Une sage-femme de MSF aide une femme à donner naissance à l'hôpital universitaire d'El-Geneina, un des établissements publics encore en activité au Darfour Occidental. Soudan, 2025 ©️ Moises Saman/Magnum Photos
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Crise au Soudan

Le système de santé soudanais est soumis à une pression extrême.

MISE À JOUR

Que demande MSF?

La guerre au Soudan entre dans sa quatrième année. Des millions de personnes ont été déplacées ou ont dû se réfugier dans les pays voisins. À travers le pays, les services de base se sont effondrés et le conflit ne fait qu’aggraver les besoins médicaux et humanitaires. 

L’accès aux soins de santé ne devrait jamais être entravé par les contraintes administratives. Tant les Forces armées soudanaises (FAS) que les Forces de soutien rapide (FSR) doivent permettre et faciliter l’accès sans entrave de Médecins Sans Frontières (MSF) et des ONG locales et internationales afin qu’elles puissent prêter assistance aux personnes privées de soins. 

Les acteurs internationaux influents doivent exercer de toute urgence une pression diplomatique sur ceux qui financent, arment ou soutiennent politiquement les parties belligérantes au Soudan. Ils doivent veiller à ce que toutes les parties respectent leurs obligations en vertu du droit international humanitaire. 

L’assistance humanitaire et médicale a été la cible tant des FSR que des FAS. Chaque attaque ou entrave à l’encontre du personnel de santé, des établissements de santé ou de l’assistance humanitaire met des vies en danger et prive les communautés des soins dont elles ont besoin. 

Depuis le 15 avril 2023, l’Organisation mondiale de la Santé a recensé 217 attaques contre des établissements de santé au Soudan. Lors de ces incidents, 2 052 patients, patientes et membres du personnel de la santé ont été tués et 810 blessés. MSF appelle les FSR et les FAS à respecter leur obligation de veiller à la protection des personnes civiles, des structures médicales et de leur personnel, ainsi qu’à permettre l’acheminement sans entraves de l’assistance humanitaire. 

Les souffrances du Soudan ne constituent pas seulement une crise humanitaire. Elles constituent un échec politique à l’échelle mondiale. Les compressions dans le financement de l’aide humanitaire nuisent aux communautés piégées dans cette guerre. La réponse humanitaire demeure sous-financée, considérée comme non prioritaire et freinée par un manque de volonté politique, tant sur la scène internationale qu’au Soudan même.  

Médecins Sans Frontières exhorte les bailleurs internationaux à accroître leur soutien et leur financement en faveur du Soudan, afin de maintenir un niveau raisonnable d’assistance humanitaire. 

Que se passe-t-il au Soudan? 

Le 15 avril 2023, des combats intenses ont éclaté entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) à Khartoum et dans la majeure partie du pays. Depuis lors, des milliers de personnes ont été blessées ou tuées. 

Alors que la guerre entre dans sa quatrième année, le système de santé soudanais est soumis à une pression extrême alors que les besoins ne cessent d’augmenter. L’économie s’est écroulée et les structures de santé sont débordées. L’accès aux soins de santé primaires devient de plus en plus difficile, sans parler des soins spécialisés de niveau secondaire ou tertiaire.  

Les pénuries critiques de fournitures, d’équipement et de personnel médical compromettent la qualité des soins et limitent la capacité des établissements de santé à répondre aux besoins croissants des communautés.  

Sans un soutien humanitaire accru et plus rapide, un élargissement des activités médicales et la mise en place de soins de santé durables, les maladies évitables et le nombre de décès continueront d’augmenter.  

Les conséquences médicales de la guerre sont catastrophiques, en particulier pour les femmes et les enfants. Chaque jour, les équipes de MSF soignent des personnes atteintes de maladies évitables et de malnutrition sévère, ainsi que des personnes survivantes de violences sexuelles. L’espace humanitaire demeure restreint et la capacité d’intervention limitée. 

