Palestine : MSF réaffirme sa décision de contester l’interdiction faite par Israël à 37 ONG d’exercer leurs activités
MSF et d’autres organisations non gouvernementales alertent sur le fait que ces restrictions mettent en danger la vie des Palestiniens et des Palestiniennes.
À la suite d’une première audience devant la Cour suprême israélienne le 23 mars, Médecins Sans Frontières (MSF) et 18 autres grandes organisations humanitaires réaffirment leur décision de poursuivre la requête qu’elles ont déposée en février 2026 devant la Haute Cour. Cette requête conteste l’interdiction imposée par Israël à 37 organisations humanitaires de mener des activités en Palestine.
Nous avons pris la décision sans précédent de saisir la Cour suprême avec une coalition d’organisations humanitaires, après que les autorités israéliennes nous ont ordonné de cesser nos activités en Palestine d’ici la fin février en vertu de nouvelles règles d’enregistrement. Cette interdiction menace de priver les gens de Palestine d’une assistance humanitaire essentielle.
Nous avons exprimé à plusieurs reprises nos vives inquiétudes concernant les demandes d’Israël visant à obtenir des informations personnelles dans le cadre du nouveau processus d’enregistrement. En Palestine, des membres du personnel médical et humanitaire ont fait l’objet d’intimidation, d’arrestations arbitraires, d’attaques et d’exécutions de la part d’Israël. Par conséquent, sans les garanties nécessaires pour assurer la sécurité de nos équipes, MSF ne communiquera pas la liste de son personnel palestinien aux autorités israéliennes.
Depuis octobre 2023, à la suite du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, Israël a tué plus de 1 700 membres du personnel de la santé lors d’attaques contre Gaza, dont 15 de nos collègues. Les nouvelles exigences d’enregistrement imposées par les autorités israéliennes sont un prétexte pour entraver l’assistance humanitaire et violent les principes humanitaires. Elles enfreignent également notre devoir de diligence envers notre personnel, ainsi que les normes internationales sur la protection des données.
MSF appelle les gouvernements de la communauté internationale à employer tous leurs moyens diplomatiques, politiques et juridiques pour contraindre le gouvernement israélien à suspendre ces restrictions sur l’assistance essentielle et à mettre fin aux souffrances des gens de Gaza et de Cisjordanie.
Israël place les organisations humanitaires dans une situation impossible, dans le but d’entraver l’assistance humanitaire en interdisant l’accès à des organisations indépendantes, expérimentées et respectueuses de leurs principes. En agissant de la sorte, les communautés palestiniennes se voient privées de soins essentiels et font face à des conséquences désastreuses.
Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est une augmentation massive et sans entrave de l’assistance humanitaire. Les autorités israéliennes, en tant que puissance occupante, ont l’obligation de la garantir. Depuis le 1er janvier, Israël empêche totalement MSF de faire entrer du matériel ou du personnel recruté à l’international à Gaza. Le 26 février, tout le personnel recruté à l’international a dû quitter Gaza et la Cisjordanie.
Les programmes médicaux de MSF sont déjà confrontés à des pénuries à Gaza. En Cisjordanie, nous avons dû réduire considérablement certaines activités en raison d’obstacles administratifs et sécuritaires, tandis que les communautés palestiniennes font face à une intensification de la violence et à des restrictions de circulation. À plus long terme, il est possible que nous ne puissions pas maintenir nos activités dans des conditions aussi restrictives.
Pendant que la Cour suprême délibère, MSF appelle les gouvernements de la communauté internationale à employer tous leurs moyens diplomatiques, politiques et juridiques pour contraindre le gouvernement israélien à suspendre ces restrictions sur l’assistance essentielle et à mettre fin aux souffrances des gens de Gaza et de Cisjordanie. Nous avons la volonté de rester en Palestine et de prêter assistance aussi longtemps que possible, comme nous le faisons depuis près de quatre décennies.