Une femme tient son bébé dans ses bras devant une clinique mobile de MSF à Jebshit, où les équipes offrent des soins de santé primaires et un soutien en santé mentale. Liban, 2026. © Salam Kabboul/MSF
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Liban : dans le sud du pays, des personnes continuent d’être tuées par les forces israéliennes malgré le cessez-le-feu

Liban : dans le sud du pays, des personnes continuent d’être tuées par les forces israéliennes malgré le cessez-le-feu

Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu le 17 avril dernier, et sa prolongation pour trois semaines supplémentaires, les attaques de l’armée israélienne se poursuivent dans le sud du Liban. Médecins Sans Frontières (MSF) constate que ces violences soumettent le système de santé libanais à une pression extrême, et que de nombreuses personnes civiles meurent en raison de pénuries de matériel médical. 

L’armée israélienne mène quotidiennement des frappes aériennes, qui ont tué des centaines de personnes et blessé plusieurs autres. Des ordres d’évacuation continuent d’être donnés, entraînant le déplacement forcé de milliers de personnes, tandis que la destruction totale de maisons et de villages se poursuit.

« Les équipes médicales des deux hôpitaux travaillent sans relâche pour soigner les personnes dont les blessures vont de plaies mineures à des traumatismes beaucoup plus graves nécessitant des interventions chirurgicales complexes. »

– Thienminh Dinh, médecin urgentiste de MSF
Deux membres du personnel de MSF discutent avec une femme tenant son enfant dans ses bras lors d’une consultation médicale dans une clinique mobile de MSF à Jebshit. Liban, 2026. © Salam Kabboul/MSF

Les hôpitaux continuent d’accueillir des gens blessés alors que les violences se poursuivent

Les hôpitaux du sud du Liban, où les équipes de MSF collaborent avec le ministère de la Santé, continuent d’accueillir et de soigner des personnes blessées.

« Nous avons constaté un large éventail de blessures graves depuis le début de ce prétendu cessez-le-feu », explique Thienminh Dinh, médecin urgentiste de MSF qui partage ses journées entre l’hôpital de Qana et celui de Jabal Amel, tous deux situés dans le district de Sour (Tyr). « Dans une seule famille, il y avait un enfant atteint de lacérations au visage, sa sœur de quatre ans qui présentait des fractures ouvertes du crâne, des fractures des membres et de contusions pulmonaires. Leur père avait diverses blessures, et leur mère était coincée sous les décombres de leur maison. »

« Les équipes médicales des deux hôpitaux travaillent sans relâche pour soigner les personnes dont les blessures vont de plaies mineures à des traumatismes beaucoup plus graves nécessitant des interventions chirurgicales complexes », explique Thienminh Dinh.

Entre le 18 avril et le 3 mai, 173 personnes blessées ont été admises à l’hôpital de Jabal Amel. Parmi elles, 145 n’ont pas survécu à leurs blessures.

À quelques kilomètres de là, les équipes de MSF observent une situation similaire dans les deux hôpitaux que nous soutenons dans le district de Nabatiyeh. Entre le 26 avril et le 3 mai, ces hôpitaux ont accueilli 65 personnes blessées, dont deux sont décédés des suites de leurs blessures, ainsi que 26 personnes arrivées sans vie.

Une membre du personnel d’une clinique mobile de MSF réalise une consultation avec une femme à Sour (Tyr), dans le sud du pays. Liban, 2026. © MSF

Des besoins immenses et des pénuries de fournitures et de matériel essentiels

Nos équipes assurent un soutien continu, notamment grâce au renforcement des capacités en soins d’urgence et des transferts en ambulance. Malgré cela, les gens arrivent encore trop tard ou dans un état critique en raison de l’insécurité et des longues distances à parcourir pour accéder aux soins. Dans certains cas, les transferts entre hôpitaux s’avèrent difficiles en raison de l’insécurité sur les routes.

Cependant, les équipes médicales n’ont souvent pas d’autre choix que de réorienter les patients et les patientes vers d’autres établissements en raison des pénuries de matériel médical essentiel, comme les poches de sang, dans leurs installations. Ainsi, la semaine dernière, à l’hôpital Najdeh Al-Shaabiyeh, deux personnes gravement blessées qui ont dû être transportées vers un autre hôpital faute de poches de sang sont décédées pendant le transfert.

