Un membre de l’équipe de MSF responsable de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement aide une jeune fille à porter ses bidons remplis d’eau. Palestine, 2025. © MSF
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Génocide à Gaza

Une crise humanitaire sans précédent sévit à Gaza.

La guerre dévastatrice à Gaza a transformé une crise humanitaire chronique en catastrophe. Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) sont claires : nous assistons à un génocide commis par Israël.

Les équipes de MSF sont témoins directs de la campagne de nettoyage ethnique des Palestiniens et des Palestiniennes menée par l’armée israélienne à Gaza.

Notre personnel s’efforce de soigner les gens blessés et d’approvisionner les hôpitaux débordés, alors que l’offensive militaire, l’état de siège et le blocage de l’assistance menacent des millions de personnes.

Nous sommes horrifiés par les événements qui ont éclaté le 7 octobre 2023, à la fois le massacre brutal de personnes civiles perpétré par le Hamas en Israël et l’assaut incessant des forces israéliennes contre les communautés palestiniennes de Gaza.

MSF appelle de nouveau à la reprise immédiate d’un cessez-le-feu durable. Nous demandons que l’assistance humanitaire et les biens essentiels, notamment la nourriture, l’eau, le carburant et les fournitures médicales, soient autorisés à entrer sans entrave et à la hauteur des besoins dans Gaza.

Nous appelons instamment les autorités israéliennes, ainsi que les gouvernements qui soutiennent et permettent ces atrocités, à mettre fin au siège dès maintenant et à prendre des mesures pour empêcher l’anéantissement du peuple palestinien de Gaza.

Le Canada doit défendre les principes d’humanité.

Joignez-vous à nous pour demander au gouvernement canadien de défendre les personnes civiles et les structures de santé dans les zones de guerre.

SIGNEZ NOTRE PÉTITION

Quel est l’état de la situation à Gaza?

En date du mois de juillet 2025, plus de 55 000 personnes ont été tuées à Gaza, dont 12 membres du personnel de MSF.

Voici ce dont nos équipes sont témoins :

  • Ciblage délibéré des médecins et des hôpitaux.
  • Utilisation de la famine comme arme de guerre par un blocus privant les gens de nourriture, d’eau, de carburant et de fournitures médicales.
  • Militarisation de l’assistance humanitaire.
  • Massacre de personnes affamées attendant de recevoir de l’assistance.

En bref, nous assistons à un génocide.

Par des actions délibérées – notamment des déplacements forcés, des annexions et des massacres – Israël détruit systématiquement les conditions nécessaires à la vie à Gaza.

Une grande partie des infrastructures civiles a été intentionnellement détruite. Les hôpitaux sont complètement débordés et risquent de manquer de fournitures essentielles. Certaines structures médicales ont été touchées par des bombardements indiscriminés, tandis que d’autres ont été assiégées.

Nous assistons à une campagne de nettoyage ethnique. Le tissu social et la vie palestinienne sont en train d’être anéantis à Gaza.

Cette campagne ne se contente pas de déplacer les Palestiniennes et les Palestiniens à grande échelle. Elle vise également à leur nier, ainsi qu’aux générations futures, leur droit à un retour sûr, digne et volontaire, effaçant ainsi des communautés entières de la carte.

Que fait MSF? 

Nos équipes offrent, entre autres services, un soutien chirurgical, le traitement des blessures, de la physiothérapie, des soins primaires, traumatologiques, maternels, pédiatriques et de santé sexuelle et reproductive. Elles mènent des campagnes de vaccination et offrent des services en santé mentale. Notre personnel assure également la distribution d’eau.

Notre réponse est toutefois limitée par d’importantes contraintes. Les immenses défis liés à l’état de siège, au blocage de l’approvisionnement et aux ordres d’évacuation de plusieurs hôpitaux, confinent nos activités à un espace de plus en plus restreint.

Services médicaux 

Entre octobre 2023 et mai 2025, MSF s’est efforcée, dans la mesure du possible, de fournir des soins de santé essentiels aux gens qui vivent à Gaza. Voici un aperçu des soins que nos équipes ont offert.

Autres activités humanitaires

Eau et assainissement 

Entre janvier et fin avril 2025, MSF a distribué plus de 60 millions de litres d’eau et produit plus de 7,8 millions de litres d’eau potable par dessalement.

En partenariat avec l’organisation locale Agriculture Development Association, connue sous le nom de PARC, nous avons mené des actions liées à l’eau et à l’assainissement dans les camps à Deir El Balah et Khan Younès :

  • Construction de latrines
  • Don de trousses d’hygiène
  • Distribution d’unités de traitement de l’eau
  • Soutien à un camp accueillant 70 familles dont un ou des membres vivent avec un handicap (400 personnes au total), en mettant à leur disposition des latrines et des douches accessibles

Que demande MSF?

