Une unité mobile de MSF fournit du soutien à des familles déplacées dans un refuge à Beyrouth. Liban, 2026. © Maryam Srour/MSF
PARTAGEZ

Liban : urgent besoin d’intensifier l’assistance humanitaire après près de deux mois de dévastation

À la suite de l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire, la population libanaise a accueilli la nouvelle avec un fragile sentiment de soulagement teinté d’incertitude et de prudence. Les besoins humanitaires et médicaux de centaines de milliers de personnes au Liban restent accablants. Dans le sud de Beyrouth, les gens font des allers-retours entre leur refuge et leur maison, ramassent ce qu’ils peuvent et se préparent à retourner dans les sites pour personnes déplacées si la situation s’aggrave. Nombreuses sont celles qui ont perdu leur maison, leurs moyens de subsistance et des proches, notamment dans le sud de Beyrouth, la Bekaa et le sud du Liban, et plus d’un million de personnes ont été déplacées de force en raison des attaques constantes de la part d’Israël.

Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) à travers le Liban adaptent leur réponse et évaluent les besoins alors que les gens continuent de se déplacer dans le pays. Nous nous réitérons notre appel à intensifier urgemment l’assistance humanitaire et à en assurer l’accès sans entrave aux personnes en détresse à travers le pays.

Les gens qui se déplacent sont coincés dans des bouchons de circulation. L’incertitude demeure grande. Ils sont nombreux à ne pas savoir s’ils retrouveront leur maison intacte ou détruite. Bien qu’une pause dans les attaques puisse apporter un certain soulagement, les besoins humanitaires de la population restent critiques et immenses. Cela inclut l’impact psychologique de mois de traumatismes causés par les pertes de vies, les déplacements et le manque d’accès aux produits de première nécessité.

Des voitures font la file à l’approche de Saïda, au retour vers le sud du Liban. Liban, 2026. © MSF

Même avant l’escalade de début mars, le soi-disant cessez-le-feu n’existait que de nom, car les attaques incessantes des forces israéliennes ont continué de dévaster la vie de la population. Plus de 64 000 personnes étaient toujours déplacées à l’intérieur du pays en raison des incursions et de l’occupation israéliennes dans le sud du Liban, tandis que les attaques contre le matériel de reconstruction et d’autres installations civiles ont empêché de nombreuses régions de se relever.

Entre le 2 mars et le 10 avril, plus de 2 000 personnes ont été tuées et plus de 7 000 blessées, selon les autorités sanitaires locales. Rien que le 8 avril, les frappes à grande échelle des forces israéliennes à travers le Liban ont fait le cinquième de toutes les victimes enregistrées depuis début mars. Les équipes MSF travaillent à l’hôpital universitaire Rafik Hariri, à Beyrouth, et à l’hôpital Jabal Amel, à Sour, afin d’aider le système de santé local à répondre aux besoins critiques. En collaboration avec le personnel de l’hôpital, nos équipes ont traité des personnes atteintes de blessures très graves, y compris des membres sectionnés et des traumatismes importants aux organes. Les frappes aveugles des forces israéliennes dans des zones densément peuplées n’ont pas épargné la population civile, et les attaques contre les soins de santé ont tué et blessé du personnel médical.

Dans le même temps, plus d’un million de personnes ont été déplacées de force. Beaucoup d’entre elles ont dû fuir sans avertissement, souvent avec seulement les vêtements sur leur dos, laissant derrière elles leur maison et leurs biens. Des mois passés dans des abris surpeuplés ou des tentes de fortune dans les rues ont aggravé la santé de cette population en raison de mauvaises conditions d’hygiène, d’abris inadéquats et d’une détresse psychologique prolongée.

Les conséquences des déplacements en temps de guerre ne s’arrêtent pas lorsque les gens essaient de rentrer chez eux. Certains ne pourront pas revenir, car leurs maisons ont été détruites, tandis que d’autres ne pourront même pas atteindre leurs villages à la frontière sud à cause de l’occupation des forces israéliennes. Les difficultés économiques, les pertes d’emploi, les traumatismes associés à la fuite précipitée, l’incertitude quant à l’avenir et l’absence de sécurité sont tous des facteurs qui pèsent lourd sur la santé mentale de la population. De nombreuses personnes continuent de souffrir de stress, d’anxiété, de dépression et de symptômes graves de stress traumatique.

MSF s’inquiète de l’escalade du conflit au Moyen-Orient | Apprenez-en plus