La situation humanitaire en quelques chiffres

Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 33,7 millions de personnes au Soudan ont besoin d’une assistance humanitaire

  • Près de 14 millions de personnes ont été déplacées de force, dont 9,9 millions à l’intérieur du pays et 4,5 millions vers les pays voisins, principalement au Tchad, en Égypte et au Soudan du Sud (OCHA).
  • Quelque 8,4 millions de personnes ont besoin d’une assistance nutritionnelle, dont 5 millions d’enfants de moins de cinq ans et 3,4 millions de femmes enceintes et allaitantes (OCHA).
  • Plus de 12 millions de personnes sont exposées au risque de violences sexuelles et basées sur le genre, principalement des femmes et des filles. Cela représente une augmentation de 350 % depuis le début du conflit (UNFPA*).
  • 37 % des structures de santé sont hors service, privant ainsi une grande partie des gens d’accès aux soins de santé essentiels (OMS).
  • Depuis le début du conflit en avril 2023, 217 attaques contre des établissements de santé ont été recensées. Au moins 2 052 patients, patientes et membres du personnel de la santé ont été tués et 810 blessés (OMS).

* UNFPA : Fonds des Nations Unies pour la population 

Depuis la reprise du conflit au Soudan, environ 30 000 personnes ont fui vers le Tchad, selon le HCR. Tchad, 2023. © MSF

Que fait MSF? 

Amna Abderahim, une réfugiée soudanaise qui a fui El-Geneina en 2023, donne du lait thérapeutique à sa fille âgée de 11 mois, qui est traitée pour malnutrition aiguë sévère avec complications au centre de nutrition pour personnes hospitalisées de MSF à Adré. Tchad, 2026. © Alexis Huguet/MSF 

Voici les services que les équipes de MSF offrent au Soudan : chirurgie, soins d’urgence et traitement des plaies, physiothérapie, soins maternels, pédiatriques et nutritionnels, soins de santé primaires, vaccination systématique et réactive, soins de santé sexuelle et reproductive, réponse aux épidémies et surveillance épidémiologique, distribution d’articles de première nécessité et soutien en santé mentale.

Dans les camps pour personnes déplacées, nous construisons également des puits et des latrines, assurons l’approvisionnement en eau par camion-citerne et le traitement de l’eau, et distribuons de la nourriture.

Les activités de MSF en chiffres :

  • 2 hôpitaux gérés par MSF
  • 2 cliniques gérées par MSF
  • 13 hôpitaux soutenus par MSF*
  • 18 centres de soins de santé primaires soutenus par MSF

La plupart des établissements sont des structures du ministère de la Santé où MSF apporte un soutien à certains services, à l’exception de Tawila, Um Rakuba et Daba Naira, qui sont entièrement gérés par MSF. 

Au Soudan 

Au Soudan du Sud

Depuis le début de la guerre au Soudan, plus d’un million de personnes ont fui vers le Soudan du Sud pour y trouver refuge, selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Cet afflux a aggravé la situation humanitaire déjà désastreuse dans le pays. Nos équipes mènent des activités d’urgence à Renk, dans la zone administrative spéciale d’Abyei et à Juba pour fournir aux personnes réfugiées et rapatriées des services de santé, y compris des soins aux personnes blessées de guerre. Après qu’une épidémie de choléra a été déclarée à Renk, les équipes de MSF ont procédé à des vaccinations à Renk, Malakal, Rubkona et Juba, ainsi que dans le camp pour personnes réfugiées de Gorom.

Au Tchad

Selon le HCR, plus de 800 000 personnes réfugiées et rapatriées ont traversé la frontière entre le Soudan et le Tchad. Ces personnes vivent dans des camps surpeuplés et ont du mal à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Faute d’eau, de nourriture, d’abris et de soins de santé adéquats, elles souffrent de diarrhée, de malnutrition et de paludisme.

Les équipes de MSF réagissent à cette crise en travaillant dans trois régions frontalières : Sila, Wadi Fira et Ouaddaï. 

Au Tchad, nous offrons des soins de santé de base, le dépistage et le traitement de la malnutrition et des vaccinations. Nos équipes offrent aussi des soins de santé sexuelle et reproductive par l’intermédiaire des structures de santé locales et des cliniques mobiles. Nos équipes ont aussi construits des puits pour assurer l’approvisionnement en eau des camps et des communautés locales. Dans certains endroits, nous distribuons aux communautés réfugiées des bâches en plastique, des moustiquaires et des savonnettes, produits essentiels pour prévenir la propagation du paludisme et de la diarrhée.   

Dans le camp de Zamzam

En raison de l’escalade des attaques et des combats dans et autour du camp de personnes déplacées de Zamzam, près d’El Fasher, au Nord-Darfour, MSF a été contrainte d’interrompre ses activités*. Nos équipes ne peuvent continuer à fournir une assistance médicale dans des conditions aussi dangereuses. Malgré la famine largement répandue et les immenses besoins humanitaires, nous n’avons eu d’autre choix que de suspendre toutes nos activités dans le camp, y compris à l’hôpital de MSF. 

