a été faible, voire inexistant. Alors que l’épidémie continue de se propager, MSF craint d’atteindre bientôt les limites de ses capacités.

Un membre du personnel médical de MSF est vêtu de son équipement de protection individuelle au centre de traitement d’Ebola d’Elikya, à Bunia, dans la province de l’Ituri. République démocratique du Congo, 2026. © Alexis Huguet/MSF
  • Plus de 600 membres du personnel de MSF répondent actuellement à l’épidémie d’Ebola en RDC, aux côtés des équipes du ministère de la Santé. Ils sont soutenus par plus de 2 700 membres du personnel de MSF et près de 4 500 du ministère de la Santé qui travaillent dans le cadre de programmes de santé existants et qui assurent la continuité des autres services de santé essentiels. En Ouganda, 20 membres du personnel de MSF interviennent face à l’épidémie.
  • La réponse est dirigée par le ministère congolais de la Santé et soutenue par plusieurs partenaires internationaux. Elle prend de l’ampleur, mais demeure insuffisante face à la propagation de l’épidémie vers de nouvelles zones.
  • À l’heure actuelle, l’épidémie touche principalement l’Ituri, avec pour épicentre les zones de santé de Bunia, Mongbwalu, Rwampara et Nyankunde. Cependant, d’autres régions situées en dehors des zones urbaines ne reçoivent pas, ou très peu, de soutien des organisations humanitaires.
  • Malgré l’intensification récente des efforts, MSF constate encore des lacunes critiques dans les capacités d’intervention, notamment en matière de surveillance, de dépistage, d’engagement communautaire et de détection rapide des cas.
  • Des membres du personnel de MSF expérimentés dans la lutte contre les épidémies de maladie Ebola continuent d’être envoyés en RDC dans le cadre de l’intervention d’urgence. Ils apportent leur soutien aux projets médicaux existants et répondent aux nouvelles alertes dans les zones environnantes.
  • MSF veille à ce que des mesures strictes de prévention des infections soient mises en place dans nos projets et dans les structures médicales en RDC. Nous devons protéger les patients et patientes ainsi que le personnel, et assurer la continuité des soins médicaux.
  • La réponse de MSF à la maladie à virus Ebola repose sur six piliers : l’isolement et le traitement des personnes infectées, la recherche et le suivi des personnes avec lesquelles elles ont été en contact, la sensibilisation des communautés à la maladie (mesures préventives, où se faire soigner, etc.), l’organisation d’enterrements dignes et sécurisés, la détection proactive de nouveaux cas et le soutien aux structures de santé existantes.
Habimana est photographiée aux côtés de sa famille après sa sortie du centre de traitement d’Ebola de Munigi, à Goma. République démocratique du Congo, 2026. © Ley Uwera

Qu’est-ce que la maladie à virus Ebola? 

La maladie à virus Ebola est une maladie rare, mais mortelle. Jusqu’à 90 % des personnes infectées peuvent en mourir.

Les virus les plus connus du genre Ebola sont le virus Ebola, le virus Soudan et le virus Bundibugyo. Il existe un traitement approuvé et un vaccin préventif contre le virus Ebola. Toutefois, l’épidémie déclarée actuellement en RDC est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement homologué.

Le diagnostic peut s’avérer difficile à établir, car les premiers symptômes, comme la fièvre et les maux de gorge, sont courants. Pour confirmer un diagnostic de maladie à virus Ebola, il est nécessaire de réaliser des tests spécifiques. Ceux-ci nécessitent des tests adaptés non pas à la maladie en soi, mais à chaque virus en particulier afin de le détecter. Or, il y a actuellement une pénurie de trousses de dépistage pour le virus Bundibugyo. Cela ralentit considérablement la confirmation des cas et, par conséquent, la recherche des contacts et l’isolement des personnes infectées.

La maladie à virus Ebola est hautement contagieuse et peut se transmettre aussi bien par les animaux que par les humains. La transmission interhumaine se fait par contact étroit avec le sang, les sécrétions ou d’autres liquides organiques de personnes infectées. C’est pourquoi il est indispensable de porter un équipement de protection individuelle complet pour éviter de contracter ou de propager le virus.

Les équipes médicales peuvent offrir aux patients et patientes les meilleures chances de survie en les aidant à gérer les symptômes du virus et en traitant les autres maladies dont ils pourraient souffrir. 

Une fois qu’une personne s’est remise de la maladie, elle est immunisée contre la souche du virus qu’elle a contractée.

