MSF vérifie l'état de santé des personnes réfugiées devant l'hôpital Al Shifa. Gaza, 2023. © MSF
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Gaza : MSF appelle à un cessez-le-feu immédiat pour mettre fin à l’effusion de sang

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à un cessez-le-feu immédiat afin d’éviter de nouveaux décès à Gaza et de permettre l’entrée des approvisionnements humanitaires qui font cruellement défaut. Depuis le 27 octobre, les bombardements des forces israéliennes se sont intensifiés à un degré qui n’avait jamais été atteint jusqu’à maintenant. Le nord de Gaza est rasé, toute la bande est touchée et les personnes civiles n’ont aucun endroit où s’abriter. 

Les actions des dirigeants internationaux sont trop faibles et trop lentes. Une résolution non contraignante des Nations Unies en faveur d’un trêve humanitaire n’a pas permis d’endiguer la violence aveugle qui se déchaîne sur des gens sans défense. La communauté internationale doit prendre des mesures plus énergiques pour inciter Israël à mettre fin à l’effusion de sang. Des personnes sont tuées et déplacées de force, l’eau et le carburant commencent à manquer. Ces atrocités sont d’une ampleur sans précédent à Gaza. 

Les hôpitaux sont à court de fournitures médicales. En début de semaine, le Dr Mohammed Obeid, chirurgien de MSF à Gaza, décrivait ainsi la situation : « Les hôpitaux sont submergés de patients et de patientes, les amputations et les interventions chirurgicales sont effectuées sans anesthésie appropriée et les morgues débordent. »

Les communications coupées, il était impossible de rejoindre les membres du personnel

Le 27 octobre, les communications ont été complètement coupées, ce qui a limité davantage la capacité à coordonner et à fournir une assistance humanitaire et médicale. Les personnes prises sous les décombres, les femmes enceintes sur le point d’accoucher et les personnes âgées n’étaient plus en mesure de demander de l’aide, alors qu’elles en ont cruellement besoin. En raison de la coupure d’électricité, MSF a perdu le contact avec la plupart des membres de son personnel palestinien. 

Dans toute la bande de Gaza, le nombre de personnes blessées ayant besoin d’une assistance médicale urgente dépasse de loin la capacité du système de santé, qui dispose actuellement d’environ 3 500 lits. Un nombre aussi élevé de victimes en un laps de temps aussi court est sans précédent, même si on le compare aux offensives israéliennes de grande envergure qui ont eu lieu dans le passé. 

Des hôpitaux comme Al-Shifa, à Gaza, où les collègues palestiniens de MSF continuent de travailler, sont submergés. Les ordres militaires israéliens qui exigent d’évacuer l’hôpital sont impossibles à respecter et dangereux. L’hôpital est actuellement plein à craquer de personnes en quête de soins et de dizaines de milliers d’autres à la recherche d’un abri sûr. En vertu du droit humanitaire international, les patients, les patientes, le personnel de la santé et les installations médicales doivent en tout temps être protégés.

« Des personnes sans défense sont soumises à d’horribles bombardements. Les familles n’ont nulle part où s’enfuir ou se cacher, car l’enfer se déchaîne sur elles. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu maintenant. »

Dr Christos Christou, président international de MSF

« Nous avons besoin d’un cessez-le-feu maintenant. L’approvisionnement en eau, en nourriture, en carburant, en fournitures médicales et l’assistance humanitaire doivent de toute urgence être rétablis à Gaza, » déclare Dr Christou.

Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont confrontés à un siège inhumain. Il s’agit là d’une punition collective interdite par le droit humanitaire international. 

Les autorités israéliennes continuent d’empêcher l’entrée de carburant à Gaza, alors que celui-ci est essentiel pour alimenter les hôpitaux ainsi que les usines de désalinisation qui produisent de l’eau potable. Selon les autorités sanitaires locales, le vendredi soir 27 octobre, le bilan s’élevait déjà à plus de 7 300 morts et à environ 19 000 personnes blessées. Ce bilan pourrait encore s’alourdir après la nuit de bombardements la plus intense depuis le début du conflit. De nombreux décès attribuables au siège s’ajouteront à ceux causés par les frappes, car les médecins devront bientôt décider qui soigner ou non, et les gens n’auront plus de nourriture, d’eau et de médicaments.

Nous sommes prêts à augmenter notre capacité d’assistance

Avant le 7 octobre, entre 300 et 500 camions d’approvisionnement entraient chaque jour à Gaza, où la plupart des gens dépendaient de l’assistance humanitaire. Aujourd’hui, bien que le poste-frontière de Rafah soit ouvert, seuls 84 camions sont entrés depuis le 20 octobre. Il s’agit d’une réponse largement insuffisante face aux besoins constants et croissants de la population de Gaza.