* Informations exactes à la date du 24 février 2026.

Comment puis-je aider?

Votre don pourra permettre de soutenir les communautés déplacées confrontées aux conflits, aux crises et à des besoins médicaux urgents.

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Explications sur la crise 

À la suite d’un coup d’État militaire survenu en 2021, la majeure partie de l’aide internationale au Soudan a été gelée. Cette situation a entraîné une crise économique et une augmentation de l’insécurité alimentaire. 

Avant même le début du conflit, le système de santé soudanais était extrêmement fragile et l’accès à des services médicaux de base s’avérait difficile pour la plupart des gens. 

Cette situation critique s’explique par une combinaison de facteurs : les violences et conflits récurrents, le contexte économique et le coût des soins de santé, ainsi qu’un manque général de personnel et de ressources médicales. 

Un médecin de MSF s’occupe des enfants dans l’unité d’isolement de la rougeole du camp pour personnes réfugiées d’Um Sangour, dans l’État du Nil Blanc. Soudan, 2023. © Ahmad Mahmoud/MSF

Que fait MSF?

Au Soudan 

En octobre 2025, les équipes de MSF travaillaient dans 8 des 18 États du Soudan : Khartoum, El-Gedaref, Nil Blanc, Darfour Occidental, Nord-Darfour, Darfour Central, Sud-Darfour et Nil Bleu.

De plus, la diminution marquée de l’assistance internationale a provoqué une réduction de la couverture vaccinale et une augmentation de la malnutrition chez les enfants. 

Avant le conflit, environ 78 000 enfants de moins de cinq ans mouraient chaque année de causes évitables, comme le paludisme. Depuis le 15 avril 2023, des traitements essentiels ont été interrompus pour quelque 50 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë.

L’accès aux soins pendant la grossesse et l’accouchement est également touché. Le Soudan comptait déjà un taux de mortalité maternelle élevé; environ 25 % des naissances se déroulaient sans l’assistance d’une ou d’un professionnel de la santé qualifié. Au début du conflit, on estimait à 219 000 le nombre de femmes enceintes, à Khartoum seulement, dont 24 000 sont sur le point d’accoucher.

Le système de santé soudanais était déjà au bord de l’effondrement depuis des décennies. Avec la détérioration rapide de la situation humanitaire et sécuritaire, le manque de fournitures et la pression exercée sur le personnel, il est maintenant au point de rupture.

MSF au Soudan

Le personnel de MSF mène une campagne de vaccination pour protéger les enfants contre la rougeole dans les camps temporaires installés à la frontière pour les soudanaises et les soudanais réfugiés au Tchad. Soudan, 2023. © MSF

MSF travaille au Soudan depuis 1979. Nous avons offert une assistance médicale tout au long de la guerre civile qui a conduit à la séparation avec le Soudan du Sud, en 2011, et pendant le conflit qui a duré une décennie dans la région du Darfour. 

Avant l’escalade de violence qui a commencé le 15 avril 2023, les activités de MSF comprenaient 11 projets médicaux répartis dans 12 États. Nous gérions 24 structures de santé, tant des cliniques mobiles que des hôpitaux. 

En 2024, les équipes de MSF au Soudan ont effectué 889 705 consultations externes, pris en charge 73 092 personnes à l’hôpital, traité 59 887 cas de malnutrition et assisté 24 318 accouchements. 

MSF et les conflits 

Environ le quart de nos projets sont consacrés à l’assistance aux personnes vivant dans des zones de guerre et de conflit armé. Nos équipes sont notamment présentes en République démocratique du Congo, au Nigéria, au Soudan, en Palestine, en Ukraine et au Yémen, au Soudan du Sud, au Nigéria, en Irak et en Syrie.   

Les conflits armés ravagent des vies et déciment des communautés. Les communautés piégées par la guerre sont contraintes de fuir ou de vivre assiégées et sous les attaques constantes. L’accès aux services de base, comme la nourriture et les soins médicaux, demeure régulièrement perturbé. 

Une assistance médicale et humanitaire reste essentielle, mais les services de santé se font rares. Les équipes de MSF offrent des soins médicaux uniquement en fonction des besoins et déploient tous les efforts pour atteindre les personnes qui en ont le plus besoin.