  • Un cessez-le-feu immédiat et durable pour prévenir de nouvelles pertes en vies humaines et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.
  • La protection en tout temps des personnes civiles, du personnel et des installations de santé.
  • La levée du siège de Gaza.
  • La collaboration des autorités israéliennes pour l’évacuation médicale de toutes les personnes qui ont besoin d’un traitement qui n’est pas disponible à Gaza. Ces dernières doivent être autorisées à voyager avec une personne soignante et leur droit à un retour sûr, digne et volontaire doit être garanti.

Que constate MSF à Gaza?

MSF est témoin de signes manifestes de nettoyage ethnique, alors que le tissu social et la vie même des Palestiniens et des Palestiniennes sont en voie d’être anéantis à Gaza.

Nos observations directes de la catastrophe médicale et humanitaire qui frappe la bande de Gaza concordent avec les descriptions fournies par un nombre croissant d’experts juridiques et d’organisations qui concluent qu’un génocide est en cours à Gaza. Ce que MSF constate correspond aux schémas et signes habituels du génocide, dont le blocage total de l’assistance, les déplacements forcés, les massacres, les graves atteintes à la santé physique et mentale, et les conditions de vie impossibles pour les personnes assiégées et bombardées.

Les besoins médicaux et humanitaires à Gaza sont immenses et continuent d’augmenter de façon exponentielle alors que les autorités israéliennes maintiennent leur siège inhumain sur Gaza.

Les équipes de MSF doivent restreindre les critères d’admission aux cas les plus urgents, car les approvisionnements s’épuisent et le nombre de personnes ayant besoin de soins augmente. Des millions de gens ont été déplacés et n’ont pas les moyens de répondre à leurs besoins fondamentaux. Les personnes atteintes de maladies chroniques et sévères n’ont pas accès aux soins, ce qui entraîne de graves complications, et des décès qui auraient pu être évités.

À l’hôpital Nasser, à Khan Younès, les équipes de MSF constatent une augmentation du nombre de personnes brûlées. Elles accusent aussi un retard dans les interventions chirurgicales essentielles. Dans la clinique de la ville de Gaza, les équipes de MSF sont débordées, car elles apportent des soins à près de 400 personnes par jour. Les approvisionnements s’épuisent et nos équipes ne parviennent pas à répondre aux besoins. Les consultations en santé mentale sont également en forte augmentation, et les équipes de MSF voient de plus en plus de personnes souffrant d’anxiété et de dépression sévères.

Les forces israéliennes ont détruit le système de santé.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, aucun hôpital n’est actuellement pleinement opérationnel à Gaza, et seuls 21 des 36 hôpitaux fonctionnent partiellement. Les quelques installations restantes ne peuvent pas répondre aux immenses besoins médicaux, en particulier en termes de soins aux grands brûlés et de chirurgie reconstructive.

Le manque d’accès aux biens de première nécessité contribue à augmenter les besoins médicaux.

Les conditions de vie déplorables entraînent l’éclosion d’épidémies et la propagation de maladies infectieuses, d’affections cutanées et d’autres problèmes de santé. De janvier à février 2025, les équipes de MSF ont effectué plus de 82 000 consultations médicales générales. Près d’un cinquième de ces consultations étaient lié au manque d’eau et d’hygiène, notamment des infections du cuir chevelu et des affections cutanées telles que la gale.

Les offensives en cours dans bien des localités de Gaza et les ordres d’évacuation répétés réduisent davantage l’accès aux soins de santé.

Au-delà des nombreuses morts causées par les bombardements et les combats, on constate de multiples « meurtres silencieux ». Ils touchent les personnes qui ont succombé à des conditions tout à fait évitables ou dont les soins de santé ont été interrompus à cause du conflit. Il s’agit notamment de patientes et de patients sous dialyse ou atteints de maladies non transmissibles qui n’ont pas pu recevoir de soins, ou de femmes enceintes avec des complications qui n’ont pas pu accéder à un traitement.

Depuis le début de la guerre, le personnel de MSF, les patients et les patientes ont dû évacuer 20 structures de santé différentes. Ils ont subi 50 incidents violents.

Parmi ceux-ci, soulignons des frappes aériennes endommageant des hôpitaux, des tirs de chars sur des abris convenus, des offensives terrestres dans des centres médicaux et des tirs sur des convois. Ces incidents démontrent un mépris flagrant envers l’action humanitaire médicale et l’échec des mesures de résolution des conflits.

