République démocratique du Congo : les essais cliniques sur la maladie à virus Ebola doivent garantir un accès équitable aux traitements
Les essais cliniques en cours portant sur le virus Bundibugyo constituent une occasion importante de rendre les traitements accessibles à toutes les personnes qui en ont besoin.
Deux grands laboratoires pharmaceutiques développent actuellement trois traitements candidats pour la maladie Ebola à virus Bundibugyo. C’est ce virus qui est responsable de l’épidémie qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC).
Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à une plus grande transparence concernant leur mise au point. L’expérience passée a montré que le succès clinique ne garantit pas à lui seul un accès équitable et rapide à des traitements éprouvés. Même les traitements efficaces peuvent encore se heurter à des retards, à des stocks limités et à une dépendance vis-à-vis de dons ponctuels qui restreignent leur disponibilité.
Le 23 septembre dernier, MSF a publié une note d’information et des recommandations concernant les lacunes en matière d’accès aux traitements pour la maladie Ebola à virus Bundibugyo (Therapeutics for the 2026 Bundibugyo Ebola disease outbreak: access gaps and recommendations, disponible en anglais seulement). Il s’agit d’une analyse des difficultés d’accès liées aux trois traitements candidats contre le virus Bundibugyo actuellement évalués en RDC : le MBP134, le remdésivir et l’obeldésivir. Cette évaluation s’effectue dans le cadre des essais cliniques EBO-PEP et PARTNERS. MSF participe à l’essai PARTNERS, parrainé par l’Organisation mondiale de la Santé.
Ces trois traitements candidats sont développés par Mapp Biopharmaceutical et Gilead Sciences. Des financements publics et philanthropiques leur sont accordés pour contribuer à leur développement et/ou à leurs évaluations cliniques. MSF souligne que, malgré des appels répétés à la transparence, les informations accessibles au public concernant les prix, les autorisations de mise en marché, l’approvisionnement et l’accès après les essais cliniques restent très limitées.
Ce document a pour objectif d’informer les parties prenantes sur l’état d’avancement des traitements candidats contre le virus Bundibugyo : laboratoires pharmaceutiques impliqués dans le développement de traitements, responsables politiques, bailleurs de fonds, agences et organes des Nations Unies, et organisations de la société civile. Il fournit également de l’information sur les options thérapeutiques existantes, les principaux enjeux en matière d’accès, ainsi que les recommandations visant à garantir un accès équitable dans l’éventualité où l’un de ces traitements candidats s’avérerait efficace.
Une occasion pour l’accessibilité des traitements
« Alors que les essais cliniques portant sur des traitements prometteurs contre la maladie Ebola à virus Bundibugyo progressent en RDC, une occasion se présente de veiller à ce que tout outil efficace soit accessible aux personnes qui en ont le plus besoin», explique Monica Rull, médecin et directrice générale adjointe de MSF Access. « L’expérience tirée des précédentes épidémies de maladie Ebola a montré que les progrès scientifiques ne suffisent pas à eux seuls. Une plus grande transparence et une planification claire en matière de financement, de constitution de stocks, ainsi que l’intégration des enfants dans les stratégies de développement et d’accès sont essentielles pour éviter que les mêmes retards et les mêmes inégalités ne se reproduisent. »
« Si l’accès n’est envisagé qu’une fois l’efficacité prouvée, [l’accès aux] futurs traitements contre le virus Bundibugyo pourrait à nouveau dépendre de décisions commerciales opaques prises par les laboratoires pharmaceutiques et de mesures réactives de dernière minute. Les bailleurs de fonds, le personnel de recherche et les responsables politiques impliqués dans les essais cliniques thérapeutiques doivent agir dès maintenant pour garantir des conditions d’accès adéquates, dans la plus grande transparence. »