Une infirmière de MSF vérifie que l’équipement de protection individuelle des membres du personnel infirmier est correctement en place avant qu’ils n’entrent dans les chambres des personnes hospitalisées au centre de traitement d’Ebola de Lwiro, dans le Sud-Kivu. République démocratique du Congo, 2026. © Tracy Makhlouf/MSF

Réponse de MSF à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest

Entre fin 2013 et 2016, en Afrique de l’Ouest, une épidémie de maladie à virus Ebola s’est transformée en une urgence internationale majeure. En raison de la gravité de l’épidémie, MSF a lancé l’une des plus grandes interventions d’urgence de son histoire.

MSF est intervenue dans les trois pays les plus touchés – la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria – ainsi qu’au Nigéria, au Sénégal et au Mali afin de freiner la propagation de la maladie.

Au plus fort de l’épidémie, près de 4 000 membres du personnel de la santé local et plus de 325 membres du personnel international de MSF travaillaient dans des centres de traitement d’Ebola. Ils assuraient également la surveillance, la recherche des contacts, la promotion de la santé et en apportaient un soutien psychologique.

MSF a admis 10 310 personnes dans ses centres de traitement d’Ebola, dont 5 201 cas confirmés, ce qui représente un tiers de l’ensemble des cas confirmés par l’OMS.

Épidémie de maladie Ebola en RDC Mythes et réalités sur la maladie Ebola (virus Bundibugyo)  

MytheRéalité
Il n’y a aucun intérêt à aller dans un centre de traitement s’il n’y a pas de remède spécifique.Même s’il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique contre le virus Bundibugyo, les centres de traitement offrent des soins de soutien essentiels. Cela comprend l’apport en oxygène, la nutrition et le soulagement des symptômes, comme la fièvre, les vomissements, la diarrhée et la douleur. Ces soins aident l’organisme à combattre l’infection et améliorent les chances de survie.
Si on me place en isolement, cela signifie que j’ai déjà la maladie Ebola.L’isolement n’est pas une confirmation de la maladie Ebola. Il s’agit d’une mesure de précaution pendant la réalisation des tests, car les premiers symptômes peuvent ressembler à ceux d’autres maladies, comme le paludisme ou la typhoïde. Une fois les résultats disponibles, l’isolement peut être adapté en fonction du diagnostic.
Je n’ai que des symptômes légers, donc je n’ai pas besoin d’aller dans un centre de traitement.Les symptômes courants, comme la fièvre, les maux de tête, les vomissements ou la diarrhée, peuvent s’apparenter à ceux du paludisme, de la grippe ou de la typhoïde. Pendant une épidémie de maladie Ebola, il est important de s’isoler et de se faire dépister, même si le risque est faible. Une évaluation précoce et un isolement temporaire permettent de vous protéger, ainsi que vos proches, le personnel soignant et la communauté. Se faire examiner tôt est toujours le choix le plus sûr.
Si je suis dans un centre de traitement, je ne peux ni voir ma famille ni lui parler.Les centres de traitement d’Ebola sont organisés de manière à maintenir une communication sécurisée entre les personnes hospitalisées et leurs proches. Dans la mesure du possible, les gens peuvent échanger dans des espaces dédiés ou par d’autres moyens de communication. Le maintien du lien familial fait partie intégrante des soins et du bien-être général.  
Les médecins utiliseront des médicaments expérimentaux sur les patients et les patientes sans leur consentement.Les essais cliniques qui ont débuté au mois de juillet sont strictement encadrés. Ils ont été approuvés par les autorités médicales et éthiques internationales, et sont menés en étroite collaboration avec les autorités sanitaires. La participation à ces essais reste un choix libre et volontaire. Chaque personne reçoit des explications claires avant de prendre sa décision. Le refus de participer n’affecterait en aucun cas l’accès aux soins médicaux. 
Les épidémies de maladie Ebola sont exploitées à des fins lucratives ou financières.La maladie à virus Ebola est rare et extrêmement dangereuse. Elle exige une réponse médicale rapide à grande échelle afin de sauver des vies et freiner la transmission. Face à cette crise, les institutions internationales se mobilisent rapidement, non par intérêt financier, mais pour répondre efficacement à une urgence de santé publique. MSF utilise ses fonds exclusivement pour des activités médicales et humanitaires, lors d’épidémies de maladie Ebola et au-delà. Nous répondons à d’autres besoins sanitaires essentiels, comme le paludisme, la santé maternelle et les services pédiatriques.