« Une réfugiée syrienne, amputée des deux jambes à la suite d’une frappe aérienne il y a quelques semaines, s’est réveillée en apprenant que son fils de huit ans avait été tué dans un raid aérien, tandis que sa fille souffrait de perforations intestinales causées par des éclats d’obus. Comment une mère peut-elle faire face à cette nouvelle réalité? »

– Thienminh Dinh, médecin urgentiste de MSF

En raison de l’ampleur des besoins, les équipes médicales du sud du Liban sont contraintes de travailler jusqu’à 36 heures d’affilée, à un rythme effréné. Elles doivent parfois coordonner plusieurs interventions chirurgicales sur une même personne simultanément, compte tenu de la gravité des blessures.

MSF adapte ses méthodes de travail afin de continuer à soutenir les équipes hospitalières, épuisées après plus de deux mois de frappes incessantes et un cessez-le-feu qui n’a apporté aucun répit. Les équipes de MSF assurent des gardes de nuit à l’hôpital de Qana, à Sour (Tyr), ainsi qu’à l’hôpital Najdeh Al-Shaabiyeh, à Nabatiyeh, afin d’assurer la continuité des soins tout en réduisant la pression et la charge de travail des médecins de ces deux hôpitaux.

Deux membres du personnel d’une clinique mobile de MSF réalisent une consultation avec une femme à Jebshit, dans le sud du pays. Liban, 2026. © Salam Kabboul/MSF

La santé mentale des personnes se détériore

Beaucoup de gens du sud du Liban espéraient que le cessez-le-feu annoncé il y a trois semaines apporterait un certain soulagement. Mais la réalité est tout autre. « Nous n’avons aucune confiance dans ce cessez-le-feu, nous avons perdu tout l’espoir », confie Samia*, une femme déplacée du sud désormais installée à Barja, une ville du district du Chouf. Elle est retournée chez elle dès l’annonce du cessez-le-feu, pour découvrir que sa maison avait été gravement endommagée. « J’allais déjà mal avant le cessez-le-feu, maintenant c’est cent fois pire. »

Pour répondre aux besoins en santé mentale des communautés, nos équipes dans les gouvernorats de Nabatiyeh et du Sud augmentent le nombre et la fréquence des cliniques mobiles. Nous parvenons à atteindre des communautés les plus isolées ainsi que des familles revenues chez elles après l’annonce du cessez-le-feu, mais dont l’état psychologique se détériore.

« Une réfugiée syrienne, amputée des deux jambes à la suite d’une frappe aérienne il y a quelques semaines, s’est réveillée en apprenant que son fils de huit ans avait été tué dans un raid aérien, tandis que sa fille souffrait de perforations intestinales causées par des éclats d’obus », explique Thienminh Dinh. « Comment une mère peut-elle faire face à cette nouvelle réalité? »

Selon le ministère libanais de la Santé, 385 personnes ont été tuées et 685 autres blessées entre l’annonce du cessez-le-feu et le 4 mai.

« Deux mois après l’escalade, la situation devient de plus en plus complexe, avec des formes de violences et des souffrances qui s’aggravent au fil du temps », explique Jeremy Ristord, responsable des projets de MSF au Liban. « Sans véritable protection et sans accès garanti aux soins, les personnes qui ont été déplacées ne sont pas plus en sécurité là où elles sont. »

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Dans les hôpitaux de Qana, de Jabal Amel, de Nabatiyeh et de Najdeh Al-Shaabiyeh, les équipes de MSF restent en alerte pour apporter un soutien supplémentaire aux équipes médicales déjà épuisées en cas d’afflux massif de personnes blessées. À Jabal Amel, nous avons dépêché un membre de l’équipe de chirurgie en renfort au bloc opératoire. En outre, nous formons actuellement des personnes aux premiers secours, tout en leur fournissant des ressources et du matériel supplémentaires à Nabatiyeh et à Sour (Tyr).

* Nom modifié pour protéger la vie privée.