Plusieurs membres du personnel médical et humanitaire ont été attaqués, voire tués depuis le début de la guerre à Gaza.

Selon les Nations Unies, plus de 1 400 membres du personnel de la santé ont été tués, ainsi qu’au moins 418 travailleuses et travailleurs humanitaires, dont la grande majorité recrutée localement. Depuis le 7 octobre 2023, 12 collègues de MSF ont perdu la vie. Nous condamnons ces meurtres avec la plus grande fermeté.

Le blocus israélien sur Gaza a privé les hôpitaux de fournitures essentielles.

Tout au long de la guerre, MSF a vu des patients et des patientes mourir dans les couloirs des hôpitaux. Ces gens sont morts parce que les établissements n’étaient pas en mesure de faire face au nombre écrasant de gens ayant besoin de soins, ou ne disposaient pas des fournitures nécessaires pour prodiguer des soins. Les autorités israéliennes ont, à de multiples reprises, refusé ou retardé l’entrée d’articles comme les concentrateurs d’oxygène, indispensables pour l’anesthésie. Il en va de même pour le matériel chirurgical et les générateurs, sans lesquels il est pratiquement impossible de fournir des soins chirurgicaux, ce qui se traduit par davantage de décès.

En Cisjordanie, les incursions violentes, imprévisibles et récurrentes des forces israéliennes ont un impact énorme sur la fourniture de soins de santé.

Les ambulances sont bloquées et fouillées. Les infrastructures essentielles sont détruites, notamment l’approvisionnement en eau et en électricité, ce qui se répercute sur le fonctionnement des hôpitaux. Les organisations et les structures médicales ne sont plus en mesure d’opérer dans cet environnement peu sûr.

Comment MSF intervient-elle en Cisjordanie? 

Les activités de MSF en Cisjordanie ont été affectées par l’escalade de la violence et par les restrictions de mouvements qui ont limité l’accès aux services essentiels, comme les soins de santé. L’impact sur la santé mentale des patients et patientes est particulièrement préoccupant.

Nous avons réagi en élargissant notre rayon d’action pour rejoindre directement les communautés, en aidant les services d’urgence locaux et en soutenant les centres de soins de santé et les cliniques.

Voici un aperçu des endroits où MSF a mené des activités.

  • Hébron : gestion de 15 cliniques mobiles, appui à cinq centres de soins de santé primaires, soutien en santé mentale, et distribution d’articles de première nécessité, de trousses d’hygiène et de colis alimentaires.
  • Naplouse : soutien psychologique, appui aux personnes ayant survécu à des violences sexuelles et basées sur le genre, formation à la gestion des traumatismes pour des médecins, du personnel infirmier, des psychologues et des secouristes bénévoles.
  • Jénine et Tulkarem : formation et dons à des auxiliaires de santé bénévoles, distribution d’eau, de couches et de médicaments de base aux gens privés de services, animation de séances de soutien en santé mentale, et soutien des travailleuses et travailleurs gazaouis bloqués en Cisjordanie depuis octobre 2023.

MSF face au conflit

Environ un quart de notre assistance médicale humanitaire est destinée à des personnes prises dans des conflits armés.

Les conflits armés détruisent des vies et des communautés. Pris pour cibles, harcelés, confrontés à d’innombrables défis et à un manque de ressources, les gens sont contraints de fuir ou de vivre en état de siège.

L’accès aux biens et services essentiels, comme la nourriture et les soins, est fréquemment perturbé, voire impossible. Dans ce contexte, l’assistance humanitaire devient souvent indispensable.

Les équipes de MSF travaillent d’arrache-pied pour atteindre ceux et celles qui en ont le plus besoin.

Des réponses à vos questions sur notre travail à Gaza

Questions fréquemment posées sur notre travail à Gaza et notre engagement envers l’impartialité et à la neutralité. 

Pourquoi MSF s’exprime-t-elle sur le conflit à Gaza? 

Le témoignage est l’un des piliers de notre identité. Notre objectif est d’attirer l’attention sur les problèmes qui sont à l’origine des besoins et des urgences qui touchent les gens dans les endroits où nous fournissons une assistance médicale et humanitaire.  

Nous avons d’ailleurs une longue tradition de prise de parole et de plaidoyer. C’est le cas notamment lorsque des gouvernements ou d’autres acteurs mettent en œuvre des politiques qui menacent la santé et la sécurité des communautés ou de notre personnel, comme ce fut le cas dans les conflits en Syrie, au Yémen et en Afghanistan, par exemple.  

