Des membres du personnel hospitalier chantent et applaudissent alors qu’Abedi, âgé de trois ans, quitte un centre de traitement d’Ebola de MSF après s’être remis de la maladie. République démocratique du Congo, 2026. © Alexis Huguet/MSF
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République démocratique du Congo : les enfants doivent être pris en compte dans la recherche sur le traitement et la prévention de la maladie Ebola

Les enfants atteints de la maladie à virus Ebola risquent d’en mourir de manière disproportionnellement plus élevée.

Les enfants doivent être inclus dans la recherche sur le traitement et la prévention du virus Bundibugyo, affirme Médecins Sans Frontières (MSF). Un article publié en août dans la revue The Lancet Child & Adolescent Health (en anglais seulement) indique clairement que les enfants devraient accéder à des formulations pédiatriques en temps opportun dans le cadre des essais cliniques en cours portant sur la prophylaxie postexposition (PEP) par voie orale.

L’épidémie actuelle de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC) a touché les enfants de manière disproportionnée. Au 4 août 2026, parmi les cas confirmés pour lesquels l’âge a été communiqué, la proportion d’enfants de moins de cinq ans ayant reçu un diagnostic et qui sont décédés des suites de la maladie était nettement supérieure à celle des adultes.

L’inclusion tardive dans les essais, l’absence de recommandations posologiques pédiatriques et les préoccupations sécuritaires sont des obstacles bien connus à l’accès aux contre-mesures médicales pour les enfants, les femmes enceintes et allaitantes ainsi que les jeunes filles. Actuellement, l’étude EBO-PEP (disponible en anglais seulement), lancée le 14 juillet 2026, évalue l’obeldesivir, un médicament antiviral oral de prévention de l’infection à la suite d’une exposition à haut risque à la maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo. Si ce traitement s’avère efficace, il pourrait offrir une méthode pratique et évolutive pour protéger les personnes ayant récemment été en contact avec une personne atteinte de la maladie. Bien que les enfants pesant moins de 30 kilogrammes (âgés d’environ 12 ans ou moins) soient exclus de l’essai dans sa conception initiale, un amendement au protocole visant à inclure les enfants de plus de 20 kilogrammes devrait bientôt être accepté.

« Nous devons produire ces données dès maintenant afin que les enfants puissent avoir accès à des traitements préventifs efficaces au même titre que tout le monde, et non pas une fois l’épidémie terminée. »

– Neal Russell, conseiller pédiatrique chez MSF

Toutefois, en raison de la non-disponibilité d’une formulation pédiatrique de l’obeldesivir et de l’absence de données publiées justifiant le broyage ou la dissolution des comprimés, les enfants pesant moins de 20 kilogrammes (âgés de six ans ou moins) restent exclus de cette étude. Bien que l’essai clinique prévoit un sous-protocole destiné aux personnes exclues, consistant en l’administration intraveineuse du remdésivir, un traitement intraveineux quotidien pendant 10 jours s’avère très difficile à mettre en œuvre dans le contexte d’une épidémie, en particulier pour les jeunes enfants. Le laboratoire pharmaceutique Gilead a récemment fait part de sa volonté de mettre prochainement à disposition des formulations pédiatriques de l’obeldesivir. Il reste à déterminer quand l’essai portant sur les formulations orales débutera.

« Trop souvent, la prise en compte des enfants dans l’élaboration de contre-mesures médicales destinées à faire face aux urgences de santé publique est reléguée aux “textes en petits caractères”, explique Neal Russell, conseiller pédiatrique chez MSF. « Mais actuellement, alors que les enfants courent un risque disproportionné de décès s’ils sont infectés par le virus Ebola en RDC, leur prise en compte est primordiale. »

« Le personnel de recherche, les bailleurs de fonds et les autres parties prenantes doivent de toute urgence apporter un soutien à la réalisation d’une sous-étude pédiatrique sur l’obeldesivir », poursuit-il. « Ils doivent s’appuyer sur les recommandations posologiques existantes et accélérer l’évaluation d’autres antiviraux oraux et d’anticorps monoclonaux en tant que prophylaxie post-exposition. Nous devons produire ces données dès maintenant afin que les enfants puissent avoir accès à des traitements préventifs efficaces au même titre que tout le monde, et non pas une fois l’épidémie terminée. »

Le laboratoire pharmaceutique qui fabrique l’obeldesivir, Gilead, s’est engagé à reproduire l’antiviral dans sa formulation pédiatrique. « Nous espérons que Gilead fournira un calendrier clair et accéléré à cet effet et que les parties prenantes pourront organiser dès que possible des études pédiatriques avec cette formulation ou avec des comprimés pour adultes modifiés », conclut Neal Russell. « Tous les enfants à risque doivent pouvoir être inclus dans les études évaluant quelles options de prophylaxie post-exposition sont les plus pratiques, les plus rapides et les plus efficaces. »

Il est urgent de garantir l’accès des enfants aux essais cliniques portant sur la prophylaxie post-exposition par voie orale contre la maladie à virus Bundibugyo | Lire l’article (en anglais seulement)