Les personnes qui veulent se mettre à l’abri en traversant la frontière devraient être autorisées à le faire sans préjudice de leur droit de retourner à Gaza. Le personnel de MSF embauché localement qui travaillait à Gaza avant le conflit se trouve maintenant dans le sud et n’est plus en mesure de coordonner les activités humanitaires. Ces personnes doivent également être autorisées à partir en Égypte. 

Parmi les 300 membres du personnel palestinien de MSF, certains se sont installés dans le sud de la bande de Gaza pour mettre leur famille à l’abri des bombardements. De nombreux autres collègues palestiniens continuent de travailler et de prodiguer des soins essentiels dans les hôpitaux et dans toute la bande de Gaza, alors que les protections les plus élémentaires pour les infrastructures et le personnel médical ne sont pas garanties.

« Nous sommes prêts à augmenter notre capacité d’assistance à Gaza. Nous avons des équipes en attente, prêtes à envoyer des fournitures médicales et à entrer à Gaza pour soutenir la réponse médicale d’urgence, dès que la situation le permettra », déclare le Dr Christou. « Mais tant que les bombardements se poursuivront avec l’intensité actuelle, tout effort visant à accroître l’assistance médicale sera inévitablement insuffisant. »

À propos de MSF en Palestine 

Ces informations concernant notre intervention étaient exactes au 9 novembre 2023. 

Les activités de Médecins Sans Frontières (MSF) à Gaza sont actuellement très limitées. Nous éprouvons d’énormes difficultés à acheminer l’assistance et à fournir des soins de santé, en raison notamment de l’insécurité et de l’imprévisibilité des bombardements. Alors qu’une partie de nos collègues se sont dirigés vers le sud à la suite de l’ordre d’évacuation inacceptable du nord de Gaza, d’autres y sont restés et continuent de soutenir les activités d’urgence à l’hôpital Al-Shifa ainsi qu’à l’hôpital Al-Nasser, dans le sud. À l’hôpital Al-Awda, une équipe de sept personnes travaille également dans le service pour patients et patientes hospitalisées de MSF. 

Nous soutenons les autorités sanitaires locales par des dons provenant de notre réserve de fournitures médicales. En raison de l’afflux massif et ininterrompu de personnes blessées depuis le début du conflit qui sévit actuellement, l’hôpital Al-Shifa, la principale structure chirurgicale de la bande de Gaza, était au bord d’une pénurie totale de médicaments essentiels. En réponse à cette situation, nous sommes parvenus à y faire un don important de fournitures, dont des médicaments et de l’équipement médical. 

Notre personnel travaille d’arrache-pied à la préparation des fournitures médicales et humanitaires qui seront envoyées à Gaza dès que l’accès sera garanti et ouvert. Nous enverrons également des équipes d’urgence là et quand se sera possible. 

MSF s’engage à soutenir les personnes affectées par les bombardements israéliens et les attaques aveugles sur Gaza. Nous sommes solidaires du personnel de la santé, des patients et des patientes de Gaza. Nous souhaitons accéder aux personnes ayant besoin de soins médicaux et offrir des services humanitaires essentiels, mais pour ce faire, nous avons besoin de garanties de sécurité élémentaires. 

La Cisjordanie  

Les activités médicales et humanitaires de MSF en Cisjordanie ont été affectées par l’escalade de la violence et le renforcement des restrictions de circulation qui ont limité l’accès aux services essentiels, y compris aux soins de santé. Pour s’adapter à la situation, les équipes médicales de Médecins Sans Frontières (MSF) proposent aux personnes déplacées comme aux résidents et résidentes des consultations téléphoniques. Elles orientent aussi les gens vers des traitements médicaux, des soins de santé mentale et des services sociaux. Les équipes de santé mentale de MSF fournissent également des services d’assistance psychologique, de conseil et de psychothérapie, la plupart du temps à distance. Dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, les équipes de MSF continuent de fournir des soins de santé mentale.  

MSF a fait don de fournitures médicales, dont des trousses chirurgicales, à l’hôpital Ahli d’Hébron, et de trousses de premiers secours aux responsables communautaires de Beit Ummar, Al-Rashaydeh, et au centre de soins d’urgence d’Um Al-Khair. MSF a également apporté son soutien, notamment sous forme de formations, au personnel de l’hôpital Al Mohtaseb, situé dans la vieille ville d’Hébron. MSF continue d’évaluer la situation dans les hôpitaux de Cisjordanie.