Le droit international humanitaire (DIH) et les règles de la guerre exigent des militaires qu’ils fassent la distinction entre les personnes civiles et les combattants. Le DIH exige aussi que les militaires interdisent les attaques qui causent des dommages disproportionnés aux personnes civiles et aux biens de caractère civil. La manière dont Israël mène cette guerre provoque des morts et des souffrances massives parmi la communauté civile palestinienne et à ce titre, le conflit ne respecte pas ces normes et ces lois.  

Les installations médicales et leurs environs ont été attaqués à plusieurs reprises ou ont fait l’objet d’ordres d’évacuation par les forces israéliennes. Cela a rendu l’accès aux soins de santé extrêmement dangereux pour les gens et a mis en danger la vie du personnel médical. C’est pourquoi nous avons le devoir de nous exprimer et d’exiger un cessez-le-feu immédiat. 

Pourquoi vos propos sont-ils si critiques à l’égard d’Israël? Pourquoi ne parlez-vous pas du Hamas? 

En tant qu’organisation humanitaire, nous pleurons toutes les vies civiles perdues, et la grande majorité des victimes de ce conflit sont des personnes civiles, dont de nombreuses personnes âgées, des femmes et des enfants. Cette violence contre les gens n’est jamais justifiée et toutes les personnes civiles méritent d’être protégées. 

Les propos de MSF s’appuient sur ce que les patients, les patientes et notre personnel nous disent voir sur le terrain à Gaza, où la campagne militaire et le siège israéliens ont eu des conséquences dévastatrices. Le système de santé s’est effondré et les hôpitaux sont à court de médicaments, de fournitures médicales et de carburant pour les générateurs. Les gens ont un accès limité à la nourriture, à l’eau, aux abris et à l’électricité. Et le nombre de morts ne cesse d’augmenter.

Pourquoi MSF appelle-t-elle à un cessez-le-feu? N’êtes-vous pas une organisation non partisane? 

Nous appelons à un cessez-le-feu durable parce que les attaques généralisées et indiscriminées contre les personnes civiles – et notamment les attaques contre les soins de santé – ont rendu impossible l’acheminement de l’aide humanitaire nécessaire à Gaza. 

MSF offre une assistance médicale humanitaire aux personnes en fonction de leurs besoins, sans distinction de race, de religion, de sexe ou d’appartenance politique. En tant qu’organisation médicale, nous nous efforçons de combler les lacunes les plus importantes en matière de soins de santé. 

Nous n’avons pas d’autre objectif que d’aller là où les besoins sont les plus grands, et de soigner les gens. C’est précisément ce que nous nous efforçons de faire actuellement à Gaza, de surcroît dans un contexte où il manque de médicaments, de matériel médical et de carburant pour les générateurs.

Comment MSF répond-elle aux critiques selon lesquelles elle serait anti-israélienne ou antisémite? 

MSF prend très au sérieux toute allégation d’antisémitisme. À tout moment, MSF emploie environ 68 000 personnes dans ses projets et ses bureaux. Toute forme de sectarisme ou de discrimination de la part du personnel de MSF est inacceptable. 

Nous ne pensons pas que la critique à l’endroit des politiques du gouvernement israélien relève ou soit équivalente à de l’antisémitisme. 

MSF s’exprime lorsque des gouvernements ou des acteurs mettent en œuvre des politiques qui nuisent à la santé et à la sécurité des gens ou de notre personnel. La manière dont Israël mène cette guerre provoque des morts et des souffrances massives parmi la communauté civile palestinienne. Elle met aussi notre personnel en danger. Cela ne respecte pas les normes et les lois de la guerre. 

Aucun État n’est à l’abri des critiques. 

En tant qu’organisation humanitaire, nous pleurons toutes les vies civiles perdues, et la grande majorité des victimes de ce conflit sont des personnes civiles, dont de nombreuses personnes âgées, des femmes et des enfants. Cette violence contre les gens n’est jamais justifiée et toutes les personnes civiles méritent d’être protégées. 

Quelles sont les relations de MSF avec le Hamas à Gaza? 

MSF travaille avec le ministère de la Santé à Gaza. C’est par son intermédiaire que nous coordonnons notre travail. Lorsqu’il s’agit d’assurer la sécurité de nos équipes à Gaza, nous restons en contact avec le ministère de l’Intérieur de Gaza, tout comme nous restons en contact avec les autorités israéliennes. MSF travaille dans plus de 70 pays à travers le monde. Partout où il y a des conflits armés, nous restons en contact avec tous les différents acteurs pour assurer la sécurité de nos équipes et de nos activités.