© iAko M. Randrianarivelo/Mira Photo
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Yémen : la reprise des combats met le système de santé sous pression et aggrave les besoins humanitaires

Les communautés sont confrontées à des difficultés croissantes pour accéder aux soins médicaux, à la nourriture, à l’eau et aux services essentiels.

La récente intensification des combats au Yémen a contraint des milliers de familles à fuir leur foyer. De plus, l’augmentation du nombre de personnes blessées a accentué la pression sur un système de santé déjà fortement fragilisé. Depuis le 10 septembre, plus de 60 personnes blessées provenant de la côte ouest ont été admises à l’hôpital Al-Gamhouria, à Aden. Nombre d’entre elles nécessitent des interventions chirurgicales d’urgence, des transfusions sanguines, une surveillance rapprochée et une prise en soins prolongée. Cette situation exerce une pression considérable sur les services des urgences et d’hospitalisation, les blocs opératoires, les réserves de sang et de fournitures médicales ainsi que sur le personnel de l’hôpital.

En réponse, Médecins Sans Frontières (MSF) a renforcé son soutien au service des urgences. Nos équipes aident le personnel hospitalier à évaluer rapidement l’état des personnes à leur arrivée, afin que les cas les plus graves soient pris en soins en priorité. Nous fournissons également médicaments et matériel aux urgences aux blocs opératoires et aux services d’hospitalisation. En coordination avec les autorités sanitaires, MSF a également fourni des médicaments et du matériel aux hôpitaux de Hodeïda et distribué des trousses d’intervention médicale d’urgence aux hôpitaux de Taïz, Al-Bayda et Al-Jawf.

À mesure que la situation se détériore, les besoins risquent de s’accroître. Les hôpitaux doivent pouvoir répondre à l’afflux de personnes blessées tout en assurant les soins quotidiens à la communauté yéménite. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 90 000 personnes ont récemment été déplacées. Elles ont un accès limité à la nourriture, à l’eau potable, à un abri, à des installations sanitaires et aux soins de santé.

Cette escalade pousse également un système de santé déjà fragilisé au bord de l’effondrement. Des années de réduction des financements ont considérablement affaibli les structures de santé, qui disposent aujourd’hui de peu de moyens pour faire face à cette recrudescence des combats.

Depuis juin 2026, MSF soutient également le service d’orthopédie de l’hôpital Al-Gamhouria sur plusieurs plans : formation du personnel infirmier, prévention et contrôle des infections, analyses de laboratoire en microbiologie, promotion du bon usage des antibiotiques et mise en place d’un plan de réponse en cas d’afflux massif de personnes blessées. Avant 2025, les équipes de MSF offraient directement des soins et un accompagnement à des milliers de personnes gravement blessées par la guerre au Yémen au centre de traumatologie d’Aden.

Sur la côte ouest, une petite équipe de MSF maintient son soutien aux services de maternité et de pédiatrie de l’hôpital général de Mocha. Ce soutien permet de garantir un accès aux soins essentiels malgré la grave pénurie de personnel de la santé. Nous travaillons à identifier des solutions pour renforcer les équipes et garantir l’approvisionnement en médicaments et produits anesthésiques essentiels. Nous cherchons également à obtenir les garanties nécessaires pour que notre action médicale soit respectée et que nous puissions mener nos activités en toute indépendance, conformément à nos principes. En date du 13 septembre, 23 personnes étaient toujours hospitalisées dans cet établissement, dont 10 nouveau-nés admis dans l’unité de soins intensifs néonatals.

Il est essentiel de maintenir un financement durable et flexible pour le Yémen afin que les femmes, les enfants et les communautés les plus touchés continuent d’avoir accès aux soins.